4 La lignée du Messie

 

La lignée du Messie
 
Yéhouda se maria et eut trois enfants. L’aîné épousa Tamar mais il quitta ce monde sans enfant. Onan, fils cadet de Yéhouda, refusa alors de donner une progéniture à son frère comme l’aurait voulu la loi du lévirat (yiboum). Yéhouda souhaitait voir appliquer cette loi qui sera donnée ultérieurement, au Sinaï, car les patriarches connaissaient et appliquaient souvent les lois de la Torah [1], mais sans en être obligés [2]. Onan décédant jeune lui aussi, Yéhouda ne se hâta pas de donner son troisième fils en mariage à sa belle-fille. Mais Tamar, comprenant que Yéhouda retarderait toujours ce mariage, décida de prendre son droit en ayant un enfant de la lignée de Yéhouda. Elle prit les apparences d’une courtisane, séduisit Yéhouda. En fait, Yéhouda se ressaisit au dernier moment, voulant s’abstenir, mais il fut « dévié vers elle » par un ange suscitant son désir et par le fait qu’il pressentit que de cette union seront issus les rois d’Israël et la lignée messianique.

Yéhouda remit à Tamar des objets, en gage. Plus tard, il devint clair que Tamar attendait des enfants, ce qui démontrait qu’elle n’était pas restée fidèle à la famille son défunt mari. Lorsqu’on l’accusa de s’être prostituée, elle rendit discrètement à Yéhouda son gage : il saurait ainsi qu’elle n’est pas coupable puisqu’il était le père et qu’elle aurait dû bénéficier de l’application du yiboum dont elle avait été injustement privée. L’attitude de Tamar est remarquable : elle risquait sa vie, Yéhouda ayant dit : וַיֹּ֣אמֶר יְהוּדָ֔ה הֽוֹצִיא֖וּהָ וְתִשָּׂרֵֽף׃  « Emmenez-la et qu’elle soit brûlée » (Béréchit 38, 24). Or, elle était enceinte de ce même Yéhouda et pouvait produire des preuves la disculpant pleinement. Seulement, pour se disculper, elle aurait été obligée de faire honte publiquement à Yéhouda - ce qu’elle ne voulait pas. Elle était donc confrontée à un choix dramatique : accepter de faire honte publiquement à quelqu’un, ou bien accepter la mort, pour elle, mais aussi pour sa descendance. Malgré les très bonnes raisons qu’avait Tamar pour parler, elle prit soin de n’en rien faire, laissant Yéhouda décider de son sort : לְאִישׁ֙ אֲשֶׁר־אֵ֣לֶּה לּ֔וֹ אָֽנֹכִ֖י הָרָ֑ה וַתֹּ֨אמֶר֙ הַכֶּר־נָ֔א לְמִ֞י הַחֹתֶ֧מֶת וְהַפְּתִילִ֛ים וְהַמַּטֶּ֖ה הָאֵֽלֶּה׃  « Je suis enceinte du fait de l’homme à qui ces choses appartiennent. Elle dit: ‘Reconnais donc ! À qui sont le sceau, et la ceinture [les tresses], et le bâton que voici ? » (Béréchit 38, 25). Voyant les objets qu’il avait remis à la supposée prostituée, Yéhouda sut que Tamar était innocente de ce dont elle était accusée. Il le reconnut par ces mots : צָֽדְקָ֣ה מִמֶּ֔נִּי כִּֽי־עַל־כֵּ֥ן לֹֽא־נְתַתִּ֖יהָ לְשֵׁלָ֣ה בְנִ֑י  « Elle est plus juste que moi, car il est vrai que je ne l’ai point donnée à mon fils Chéla » (Béréchit 38, 26) (en application du principe du yiboum) et sans même la libérer [3].

Yéhouda constata la vertu de sa bru et reconnut publiquement sa paternité. Tamar donna naissance à des jumeaux : Pérets (ancêtre du roi David) et Zera’h.

 

Ce n’est pas un hasard si, dans Wayécheb, presque tous les versets commencent par la lettre «waw» sauf huit [4]. De même, dans Ruth, presque tous les versets commencent également par la lettre «waw», sauf huit. Or ces deux textes (et les huit versets de chaque texte ne commençant pas par «waw») sont très étroitement en rapport avec la lignée du roi David et donc du Messie.

Rabbi Yécha’ya Bakishזצ"ל , qui a vécu à Fès vers 1600, rapporte un enseignement des anciens [5] : Les huit versets sans «waw » de Ruth, font allusion aux huit générations séparant le fils de Yéhouda de la génération de David [6].

1.      « Si on considère attentivement la paracha Wayécheb, on trouve que, du début jusqu'à la fin, tous les versets commencent par la lettre waw, à l'exception seulement de huit versets ».

2.      « Par ailleurs, on trouve dans la Méguila de Ruth, que tous les versets ["Naviy aamodim" littéralement: les "crochets des poteaux"] commencent par la lettre waw, sauf huit ». Comme on pourra le constater  [7][8]

Cette indication de R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל (RY"B) au nom des anciens peut sembler poser problème car, cette paracha ne comporte pas huit, mais neuf versets ne commençant pas par la lettre waw [9]. L’un des versets doit donc être éliminé puisqu’il n’a pas été retenu parmi ceux ne commençant pas par la lettre waw. Mais lequel ?

Une remarque du Rav Eliyahou Ben’hamou chlita [ 10] semble répondre à cette question. L’un des neuf versets commence par  et non par un waw [11]. On lit הִ֣וא מוּצֵ֗את וְהִ֨יא שָֽׁלְחָ֤ה אֶל־חָמִ֨יהָ֙ לֵאמֹ֔ר  (Béréchit 38, 25). Ce verset est assimilé à ceux commençant par waw car le mot הִ֣וא [vocalisé « hi »] est écrit הִ֣וא avec waw alors qu’il aurait dû s’écrire היא avec yod. « La présence du waw de הִ֣וא est remarquée et ce verset a pu être considéré comme commençant par un waw » [12].

voir les illustrations dns l'ouvrage imprimé. Citation de R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל. Transcription [13]. 

Sans préjuger de la valeur des considérations suivantes sur l’histoire de la langue, on remarquera qu’elles vont dans le sens de l’intuition de Rav Eliyahou Ben’hamou א’’שליט : « Dans le texte consonantique du Pentateuque (mais non dans le Pentateuque samaritain) on a la graphie הוא non seulement pour le masculin, mais encore presque toujours (11 exceptions) pour le féminin ». De ce fait, les massorètes écrivent  הִוא  [14]. « Cette particularité vraiment étrange peut, semble-t-il, s’expliquer d’une façon assez vraisemblable de la façon suivante. Elle proviendrait d’une certaine recension postérieure du Pentateuque. Avec plusieurs auteurs on peut supposer que la graphie primitive était  הא … » cette graphie « fut trouvée par trop insuffisante Un scribe, peut-on supposer, aura voulu indiquer les voyelles longues… par les matres lectionis ו י » [15]. Cela donnait : הוא et היא. « Or, pendant plusieurs siècles, et notamment à l’époque des inscriptions hébraïques du Ier au IVème siècle, en écriture carrée, la forme de la lettreי  était presque identique à celle de la lettre ו. Un scribe… voulant ajouter un ו  ou un  י dans le groupe הא se trouvait en fait ajouter un caractère qui pouvait passer partout pour un ו. Plus tard, alors que la figure du ו  fut nettement distinguée de celle duי  on n’aura pas osé, par respect pour ce manuscrit, modifier l’aspect du groupe הוא  dans le cas où le sens indique le féminin» [16].

L’hypothèse du Rav Eliyahou Benhamou א’’שליט semble très satisfaisante car elle permet de mieux comprendre pourquoi on relève huit (et non neuf) versets ne commençant pas par waw. Tout talmid ‘hakham (et même un simple grammairien hébraïsant) remarque le waw de הוא. On comprend dans ces conditions que R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל n’en compte que huit.

Le sujet de la généalogie de David est abordé dans un autre enseignement de R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל   [17]

 

  Voir les illustrations dans l'ouvrage imprimé.

 

 

"Qui suis-je et quelle[18] est ma maison[19]? La famille de mon père est en Israël. Il voulait dire : le sens (ta’am) est "Si je dis qui suis-je?" Cela veut dire que (illisible) ;

(Illisible) que la famille de mon père, précisément, est d'Israël et non la famille de ma mère qui est venue... "

 Ces précisions concernent le verset: וַיֹּ֨אמֶר דָּוִ֜ד אֶל־שָׁא֗וּל מִ֤י אָֽנֹכִי֙ וּמִ֣י חַיַּ֔י מִשְׁפַּ֥חַת אָבִ֖י בְּיִשְׂרָאֵ֑ל כִּֽי־אֶהְיֶ֥ה חָתָ֖ן לַמֶּֽלֶךְ׃  (I Chémouel., 18, 18). Elles revêtent le plus grand intérêt pour sa signification propre (généalogie du Messie), et pour son insistance sur l’importance des accents de cantilation dans l’interprétation biblique.

La réponse du jeune David au roi Chaoul est généralement comprise comme une expression de modestie [20]. S’agit-il de l’expression de sa grande modestie ? Comme dans le verset où David s’adresse à D.ieu disant : וַיֹּאמֶר, מִי אָנֹכִי אֲ־דֹנָי יְיָ וּמִי בֵיתִי « Qui suis-je, Hachèm E.lohim, et qu’est-ce que ma maison [famille]… » (II Chémouel 7, 18). Par les mots : מִ֤י אָֽנֹכִי֙ וּמִ֣י חַיַּ֔י מִשְׁפַּ֥חַת אָבִ֖י בְּיִשְׂרָאֵ֑ל, David répond à Chaoul qui lui annonçait qu'il l’avait choisi pour gendre. Le verset est généralement compris dans le sens suivant: « David dit à Chaoul : ‘Qui suis-je, quelle est ma vie, et ma famille en Israël, pour que je sois gendre du roi ?’ » [21], ce qui postule que David fait remarquer les différences de « situations » entre sa famille et celle du roi. Or, tel n’est pas le cas [22].

Mais une tradition enseigne qu’il n’est pas question, ici, de la modestie de David face à Chaoul. Enseignement des anciens transmis par R’ Yécha’ya Bakish  [ 23: « ‘ Mi ani ou mi béti? Michpa’hat abi béysraël’. Rotsé lomar. Ha ta'am... ». Cela veut-dire, le ta'am indique le sens... »). Cela fait allusion à sa situation de descendant de Yéhouda (lignée de son père) : Le verset peut donc se traduire: « Qui suis-je, quelle est ma vie" (מִ֤י אָֽנֹכִי֙ וּמִ֣י חַיַּ֔י)? La famille de mon père (est) en Israël » - מִשְׁפַּ֥חַת אָבִ֖י בְּיִשְׂרָאֵ֑ל. C'est une affirmation d'appartenance, et non une simple remarque de modestie. Cet enseignement de RY’’B au nom des anciens prend sa source dans le Targoum Yonathan expliqué par le Radak. David hamélekh dit qu'« il n’y a rien de grand en moi si ce n’est la famille de mon père qui est une des plus connues d’Israël » [24].

L'enseignement reçu des anciens éclaire donc d'un jour nouveau ce verset. R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל révèle que David explique au roi Chaoul que sa maison est celle de son père; que sa ‘maison’ est en Israël. Précision généalogique de portée considérable: c'est celle du Messie qui est rappelée en même temps. R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל précise : « et non la famille de ma mère, qui est venue... ». Avant toute alliance matrimoniale, le roi Chaoul voulait-il mettre au clair la généalogie de son futur gendre ? La réponse de David, implique que la lignée paternelle reste valide puisque la mère était convertie selon la loi. Et cela est en parfaite harmonie avec le livre de Ruth : וַיֹּ֨אמְר֜וּ כָּל־הָעָ֧ם אֲשֶׁר־בַּשַּׁ֛עַר וְהַזְּקֵנִ֖ים עֵדִ֑ים (Ruth, 4, 11).  « Tout le peuple qui se trouvait à la porte et les anciens répondirent :’nous sommes témoins ! » Cette indication place le propos rapporté dans un contexte de validité juridique : le tribunal se trouvait à l’entrée de la ville (la porte) [25].  [26].

 Cet enseignement devrait permettre de donner une nouvelle perspective aux traductions rendues par : « Que vaut ma famille en Israël... »  [27] ; ou par : « Qu'est le clan de mon père en Israël? » [28]. Cette paracha parle donc de la généalogie du Messie. Le fait que presque tous ses versets commencent par la lettre waw  renvoie peut-être à d’autres niveaux de signification : la lettre waw  évoque en effet la séfira Tiféret  [29]


[1] Les patriarches et les matriarches avaient connaissance des lois de la Torah. On sait cela par le verset עֵ֕קֶב אֲשֶׁר־שָׁמַ֥ע אַבְרָהָ֖ם בְּקֹלִ֑י וַיִּשְׁמֹר֙ מִשְׁמַרְתִּ֔י מִצְו‍ֹתַ֖י חֻקּוֹתַ֥י וְתֽוֹרֹתָֽי׃  « Parce que Abraham a écouté ma voix, et Il a gardé Ma garde, Mes commandements, Mes statuts et Mes Torah ».  (Béréchit 26,5) : Ce que Rachi explique : «  וַיִּשְׁמֹר֙ מִשְׁמַרְתִּ֔י - Ce sont les barrières, les décrets rabbiniques destinés à éloigner l’homme de la transgression. מִצְו‍ֹתַ֖י  - Ce sont les lois qui si elles n’avaient pas été écrites devraient être ordonnées, comme l’interdiction du vol ou du meurtre.   חֻקּוֹתַ֥י - Ce sont les lois… pour lesquelles la Torah ne donne aucune justification. וְתֽוֹרֹתָֽי - Cela inclut la Torah orale » (sur le verset). Le fait qu’il soit explicitement écrit « Mes Torah » et non « Ma Torah » indique l’existence de deux enseignements inséparables : la Torah écrite et la Torah orale.  Le Ba’al hatourim retrouve la connaissance des lois de la Torah par les patriarches dans les valeurs numériques ou le nombre de mots du verset.  Le verset cité comporte 10 mots (faisant allusion aux dix commandements.   עֵ֕קֶב  =  70 + 100 + 2 = 172  nombre qui fait directement allusion au nombre de mots composant les  dix commandements). Ramban va à peu près dans le même sens, expliquant par exemple que Ya’akob étudia avec Yossef  le cas de la génisse à la nuque brisée (Débarim 21, 1-9).

[2] Ramban constate que les patriarches ne respectèrent pas toujours toute la Torah : ainsi, Ya’akob a pu épouser deux sœurs (la Torah l’interdira ultérieurement), et ils construisirent des autels ce que la Torah interdit (וְלֹֽא־תָקִ֥ים לְךָ֖ מַצֵּבָ֑ה אֲשֶׁ֥ר שָׂנֵ֖א יְיָ ﭏהֶֽיךָ׃ Débarim 16, 22). En réponse à la première constatation il avance que les patriarches respectaient la Torah sur la Terre d’Israël car cette dernière et la Torah sont inséparables, ceux qui ne respectent pas les commandements finissant par en être rejetés (d’ailleurs, Ra’hel, seconde femme de Ya’akob mourut à peine entrée dans le pays). En réponse à la seconde constatation, il avance que la construction d’autels n’était pas interdite avant la construction du Temple.

[3] Par le procédé de la ‘halitsa.

[4] Huit selon une tradition. Neuf en fait. Voir ci-après le non prise en compte par cette tradition de l’un des neuf versets.

[5] Hidouchim 'al psokim mamkra veagadot ‘Hz’’l. Columbia University Library (CU).  Voir R’ Y. Bakish, Fragments, Hotsaat Bakish, Kiryat Ata, sivan 5752 1992. Manuscrit n° 4.

[6] La citation manuscrite commence comme suit : « J'ai entendu Rabbi Yécha’ya Bakish, rapporter l'enseignement suivant au nom des anciens ז"ל ».  

[7]  Il s'agit des versets: Ruth 1, 9 - יִתֵּן  ; Ruth 1, 12 - שֹׁבְנָה ; Ruth 1, 13 -  הֲלָהֵן ; Ruth 1, 17 - בַּאֲשֶׁר ; Ruth 1, 21 - אֲנִי   ; Ruth 2, 9 - עֵינַיִךְ; Ruth 2, 12 - יְשַׁלֵּם ; Ruth 3, 13 - לִינִי .

[8] Suite de l’enseignement de R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל : « Et nous avons donné une raison à cela. Cela vient nous indiquer que dans la paracha de Wayécheb, est impliquée la dynastie de la maison de David, puisqu'on y trouve rapporté le récit de Tamar et Yéhouda dont va résulter la naissance de Pérets. Tout le livre de Ruth vient témoigner aussi de la généalogie de David. David est la huitième génération à partir de Pérets: c'est pourquoi la paracha Wayécheb comporte huit versets ne commençant pas par waw.             « On connaît l'intention de Tamar et aussi l'intention de Ruth. Toutes deux leur intention était au nom du Ciel pour les deux mondes. C'est pourquoi les huit versets viennent ici sans waw ».

[9] Béréchit 37, 2 - אֵ֣לֶּה   ; Béréchit 37, 27 -לְכ֞וּ ; Béréchit 38, 25 - הִ֣וא   ; Béréchit 39, 9 - אֵינֶ֨נּוּ   ; Béréchit 39, 23 - אֵ֣ין ׀ ; Béréchit 40, 13 -בְּע֣וֹד ׀ ; Béréchit 40, 14 - כִּ֧י ; Béréchit 40, 15 - כִּֽי־גֻנֹּ֣ב   ; Béréchit 40, 19 - בְּע֣וֹד ׀ .

[10] Roch Yéchiva à Jérusalem (Yéchiva Ner Yossef - – section francophone de la  Yéchiva Or ha’Haïm).

[11] הִ֣וא מוּצֵ֗את וְהִ֨יא שָֽׁלְחָ֤ה אֶל־חָמִ֨יהָ֙ לֵאמֹ֔ר לְאִישׁ֙ אֲשֶׁר־אֵ֣לֶּה לּ֔וֹ אָֽנֹכִ֖י הָרָ֑ה וַתֹּ֨אמֶר֙ הַכֶּר־נָ֔א לְמִ֞י הַחֹתֶ֧מֶת וְהַפְּתִילִ֛ים וְהַמַּטֶּ֖ה הָאֵֽלֶּה׃ (Béréchit 38, 25).

[12] D’après : R’ Eliyahou Benhamou (5766), Dibrey torah paracha Wayécheb, Chabbat Wayécheb, Yéchiva Ner Yossef, 24 décembre 2005. Remerciements à אליהו בקיש נ״י qui m’a rapporté cet enseignement.

[13] Extrait de R’ Ichaya Bakish (1992), Fragments, Hotsaat Bakish.  Fragment : p. 40a d’un manuscrit nord-africain du 18e s. Hidouchim 'al psokim mamkra veagadot חז"ל. Columbia University Library (x893 B 537/2); JNUL (20689 samah).  Transcription: remerciements au Pr. J. Tedghi.

[14] Par ex.  הָאָ֥רֶץ הַהִ֖וא (Béréchit 2,12).

[15] P. Joüon (1923), 39c, pp. 91-92.

[16] Concrètement, les deux lettres avaient une forme presque identique dans les manuscrits. P. Joüon (1923), 39c, p. 91-92.

[17] Lignes 6 et 7 du folio 35a. (Manuscr. Nord africain du 18e s. ; col. Pr. Méïr Benayahu, 54 p., Jérusalem, Réf. n° "307 tsadé" ; Réf. JNUL : n° 5059, local-n° F 43694). Voir: R’ Y. Bakish (1992), Fragments, sur le frag. 14 : pp.  96-97, 104, 106. Ecrit en cursives judéo-maghrébines ce MSS  utilise aussi des cursives arabes (l, p, 'ayin, r).

[18] Le mot: ומר- troisième mot au début de la première ligne מי אנכי ומר doit probablement se lire ומה (oumah).

[19] "Mi ani ou mi béti? Michpa’hat abi beysraël. Rotsé lomar. Ha ta'am..."

[20] Metsoudad David et Radak.

[21] Trad. Bible du Rabbinat français, Zadok Kahn (dir.), Colbo, 1978 (I Chémouel 18, 18)

[22] Dans le verset : I Chémouel 18, 18.

[23] Un accent de cantilation permet à R’ Yécha’ya Bakishזצ"ל  d’expliquer le verset de Chémouel I, 18, 18 : וַיֹּ֨אמֶר דָּוִ֜ד אֶל־שָׁא֗וּל מִ֤י אָֽנֹכִי֙ וּמִ֣י חַיַּ֔י מִשְׁפַּ֥חַת אָבִ֖י בְּיִשְׂרָאֵ֑ל כִּֽי־אֶהְיֶ֥ה חָתָ֖ן לַמֶּֽלֶךְ׃  « Wayomer (azla) David (guérech) el Chaoul (rabia’), mi (chofar méooupah) anokhi (kadma) oumi (chofar holekh) ‘hayay (zakef katon) michpa’hat (maarikh) abi (tar’ha) béyisraèl (atna’h) ki-ehyé (maarikh) ‘hatan (tah’ha) lamelekh (sof passouk)».La déduction suivante explicite peut-être le fragment manuscrit : michpa’hat (maarikh) abi (tar’ha) beyisraèl (atna’h) sont évidemment liés par un même souffle de cantilation et donc par un même lien. Il s'agit d'éléments d'un même ensemble sémantique. Le ta'am 'atna'h permet de séparer béyisraèl (atna’h) de ki-ehyé (maarikh), et donc d'insister sur béyisraèl (avec la pause intermédiaire dans le verset qu'est l'atna'h, le mot prend un relief sonore qui met en valeur l’affirmation.

[24] Remerciement à Eliyahou n’y pour ces précisions.

[25] Voir נוֹדָע בַּשְּׁעָרִים בַּעְלָהּ; בְּשִׁבְתּוֹ, עִם-זִקְנֵי-אָרֶץ. « Son époux est connu aux portes, quand il siège avec les Anciens du pays. » (Michlé 31, 23)

[26] Le livre de Ruth ajoute : יִתֵּן֩ יְיָ אֶֽת־הָאִשָּׁ֜ה הַבָּאָ֣ה אֶל־בֵּיתֶ֗ךָ כְּרָחֵ֤ל ׀ וּכְלֵאָה֙ אֲשֶׁ֨ר בָּנ֤וּ שְׁתֵּיהֶם֙ אֶת־בֵּ֣ית יִשְׂרָאֵ֔ל « Que Hachèm rende l'épouse qui va rentrer dans ta maison semblable à Ra’hel et à Léa, qui ont édifié à elles deux la maison d'Israël ! » וַיִּקַּ֨ח בֹּ֤עַז אֶת־רוּת֙ וַתְּהִי־ל֣וֹ לְאִשָּׁ֔ה וַיָּבֹ֖א אֵלֶ֑יהָ « Et Bo’az épousa Ruth ; elle devint sa compagne et il cohabita avec elle » (Ruth, 4, 13).

[27] Traduction Bible du Rabbinat français, dirigée par le Grand Rabbin Zadoc Kahnזצ"ל . Colbo, Paris.

[28] Traduction André Chouraqui.

[29] Le Zohar hakadoch enseigne : « Le D.ieu [Elokhé] avec waw : c’est le Ciel, ainsi qu’il est marqué : « Le ciel, c’est le ciel de Hachèm » (Téhilim  115, 16). La lettre waw  renvoie à la séfira Tiféret Le Zohar, 193b-194a ; Sur le Ciel symbole de Tiférèt, voir. R’ M. de Léon,  Chéqel haQodech, p. 52. La séfira Tiférèt est symbolisée par le ciel (chamayim) est composé de feu (ech) et d’eau (mayim), ce qui symbolise l’union de la séfira ‘Hessed (eau) et de la séfira Guevoura (feu).  Cf. Le  Zohar, tome 3, Genèse, Wayéchev Mikets. Trad. Mopsik, .i.n. 6, p. 273, Verdier, Lagrasse (1991).

Dernières modifications: février 2013.

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