Torah écrite, Torah orale. Le corpus fondamental

 
 
 
Les cinq livres de la תורהTorah (Le Pentateuque,‘Houmach) sont écrits dans le sepher Torah et portent les noms de : Béréchit (Genèse); Chémot [1] (Exode); Wayikra[2] (Lévitique); Bamidbar [3] (Nombres) ; Débarim [4] (Deutéronome)
Le mot Tanakh est une abréviation construite avec les initiales des mots תורה(Torah), נביאים (Prophètes, Néviim),כתובים  (Ecrits, Kétouvim). Par  Tanakh on désigne l’ensemble des livres[5] que la tradition juive inclut dans la Bible hébraïque[6]. Cette tradition provient d’une transmission[7] ininterrompue depuis : le 6 sivan de l’an 2448, jour où Moché a reçu la Torah de Dieu sur le mont Sinaï (- 1300 de l’ère courante); Yéhochoua’ (2489) ; les Juges (2516 depuis Caleb ben Yefouné) ; les prophètes de Chémouel à Malakhi / Malachie (2871-3448) ; la Knesset haguédola / Grande assemblée, jusqu'à Chim’on le Juste (3460) ; les Tanaïm de Antiguenos de So’ho à R’ Yehouda Hanassi[8] pendant 460 ans[9] de - 240 à jusqu’à 200 de l’ère courante)[10] ; les Amoraïm[11]  de Rav et Shmouel à Ravina II (200-475 du calendrier grégorien); les Savoraïm(ou Rabbanane savoraï)[12] entre 475 et 600[13]; les Géonim, de R’ 'Hanan à R’ Haï de Gaon (du 7ème siècle à la fin du 10ème s.) [14] ; les Richonim (v. 1000-1564): période des premiers décisionnaires, conventionnellement achevée avec la rédaction du Choul’han ‘Aroukh: Rif, Rachi, Rabbénou Tam, Ba’alé Hatosafot, Rambam, Ramban, Rachba, Roch, Tour, etc.) ; les a’haronim (c’est la période des derniers décisionnaires que certains font débuter en 1564, et d’autres à partir de R’ Yossef Caro zts’l [15]. Cette période se prolonge jusqu’à nos jours).
Notons que le corpus fondamental est partagé par les différentes catégories de juifs orthodoxes, quels que soient leurs rites[16] et origines géographiques : Séfarades(originaires d'Espagne, ils se sont installés dans le Bassin méditerranéen suite à l’expulsion de ce pays en 1492), Orientaux (Syriens, Irakiens, Perses -parsim, d'Iran; etc.), Yéménites (témanim, du Yémen), Achkénazes(d'Allemagne et de la vallée du Rhin), Sfardes[17] et ’hassidim (Europe centrale et orientale).



[1]  Appelé aussi Séfer haguéoula (« Le livre de la libération »)car il traite largement de la libération de l’esclavage en Egypte.
[2]  Appelé aussi Torat Kohanim (« Le livre des prêtres »)car il traite largement du service des prêtres.
[3]  Appelé aussi Séfèr hapékoudim (« Le livre des comptes »)car il contient des recensements.
[4]  Appelé aussi Michné Torah, car il répète en partie l’enseignement de la Torah.
[5] La Bible hébraïque comprend 24 livres : ‘Houmach  (5 livres) Neviim (8 livres qui contiennent - 19 textes différents) Ketouvim (11 livres).
[6] Voir version de la bible deמכוןממרא Mékhone Mamré avec voyelles et té’amim :תורהנביאיםוכתוביםלפיהכתרוכתביהידהקרוביםלו מהדורתחשוון          התשס"ד © 2003 כלהזכויותשמורותלמכוןממראhttp://www.mechon-mamre.org/c/ct/c0.htm. Noter aussi le site snunit vocalisé et cantillé : http://www1.snunit.k12.il/kodesh/.index.html (2003-).;
[7] Chronologie : R’ R. Y. Dipour (5759), Modia ; R’ Pinto Raphael (2005) sur chavouot http://www.bethalimoud.com/article48.html
[8]תנאים. Ausingulier : tana (תנא) – du verbe «  enseigner » en araméen (correspond à l’hébreu שנה « Chana » d’où est tiré le mot Michna). La période des maîtres de la Michna comprend six générations (qui discutèrent la loi orale et compilèrent la Michna, la Braïta, la Tosséfta, le Midrach, le Zohar.). Voici quelques maîtres de chacune d’elles : 1- Rabban Yo’hanane ben Zakaï ; 2- Rabban Gamliel de Yabne, R’ Eli’ézer, R’ Yéhochoua ; 3- R’ ‘Akiba ; 4- R’ MeirRabbi Yéhouda ; 5- R’ Yéhouda hanassi ; 6 - R’ Chim’on ben Yéhouda Hanassi (ou Rabi ; il a compilé les enseignements des Tanaïm dans la Michna); Yéhoshoua’ ben Levi.
[9]Selon le calendrier hébraïque : 3500-3960
[10]La première période des Tanaïm est celle des zougot (jusqu’à Hillel, 20 de l’ère courante). Selon le calendrier hébraïque : 3500-3768. Voir début de la Michna Abbot pour l’indication des noms de ces Tanaïm.
[11]Les Amoraïms ont commenté la Michna et clarifié les traditions  au début du 5 ème millénaire du calendrier hébraïque, entre 3960 et env. 4235 (entre 239 à env. 500 AEC).   Ausingulier : Amora – du verbe hébreu «  dire » « amar». Leurs discussions sont contenues dans la guémara. Quelques Amoraïms :
- 1 ère génération : Rabbi 'Hiya et Rabbi Ochaya, en Yisrael; Rav et Chmouel, en Babylonie ;
- 2 ème génération: Rabbi Yo'hanane, à Tibériade, 230-290 ; Rèch Lakich ;
- 3 ème génération: Rabbi Zéira et Abbahou en Éréts Yisrael ; Rabbi Na'hmane et Rav Yéhouda, Rav Assi, Oula, Rav Ada ben A'hva, Rav Houna à Soura (Babylonie) ; Rav Chéchate à Mé'hoza (Babylonie) ;
- 4 ème génération : Rabba bar Na'hmani, Rav Na'hmane ben Ya’akob, Rav Yossef ben 'Hama, Rav Yossef ben 'Hiya à Poumbédita (Babylonie) ;
- 5 ème génération : Rabbi Yossé en Yisraèl ; Abbayé, Rava le fils de Rabbi Yossef bar 'Hama à Poumbédita (Babylonie) ; Rav Houna ben Yehoshua, à Mé'hoza (Babylonie) ;
- 6 ème génération: Rav Zévid, à Poumbédita (Babylonie) ; Rav Papaï, Rav Houna ben Yehoshua à Mé'hoza (Babylonie) ; Rav Papa à Naréch et Soura (Babylonie) ;
- 7 ème génération : Rav Kahana dirige la yéchiva de Poumbédita vers 400 ; Rafram bar Papa, à Poumbédita (Babylonie) ; Améimar à Soura (Babylonie) ; Ravina et Rav Achi organisent le Talmud de Babylone à Soura vers 370-425 (4130-4185). D’après : Chiourim.com.
[12]סבוראים CesMaîtres (quatre générations) ont tiré des applications halakhiques de la Michna et la Guémara. Ils finirent les petits traités du talmud de Babylone. Citons : Raba bar Yossef ; Rav Simuna. Rav Sama bar Rava ; Rav Eina ; Rav Ravaï Mérov ; Rav Guiza ; Rav Houna ; Rav Dimi Sorgo.
[13]Selon le calendrier hébraïque : 4235 à 4350.
[14]Jusqu’à l’an 4350 du calendrier hébraïque.
[15]5250 /1489.
[16]Sauf les originaires d’Ethiopie, coupés du reste du monde juif avant l’époque talmudique.
[17]Le rite (noussa’h) sfard n’est pas le rite ashkénaze (les sidourim sont différents). Le judaïsme polonais ou russe est de rite sfard. On peut trouver dans une même ville des offices de rite ashkénaze et sfard, même si la diminution du nombre de fidèles dans certaines villes européennes oblige à alterner les rites selon les semaines ; mais lors des grandes fêtes, des offices différents sont maintenus. Merci au ’hazan ashkénaze Chim’on Gilbert Haenel הי"ו (Metz) pour ses précisions. 

 

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