Kabbalah. Ségoula – Pidyone néfesh

 


 

Sur la rédemption d'âmes. Une ségoula de kabbale

Par Hillel Bakis

Version au 5 septembre 2021. © Institut Rabbi Yesha’ya Bakish זצ"ל, editionsbakish.com, Eloul 5781.

 

Abstract - On the redemption of souls. A ségoula of kabbalah – This paper presents a cabalistic practice little known: the "soul redemption"  (« Pidyone haRashah », « pidyone néfech » / פדיון נפש). This segoula (remedy) for health, wedding, children, livelihood, peace at home (chalom bayit), success, etc. is practiced by specialists in Kabbalah. In the appendix, we present the text of a Kabbalist from Jerusalem who offers his services.

Résumé – Ce texte présente une pratique kabbalistique peu connue: la "rédemption d'âme"  ("Pidyone haRashah", pidyone néfech/פדיון נפש). Cette ségoula (remède) pour obtenir santé, mariage, enfants, moyens de subsistance, paix au foyer, la réussite, etc. est pratiquée par des spécialistes de Kabbale. En annexe, nous présentons le texte d'un Kabbaliste de Jérusalem qui propose ses services. 

 

 

La "rédemption d'âme" (pidyone néfesh/פדיון נפש) ou "Pidyone haRashah" est une pratique kabbalistique peu connue du grand public - et même des juifs pratiquants.  Ce pidyone est une ségoula pour obtenir santé, mariage, enfants, moyens de subsistance, paix au foyer, la réussite, etc. A son propos, Rabbi 'Haïm Vital zts”l qui faisait ce pidyone pour lui-même deux fois par an[1] a écrit : cette ségoula a été pratiquée « des milliers de fois et elle a toujours aidé ».

 

Sources  

Cette ségola découle des enseignements du Zohar hakadoch . Le Ari zal l’a révélée et de R' Shalom Sharabi זצוק"ל (Maran Harashash) qui a expliqué comment procéder. Le Sefer Sha'arei Rachamim affirme que le Pidyone haRashash est une ségoula reçue du Prophète Elie, lui-même[2].

Ce pidyone suit les instructions précises du Ari zal (1534-1572) telles que transmises par Rabbi 'Haïm Vital זצוק"ל et celles du Rashash זצוק"ל, Maître majeur des Kabbalistes séfarades contemporains.

 

La procédure

En général, celui qui a commis des infractions à la Loi divine a « sali » son âme et, pour la « nettoyer », il doit se repentir (téchouva). Selon les Kabbalistes, il existe cependant des cas où « l'emprise de l'impureté des fautes est, parfois, tellement forte, que la Téchouva est assez difficile et, pour faciliter le processus, il est nécessaire de faire appel à une aide extérieure » [3]. La procédure du pidyone permet cette aide.

Ce pidyone est une sorte de « rachat » d'âme pour éviter d'éventuels mauvais décrets du Tribunal céleste qui est effectué par des prières, des lectures et de la tsédaka. Il « vise à abolir les décrets du mal auprès d'une personne qui subit de grandes épreuves ou se trouve en grande difficulté ». Il est crédité du pouvoir d’aplanir « la voie vers une amélioration de la situation, mettre à l'abri l'âme des forces du mal (anges accusateurs)… »[4].

Des moments privilégiés sont propices dans l’année pour pratiquer ce pidyone. La veille de Rosh hachana est tout particulièrement favorable pour l’adoucissement des décrets. L’anniversaire du décès de Rashash hakadoch (Rabbi Shalom Sharabi 1720-10 shevat 1777) est aussi considéré comme particulièrement favorable à cette prière.

La procédure de rédemption comprend plusieurs étapes : les prières[5] et lectures de la veille de Rosh hachana, d’autres prières et lectures avant Kippour, enfin, la veille de souccot les pièces qui ont servi au « rachat » sont remises comme tsédaka à un talmid ‘ha’ham afin de soutenir l’étude de la Torah. Ce pidyone se fait à certaines heures de la nuit, après le milieu de la nuit (en heures saisonnières)[6], le nom de la personne concernée est mentionné. De longues prières sont lues pour chaque personne concernée et ce, de la manière la plus parfaite (méhoudar) conformément aux enseignements relatifs à cette ségoula.

Tout un chacun n'est évidemment pas en mesure de mener à bien ce pidyone tel que le font les kabbalistes - ni d'ailleurs toute autre pratique de Kabbale.

Certains considèrent pourtant que : « N’importe qui peut le faire, on peut le faire aussi n’importe quand »[7] ; de fait, tout un chacun peut prier, et nos maîtres enseignent qu’aucune prière n’est inutile. S’il est possible à chacun de lire le texte d’une ségoula, l’effet n’est nécessairement de la même puissance si quelqu’un d’autre, versé dans l’étude et la pratique des mitsvot, prie à l’intention du suppliant : « plus grand et plus pieux est le tsaddik, plus efficace est le rachat »[8]. On comprend qu’au tribunal, la plaidoirie d’un avocat est en principe plus efficace et plus pertinente juridiquement que celle que prononcerait un accusé aux connaissances limitées.

S’agissant du pidyone néfech la différence entre la prière d’un particulier et celle d’un grand talmid ‘ha’ham Mékoubal tient à ce que ce dernier fait aussi une étude approfondie avant de commencer la procédure, qu’il maîtrise la manière de faire et des kavanot (« intentions ») kabbalistiques particulières pendant sa prière. Sa prière a « la force spirituelle d'un sacrifice dans le Bet hamikdash pour expier le péché et atténuer les jugements sévères »[9].

 

160 pièces

Le pidyone néfech se concrétise par « une somme d'argent donnée à la Tsédaka ou à un maître "particulier" en Torah, afin de bénéficier d'une purification et d'être épargné d'éventuels châtiments. »[10] Ce rachat est très concret :  160 pièces sont utilisées - disons symboliquement. Elles sont "échangées en vue de l'abolition des décrets défavorables éventuels[11]. Certains Kabbalistes utilisent 160 pièces en argent pur[12].  Il est nécessaire de disposer de 160 pièces même si leur valeur est inférieure à celle de 160 pièces d’argent ou à 160 unités de la monnaie du pays (shekels ou euros). Le Mékoubal qui procède au pidyone néfesh pour plusieurs personnes, peut faire acquérir successivement ces pièces aux personnes pour lesquelles il prie.  Le symbole des 160 pièces tient à ce que la valeur numérique de 160 correspond à la guématria de « ‘ets » (arbre) [13]; or, l'homme qui est assimilé à un arbre כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה « Car l’homme est un arbre des champs » (Dévarim 20, 19). Grâce à cette ségoula, la personne bénéficie de la rédemption de son âme, le sévère jugement éventuel étant alors racheté par les pièces de monnaie et adouci ou effacé. La personne pour laquelle prie le Mékoubal reçoit alors la possibilité d’un renouveau, ce à quoi font allusion les 160 pièces puisque 160 est aussi la valeur numérique du mot tzelem (image) par lequel est mentionné Adam après sa création[14]. (וַיִּבְרָא אֱ-לֹהִים אֶת-הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם אֱ-לֹהִים בָּרָא אֹתוֹ (Béréchit 1, 27). Le nombre 160 équivaut aussi à kessef (כסף /argent), en valeur numérique[15].

Les pièces sont en argent car pour les Kabbalistes, ce métal représente la miséricorde divine et la rédemption (l’or au contraire symbolise le jugement/din). Tout le monde ne disposant pas de 160 pièces d’argent, certains suggèrent l’utilisation de pièces de couleur claire comme les pièces de 1 shekel en proscrivant les pièces cuivrées ou dorées (telles les pièces de 10 agourot, d’un-demi shekel ou de 20 centimes d’euro)[16].

Certains ont la coutume de donner une somme d’argent correspondant au poids de la personne au profit de laquelle le pidyone est effectué, selon la valeur du kilogramme de viande de boucherie ; cet usage exprime de manière claire la volonté de l’intéressé de racheter son âme[17].

Hier et aujourd’hui

De nombreux récits relatent cette pratique par des rabbins renommés et ses effets positifs. Par exemple, on raconte que le Magid de Mezritch a fait le Pidyone Rashash à l’intention d’une femme gravement malade qui a miraculeusement retrouvé sa santé[18]. A l’époque des guerres napoléoniennes, le ‘Hatam sofer a fait le Pidyone Rashash  à l’intention des habitants de Presbourg[19], miraculeusement personne ne perdit la vie[20].

Les Mékoubalim affirment que le pidyone permet à des suppliants (ceux qui communiquent leur nom pour bénéficier de cette ségoula), encore de nos jours, de voir leur vie transformée en bien (mariage, guérison, enfants, etc.). Quelques institutions et quelques grands maîtres Kabbalistes reconnus proposent leurs services. Evidemment, si une personne est intéressée par cette procédure, il convient d’être prudent : il se pourrait que certains hommes malhonnêtes[21] cherchent à profiter de la crédulité de personnes fragiles en exigeant des «tarifs» exorbitants[22].

Nous présentons ci-après, comme document, le texte d'un cabaliste de Jérusalem, Rabbi Rachamim Nikravesh שילט"א, disciple du R' Ya'akov Hillelשילט"א  [23]. R’ Rachamim Nikravesh שילט"א propose également ses services.

 

 

Références

 

 Annexe - Document.

Un message de R' Rachamim Nikravesh שילט"א  (Eloul 5781)

פדיון נפש על פי כוונות הרש"ש זיע"א

עריכת פדיון נפש בכוונות על פי המקורות בזוהר הקדוש, כתבי האר"י ז"ל ומרן הרש"ש זיע"א, והוא בדוק ומנוסה לרפואה שלימה, לפרנסה, להצלחה, למציאת הזיווג, לשלום בית, לזרע של קיימא ולכל בקשה וישועה.

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rachamimnikravesh@gmail.com ; Tel. 972 52 76 01 820;

A partir d'Israël: 052 76 01 820.

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Notes 

[1] Lakewoodsnewsnetwork.com, voir les références.

[2] Cit : Lakewoodsnewsnetwork.com ; theyeshivaworld.com.

[3] Rav Ye'hezkel Bing, Nekoudot Hakessef, page 82 (cité par R’ Gabriel Dayan, 2019).

[4] Tsidkat-eliaou.org, 2019.

[5] Voir  R’ ‘Haïm Ichaï (2007), édition du Pidiyon du ‘Hida et commentaires. Le pidyone est présenté comme une prière pour la guérison d’un malade.

[6]Hatsot. Il s’agit du milieu de la période de la nuit qui va du coucher au lever du soleil de l’endroit précis où on se trouve. Il se situe exactement au milieu de cette période de 12 heures saisonnières. Voir : Hillel Bakis (2021), Inventaire des mesures et monnaies de la Bible et du Talmud et leurs implications halakhiques. Editions Bakish, 482 p. Diffusion BibliEurope, Paris (sous presse).

[7] Chaya, R’ Ron (2013).

[8] « The bigger and more pious the tzaddik, the more effective the “pidyon” ». https://www.breslevmeir.com/pidyon-nefesh/ .

[9] Voir : Na’hman de Breslev.

[10] R’ Gabriel Dayan, 2019

[11] Voir les photographies mises en ligne (le lien est indiqué ci-après avec la référence Hamodia.com (2020).

[12] Il s’agit de « petites pièces d’argent, d’une valeur chacune d’un prouta au moins (1/40ème d’un gramme d’argent au taux boursier) » (R’ Ron Chaya, 2013).

[13] Guématria. Valeur numérique de ce mot : 70+90=160.

[14] Guématria. Valeur numérique de ce mot ; 90+30+40=160.

[15] Guématria. Valeur numérique de ce mot : 20+60+80=160.

[16] « Si cela reste trop onéreux, on pourra utiliser des pièces de bronze » indique R’ ‘Haïm Ichaï (2007) dans son édition du Pidiyon du ‘Hida accompagné de commentaires et présenté comme une prière pour la guérison d’un malade.

[17] Dayan, R’ Gabriel (2019).

[18] Lakewoodsnewsnetwork.com.

[19] Actuelle Bratislava (capitale de la Slovaquie). Lakewoodsnewsnetwork.com.

[20] L’armée de Napoléon fit le siège de Presbourg pendant l’été 1809. Napoléon gagna alors deux batailles majeures contre l’Empire Austro-Hongrois, à Aspern-Essling et Wagram. Il réussit à prendre Vienne. La ville de Presbourg ne fut pas prise mais souffrit de bombardements qui détruisirent notamment le quartier juif.

[21] Pas nécessairement de vrais rabbins, et encore moins, des savants versés en kabbalah.

[22] R’ Ron Chaya met en garde contre de possibles demandes excessives : « attention à ce qu’on ne vous roule pas. Normalement, on doit payer pour cela 160 Shekel ou peut-être 160€, car ce nombre est la valeur numérique du mot Tsélèm ». https://www.myleava.fr/qr-leava/on-ma-conseille-de-faire-un-pidyon-nefech-pourriez-vous-me-donner-votre-avis/. Des institutions ou des Mékoubalim reconnus demandent même des sommes inférieures.

[23] Recteur de la Yeshiva Ahavat Shalom à Jérusalem.