Avant-propos de “La voix de Jacob”, Commentaire de la Torah. Par Hillel Bakis

לֹֽא־יָמ֡וּשׁ סֵפֶר֩ הַתּוֹרָ֨ה הַזֶּ֜ה מִפִּ֗יךָ וְהָגִ֤יתָ בּוֹ֙ יוֹמָ֣ם וָלַ֔יְלָה לְמַ֨עַן֙ תִּשְׁמֹ֣ר לַֽעֲשׂ֔וֹת כְּכָל־הַכָּת֖וּב בּ֑וֹ כִּי־אָ֛ז תַּצְלִ֥יחַ אֶת־דְּרָכֶ֖ךָ וְאָ֥ז תַּשְׂכִּֽיל׃

« Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche et tu la méditeras jour et nuit, afin de garder tout ce qui y est écrit, pour l’accomplir. Car alors, tu réussiras dans tes chemins et alors tu seras intelligent » (Yéhochoua’ 1, 8) 

 Avant-propos (éd. 2013, révisée 2021)

Ces drachot - tremplin pour retourner aux textes et à leurs commentaires - sont présentées selon le découpage de la Torah en sections hebdomadaires. Elles réunissent des enseignements rabbiniques traditionnels dont les sources sont indiquées [1].

Le mot ‘commentateurs’ prête à confusion, laissant supposer que la Torah se prête à des interprétations libres à partir du texte ! Or, rien n’est plus faux ! Les ‘grands Commentateurs’ ne ‘commentent’ pas, ils transmettent la tradition orale reçue de Moché au Sinaï. La Torah et la Guémara n’ont pas été « commentées » par Rachi - au sens commun du mot. Son commentaire est une transmission conforme à la tradition afin d’aider à une compréhension du sens littéral. Hillel l’ancien est un exemple à suivre humblement en ce sens : alors que les membres de la plus haute institution législative de son temps le convoquèrent pour l’interroger sur un difficile problème légal (savoir si l'on pouvait offrir le sacrifice de Pessa'h lorsque la fête tombe un chabbat), Hillel a pu trouver une solution à partir de l’interprétation de deux versets[2]. Les Sages חז"ל ont accepté cette lecture de la Loi, parce que Hillel ne s’est pas livré à un commentaire personnel : c'est l’authentique tradition qu’il détenait de ses maîtres Chéma’ya et Abtalione qui a emporté l’adhésion des Sages et non sa logique. Hillel enseigne :דאין אדם דן גזירה שוה מעצמו « il est exact qu’on ne doit pas faire une assimilation de termes de sa propre initiative »[3]. R’ Israël Salzer précise : « Une argumentation à la faveur d’une assimilation de deux mots bibliques n’est légitime que si elle nous a été donnée par une authentique tradition. Nous ne pouvons donc pas la ‘créer’ nous-mêmes, car il est possible que l’emploi du deuxième mot ait un tout autre objet. Mais si elle est authentifiée par la tradition, la conclusion qui en est ainsi tirée vaut autant que si elle était écrite en clair dans la Torah. »[4] A partir de cet enseignement de Hillel l’ancien, il apparaît clairement que la Torah ne se prête pas à des interprétations libres à partir du texte écrit. Tout dépend de la Torah orale !

Cet océan infini est abordé par un accès thématique dont le prétexte sera tout ou partie d’un verset de la paracha[5] de la semaine. Seront abordés à cette occasion des enseignements variés découlant de versets. Cet ouvrage[6] tente de soutenir l’attention dans l’approche régulière de la paracha de la semaine grâce : à des thématiques diversifiées ; à des commentaires provenant de divers horizons du judaïsme rabbinique orthodoxe ; à la mention de contes, agadot et coutumes ; à l’introduction aussi de développements talmudiques, midrachiques, ou halakhiques[7].

Le commentaire oral de la paracha est public[8] ; il est également usuel à la table familiale, notamment lors du chabbat et des jours de fête... Lorsqu'un simple fidèle prend publiquement la parole, il doit indiquer qu’il ne parle qu’avec la permission du rabbin. Parler devant un kahal n’a pas pour objet de se mettre en scène ; il faut rester dans le seul rôle qui convienne, celui de transmetteur de la tradition, de « Sa » Torah (torato) ce qui implique modestie[9] et précision[10]. La Torah n’est pas une « matière » à étudier ou à exposer de manière académique. Son étude ne vise pas à démontrer le brio de l’orateur[11], mais à transmettre le message divin confié à Moché. Cette étude est inséparable d’une dynamique de mise en pratique des commandements divins, tels qu’ils sont édictés par le droit rabbinique.

Il convient de bien préparer son sujet pour rester conforme aux enseignements de nos sages et intéresser les auditeurs. La confiance dont est gratifié l'orateur est redoutable à plusieurs titres. Il faut parler de sujets dont on n'est pas toujours spécialiste, alors qu'en matière de Torah, on doit prendre garde à ne rien dire pouvant prêter à confusion: il vaudrait mieux se taire qu’induire en erreur l’assistance[12] ! D'où la nécessité d'une solide préparation ne laissant pas de place à une connaissance approximative. Une autre difficulté tient à la nature de l’auditoire comprenant des érudits (qu'il ne faut pas ennuyer en parlant de choses simples), des personnes moins érudites mais avides de savoir, ainsi que des enfants de tous âges (qu'il ne faut pas ennuyer en parlant de choses trop compliquées)! Les enfants risquent de se désintéresser totalement de propos trop difficiles ou obscurs et jouer bruyamment... Pour surmonter ces difficultés, il faut s'imposer clarté et brièveté si nécessaire. Une ligne directrice claire doit aider l'auditeur à suivre. Il faut retenir l'attention des enfants (agadot, récits) tout en intéressant les plus savants par une approche originale de la paracha de la semaine et dans la mesure du possible, par la recherche d’enseignements peu connus (avec toutes les références nécessaires évidemment).

L'intérêt avec lequel ces commentaires ont été reçus au fil des années m’a encouragé à persévérer. J’exprime ma reconnaissance aux rabbins et responsables communautaires qui m’ont invité à prendre la parole à diverses occasions[13]. Le texte de ces premiers essais a été mis par écrit et complété. Un rabbin ou un talmid ‘hakham jugerait probablement cela inutile car le processus d’écriture (écriture, relectures, corrections, mise en page, finitions) est très long, réduisant le temps de l’étude elle-même. L’édition hébraïque permet l’accès direct aux sources et à des compilations détaillées[14] ; des traductions de valeur sont disponibles tant en anglais qu’en français, même s’il y aurait beaucoup de réserves à formuler sur les transcriptions des noms[15] et dans les choix de traductions[16]. Pourquoi donc s’astreindre à ce labeur au lieu de réserver les temps libres à l’étude elle-même ? Il m’était indispensable de fixer ma dracha (pour éviter toute erreur dans la transmission d’enseignements sacrés et disposer des références en cas de questions). Une fois écrites ces premières notes, une seconde étape a consisté en l’élaboration d’un texte destiné à faciliter mes propres révisions sur le fond. J’ai tenté de réunir en un texte ordonné à mon usage des enseignements sélectionnés à partir de mon étude de la tradition rabbinique exprimée par les grands commentateurs traditionnels[17]. Aussi, ce texte présente-t-il la tradition rabbinique sur la Torah et non des vues personnelles[18]. Très rares sont les passages où sont avancées des hypothèses résultant de ma propre lecture ; le lecteur pourra alors les identifier sans mal - ils seront introduits par les mots « peut-être » ou « probablement »; il pourra donc les ignorer[19].

Transmettre dans son authenticité la Torah, lire et commenter la parole divine, sont des occupations fondamentales dans l'existence juive. Pour en préserver la version originale, les Juifs ont veillé soigneusement sur elle, depuis l’origine et jusqu’à ce jour. L’objectif est constant : en préserver l’authenticité sinaïtique dans le moindre détail (jusqu’à la cantillation). La tradition massorétique a fixé le texte authentique d’origine divine jusque dans ses moindres détails tel que donné à Moché au Sinaï (orthographe, espaces entre mots, sauts de paragraphes, té’amim, ponctuation, signes diacritiques…). Il fallait éviter que des variations fautives ne passent pour authentiques et ne soient conservées par erreur. Cet effort millénaire a été couronné de succès puisque de nos jours, le texte des rouleaux de la Torah (sifré Torah) sont identiques partout dans le monde : les rouleaux ashkénazes ne diffèrent de ceux des séfarades que d’une seule lettre[20]. De plus, la version massorétique du Tanakh[21] est attestée par les découvertes les plus récentes.

Lorsque la Torah est lue à la synagogue, le rouleau manuscrit (séfer Torah) est cérémonieusement retiré de son armoire [22] et promené dans l’assemblée. Un fidèle désigné procède à la hagbaha (élévation) du sépher ouvert[23]. Il est écrit לֹא-יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche et tu la méditeras jour et nuit, afin de la ‘garder’ pour faire tout ce qui y est écrit…» (Yéhochoua’ 1, 8).

Ce qu’exprime ce verset, m’a été enseigné par l’exemple : mon père et maître Ya’akov Bakis ז"ל   m’a donné le goût de l’étude de la Torah ; il m’a raconté que son propre père ז"ל dont le prénom m’a été transmis « étudiait la Torah dans son magasin de tissus chaque fois qu’il avait un moment de libre, entre deux clients. »[24]. Ce goût de l’étude m’a également été transmis par mes maîtres, au Talmud Torah de Bône. R’ halimi ז"ל enseignait la lecture aux plus petits. R’ Zerbib ז"ל un été, a assuré à la fois des cours et la ché’hita des poulets. R’ Moché Ifrah ז"ל faisait vivre devant sa classe les histoires tirées de la Torah grâce à son merveilleux talent de conteur[25]. R’ Emmanuel Chouchena זצ"ל recommanda à ses élèves d’acquérir une édition imprimée de la Torah, ajoutant en souriant : « Ce livre vous servira toute votre vie, alors que chaque année vous serez obligés de changer vos livres [au collège] chaque fois que vous monterez dans une autre classe ! »[26] - remarque qui m’a accompagné jusqu’à présent. L’exemple de mon grand-père maternel, Yossef Cohen ז"ל, voisin et ami de R’ Ra’hamim Naouri זצ"ל à Bône, m’a indiqué l’importance d’une étroite implication communautaire[27].

R’ Ari hakadoch enseigne : il y a « 600 000 explications à la Torah » et « Moché a eu le privilège de les connaître toutes ». R’ Ya’akov Abeh’ssera זצ"ל enseigne également que Moché connut toute interprétation qui sera mise à jour par les sages des époques ultérieures[28]. La tradition orale affirme que chaque Juif est détenteur de lumières originales sur la compréhension de la Torah : cela parce que ces lumières ont été révélées à son âme lorsqu’elle était présente lors du don de la Torah au Sinaï et lorsque le bébé était encore en gestation[29]. Il y aurait donc 600000 manières d’interpréter la Torah (des facettes différentes pour comprendre la richesse de la Torah en pleine conformité avec le sens révélé et transmis par la tradition). Ce Livre ne livre jamais tout son contenu, quelle que soit l’érudition de ses lecteurs ! Certaines lumières attendent d’être retrouvées puis partagées par tous, entrant de plein pied dans le patrimoine du peuple juif[30]. C’est grâce à l’étude de la Torah que ces lumières exclusives doivent être retrouvées[31]. Cette tradition est fondamentale en ce sens qu’elle interdit le dogmatisme : elle encourage l’ouverture et la lecture six cent mille fois (et plus) recommencée en vue de la collecte des lumières perdues dont chacun conserve l’intuition sa vie durant : et qui fait de chaque personne est un individu unique[32] au rôle irremplaçable[33]. Cette tradition explique-t-elle l’effort juif plus que trimillénaire pour comprendre, traduire et commenter la Torah ? Cet effort de chacun est irremplaçable, la densité sémantique de la Torah étant infinie, à la mesure de la sagesse de son Auteur. R’ Eli’ézer, sur son lit de mort a fait remarquer à R’ ’Akiba et à ses compagnons : « Même si toutes les mers étaient d'encre, tous les étangs plantés de calames[34], si le ciel et la terre étaient des parchemins et tous les hommes des scribes, ils n'épuiseraient pas la Torah. » [35] Et il ne parlait que de ce qu'il avait appris de ses maîtres : « Je n'avais déjà retenu de mes maîtres que ce qu'un homme retient lorsqu'il trempe son petit doigt dans la mer et je n'ai donné à mes disciples que ce qu'un pinceau prend d'une coquille d’œuf [pleine de peinture]. »[36]

Ces précisions indiquent que le sens contenu dans la Torah est inépuisable ; celui qui l’étudie y découvre sans cesse de nouveaux aspects et un intérêt toujours nouveau. Aujourd’hui encore, après avoir été commentée depuis des siècles, elle offre à chaque nouveau disciple la même abondance d’idées et la même richesse de valeurs spirituelles et morales qu’au jour de la Révélation »[37]: aucun texte au monde ne recèle de telles possibilités... Cela n'a rien à voir avec les livres profanes qui, une fois l'histoire comprise, ont "livré" tout ce qu'ils contenaient ou presque : même les meilleurs livres académiques sont limités par les possibilités de l'expression humaine... Avec la Torah, l'inépuisabilité du sens s'impose au plus récalcitrant (de bonne foi) et révèle qu'une lumière divine éclaire ce Texte unique à l’image de Hachèm ית"ש [38].

Lors de la fête de Chavou’ot qui commémore le don de la Torah, il est de coutume de consommer des produits laitiers. Le lait renvoie à l’image du nouveau-né qui découvre le monde pour la première fois[39]. En consommant des laitages en ce jour, l’homme doit considérer qu’il vient de recevoir la Torah que chaque jour son étude mérite une attention neuve. La Guémara affirme : « Tant que l’homme méditera ses enseignements, il y trouvera du goût »[40]. D’où le verbe conjugué au présent dans la bénédiction finale relative à l’étude de la Torah : המלמד  « enseigne », נותן « donne »[41]. On ne lit pas « qui a enseigné » ni « qui a donné la Torah » ! Le processus est permanent et concerne toutes les générations.

C’est pour explorer cet infini sémantique que se sont multipliées les traductions juives[42], commentaires et exégèses qui, selon les époques et les techniques disponibles ont pris la forme de sermons oraux, de cours, de manuscrits, de tapuscrits (textes dactylographiés), de textes imprimés et de fichiers numériques. La diffusion de la Torah[43], du Talmud et des écrits rabbiniques s’étend aujourd’hui avec l’utilisation des logiciels de traitement de texte, l’informatique et les télécommunications (Internet[44]). Mais ces commentaires doivent rester conformes à l’enseignement rabbinique, talmudique et même à la tradition cabalistique. Sans quoi, les propos construits autour du texte biblique ne sont que vain bavardage et il serait préférable de s’abstenir d’en prendre connaissance si l’on veut avoir accès à la parole divine et non à de la littérature profane bâtie avec un matériau détourné de son but. Pour se protéger d’une telle éventualité, nombreux sont ceux qui ne s’intéressent à un livre que s’il est précédé d’une (ou plusieurs) autorisations ou de lettres de bénédictions à l’auteur de la part d’autorités rabbiniques.

Il convient, aussi, de ne pas oublier qu’une aide divine est indispensable pour progresser dans l’étude de la Torah (au sens large : y compris Talmud, etc.). Ce progrès est dû, non à nos efforts (indispensables, certes), mais à la volonté du Saint, béni soit-Il, d’ouvrir notre accès à la compréhension. Sans quoi le texte peut rester totalement hermétique et cela est vrai même pour Moché, comme on le constate dans l’une des dernières parachas de la Torah : Wayélekh. Avant sa mort Moché dit : וַיֹּ֣אמֶר אֲלֵהֶ֗ם בֶּן־מֵאָה֩ וְעֶשְׂרִ֨ים שָׁנָ֤ה אָֽנֹכִי֙ הַיּ֔וֹם לֹֽא־אוּכַ֥ל ע֖וֹד לָצֵ֣את וְלָב֑וֹא וַֽיְיָ אָמַ֣ר אֵלַ֔י לֹ֥א תַֽעֲבֹ֖ר אֶת־הַיַּרְדֵּ֥ן הַזֶּֽה׃ « je suis aujourd’hui âgé de 120 ans, je ne pourrai plus aller et venir et Hachèm m’a dit : ‘Tu ne traverseras pas ce [fleuve, le] Jourdain’ » (Dévarim, 31, 2). Ce verset pose problème car on apprend dans WéZoth habérakha, la toute dernière paracha qu’on lit lors de la fête de Sim’ha Torah, que Moché avait conservé tous ses moyens physiques lors de sa mort à 120 ans וּמֹשֶׁ֗ה בֶּן־מֵאָ֧ה וְעֶשְׂרִ֛ים שָׁנָ֖ה בְּמֹת֑וֹ לֹֽא־כָהֲתָ֥ה עֵינ֖וֹ וְלֹא־נָ֥ס לֵחֹֽה׃ « Et Moché avait 120 ans à sa mort, son aspect n’avait pas changé, sa vigueur ne l’avait pas fui » (Dévarim, 34, 7). En fait, le verset fait allusion à la perte de la capacité de Moché à comprendre la Torah. Rachi commente : « pour vous diriger dans la Torah. Ceci nous enseigne que les traditions et les sources de la sagesse lui ont été fermées. »[45] Et c’est alors que Moché a compris qu’il avait cessé d’être le dirigeant spirituel des enfants d’Israël et que le moment était venu pour lui de laisser la place à son successeur.

L’accès à la compréhension est impossible sans l’aide divine, condition nécessaire pour l’étude de la parole divine. Le lecteur de la Torah non informé, celui qui commence l’étude du Talmud dépourvu de cette disposition d’esprit sera conduit à des contresens. S’il ne parvient pas à s’intéresser à son étude, il déduira que c’est le Texte qui est hermétique par nature. Il n’imaginera pas que la compréhension lui est interdite ! Sa constatation ne correspondra en fait qu’à sa propre impossibilité d’accéder au sens.

Pour progresser dans l’étude de la Torah, il faut :

- un corps et un état d’esprit dans des conditions de réception optimale (respect des mitsvot[46] ; ne pas négliger la santé ; s’efforcer d’être joyeux et serein) ;

- faire préalablement la bénédiction adéquate, car l’étude de la Torah n’a pas pour but une stimulation intellectuelle, mais l’entrée en ‘dialogue’ avec Hachèm ית"ש ; par cette bénédiction, l’étude acquiert le statut qui convient[47];

- beaucoup de travail, sans en tirer cependant orgueil, comme le rappelle R’ Yo’hanan Ben Zakaï : רבן יוחנן בן זכאי קיבל מהלל ומשמאי.  הוא היה אומר, אם עשית תורה הרבה--אל תחזיק טובה לעצמך, כי לכך נוצרת. « Si tu t’es beaucoup appliqué à l’étude de la Torah, ne t’en fait pas un mérite, car c’est pour cela que tu as été créé » (Michna Abot, 2, 9) ;

- il faut surtout prier humblement le Saint, béni soit-Il, afin qu’Il daigne nous ouvrir les portes de la Torah, car l’effort ne suffit pas : tout est don du Ciel[48]. Qui est né hors du judaïsme peut aussi accéder à la Torah car, donnée dans le désert, elle appartient à tous les êtres humains[49].

Mon père et maître, Jacob Bakis ז"ל disait : « Un homme de bien est un homme qui a l’amour de la Torah. »[50]. Que ces paroles de Torah témoignent de la transmission effective de son amour de la Torah à ses enfants et à ses petits-enfants. Qu’elles permettent l’élévation de son âme et apportent la consolation à tous ceux qui l’ont aimé et à tous ceux qui ont perdu un être cher. Amen !


NOTES 

[1] Pour les questions halakhiques, consulter un Rav.

[2] אמר מר נאמר מועדו בפסח ונאמר מועדו בתמיד מה מועדו האמור בתמיד דוחה את השבת אף מועדו האמור בפסח דוחה שבת (T.B. Pessa’him 66a). Hillel a utilisé la règle de comparaison (guézéra chava) : la Torah emploie le terme « mo’ed » (rendez-vous, date fixée) à la fois pour l’offrande pascale et pour l’offrande communautaire quotidienne. L’emploi de ce terme (impliquant fixité dans le calendrier) repousse le chabbat pour l’offrande communautaire quotidienne aussi bien que pour l’offrande pascale. וְיַֽעֲשׂ֧וּ בְנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֛ל אֶת־הַפָּ֖סַח בְּמֽוֹעֲדֽוֹ׃ « Les Enfants d’Israël feront Pessa’h en son temps » (Bamidbar 9, 2) ; צַ֚ו אֶת־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל וְאָֽמַרְתָּ֖ אֲלֵהֶ֑ם אֶת־קָרְבָּנִ֨י לַחְמִ֜י לְאִשַּׁ֗י רֵ֚יחַ נִֽיחֹחִ֔י תִּשְׁמְר֕וּ לְהַקְרִ֥יב לִ֖י בְּמֽוֹעֲדֽוֹ׃ « Ordonne aux Enfants d’Israël et dis leur : Mon korban, Mon pain pour Mes feux [de l’autel], l’odeur de Mon agrément, vous les garderez pour Me les approcher en leurs temps » (Bamidbar 28, 2).

[3] Et ajoute : אלא ק"ו דאדם דן מעצמו  « mais un raisonnement a fortiori que chacun peut faire de sa propre initiative, vous auriez dû le faire ». T.B. Pessa’him 66a. (trad. Verdier, 1986, n. 24, p. 63).

[4] Trad. Pessa’him 66a, Verdier, 1986, n. 24, p. 63.

[5] Sur l’usage de ‘paracha’ ou de ‘sidra’, voir chapitre Way’hi.

[6] L’étude s’appuie ici: sur les textes sacrés relevant de la tradition écrite et orale (traductions araméennes de la Torah par Onkelos et R’ Yonathan ben ‘Ouziel, Michna, Tossefta, Talmud, Midrach etc.) ; sur les commentaires traditionnels (commentaires de rabbins d’autrefois ou d’aujourd’hui, à travers les auteurs et traducteurs d’exégèses traditionnelles imprimées ; mais aussi à travers les enseignements oraux qu’il m’a été donné d’entendre de tel ou tel dorech (auteur de dibrey Torah ou dracha). Nous suivons le principe suivant : tout auteur ou tout dorech dont le commentaire aura été repris sera cité. Ma gratitude va aussi à chaque auteur dont j’ai eu les ouvrages entre les mains, à chaque dorech entendu directement ou par des enregistrements, à chaque personne avec qui j’ai pu parler de Torah… ; ils m’ont probablement influencé plus que cela apparaît. Comme c’est l’usage dans les écrits rabbiniques après les noms de personnes décédées, on trouvera ici les lettres ז"ל (se prononce « zal ») ; זצ"ל (« zatsal »). L’indication זצ"ל s’applique en principe à partir de la période des a’haronim à un tsadik. On ne s’étonnera donc pas de ne pas trouver ces indications pour Moché, les Tanaïm, les Amoraïm, Rachi, Ramban, Rambam. Pour les autres, cela correspond souvent à l’attribution d’un rang dans la reconnaissance - mais n’est pas toujours le cas, un tsadik comme Ari hakadoch étant traditionnellement dit Ari ז"ל). Ici, nous utiliserons en principe זצ"ל, tous ces maîtres étant également vénérés.

[7] La fixation de la loi à appliquer (halakha) relève de codes spécialisés (choul’hane ‘aroukh et ses commentaires) et impose la consultation d’autorités rabbiniques.

[8] Le chabbat, les drachot rabbiniques ont lieu à différents moments selon les communautés : vendredi entre min’ha et ‘arbit ou après l’office ; le samedi, avant la prière de Moussaf; après l'office soit dans un cours destiné aux seuls volontaires soit pendant une collation précédée du kidouche ou au cours du deuxième repas; le samedi après-midi lors du "troisième repas" après l'office de Min'ha. Nombreuses sont les occasions familiales où sont prononcées des drachot: cérémonies des chélochim ou anniversaire de décès ; discours du Bar mitsva ; chéva’ bérakhot (semaine suivant un mariage) ; etc. De nombreux sujets exposés dans La voix de Jacob pourront inspirer les lecteurs en de telles occasions.

[9] Et la volonté d’apprendre de chacun. Comme l’enseigne le Roi Davidמִכָּל־מְלַמְּדַ֥י הִשְׂכַּ֑לְתִּי כִּ֥י עֵֽ֝דְו‍ֹתֶ֗יךָ שִׂ֣יחָה לִֽי׃ « De tous ceux qui m’ont appris, j’ai retenu » (Téhilim 119, 99). S'appuyant sur ce verset, Ben Zoma généralise :  איזה הוא חכם--הלמד מכל אדם « Qui est le vrai sage ? Celui qui apprend de tout homme » (Michna Abot, 4, 1).

[10] Le souci de précision se traduit aussi par l’abondance des notes : nous tenons à ce que le lecteur puisse remonter aux sources que nous citons pour approfondir son étude. Ce faisant, nous nous conformons à l’injonction de חז"ל, nos Sages de mémoire bénie : כל האומר דבר בשם אומרו, מביא גאולה לעולם « Celui qui rapporte un enseignement au nom de celui qui l’a transmis apporte la délivrance au monde » (Michna Abot 6,6). La Reine Esther avait déjà agi de la sorte ותאמר אסתר למלך בשם מרדכי (Esther 2, 22); elle rapporta au roi les propos de Mordékhaï en son nom.

[11] De même, un officiant doit ressentir que ce n’est pas devant l’assemblée qu’il prie, mais devant Hachèm.

[12] R’ Ele’azar de Modi’ine met en garde : והמגלה פנים בתורה--אף על פי שיש בידו מעשים טובים, אין לו חלק לעולם הבא « celui qui dévoile dans la Torah des aspects contraires à la halakha, même s’il a à son actif Torah et bonnes actions, il n’a pas de part au monde futur » Pirké abot, 3,14 (11).

[13] Je remercie la Fraternelle Israélite Montreuilloise qui m’a donné l’impulsion nécessaire (à partir de 1987 et jusqu’à mon départ pour Montpellier en 1996).

[14] Nombreuses éditions différentes de Mikraot guédolot, dont : Mikraot Guédolot haMaor (5 vol.) ; Cha'aré Aharon (présente 25 commentateurs majeurs). Grâce à la multiplication des publications et notamment des traductions de bonne qualité il est possible de commencer l’étude de la Torah, du Talmud, du midrach et des commentateurs, mais attention cependant : rien ne remplace la transmission orale de maître à élève.

[15]  Voir : Interpréter la Torah, tome 6 de la série La voix de Jacob (chapitre 1).

[16]  Voir : Interpréter la Torah, tome 6 de la série La voix de Jacob (chapitre 1).

[17] Cet ouvrage ayant vocation à paraître un jour sous forme numérique בעז״ה, la recherche de l’emplacement exact de la citation sera facile.

[18] J’ai hésité à publier ces drachot car les publications de cette nature devraient être réservées à ceux qui ont étudié le Tanakh, le Talmud et la halakha de manière approfondie. Mais, ayant été invité à commenter la Torah publiquement, il m’a semblé alors indispensable de fixer l’intervention, dans un écrit, quitte ensuite à adopter le style oral indispensable. Ces textes* ont été repris et augmentés (à partir de 2002), en vue de l’élévation de l’âme de mon père et maître Ya’akov Bakis ז"ל lé’ilouy nichmat haniftar à qui j’offre ces paroles de Torah - je prie le Saint, béni soit-Il, de lui en transférer le mérite, ainsi qu’à ma mère chérie תחי'.

* Il s’agit de drachot que j’ai été invité à prononcer principalement devant le Kahal de la synagogue de la FIM, Montreuil-sous-Bois (1987-1993) ; devant celui de la Synagogue R’ Ména’hem Mendel Schneerson, Montpellier (1998-2005); et dans le cadre de l’ACIM, Consistoire de Montpellier (Synagogue Ben Zakaï, depuis 2004).

[19] Cette discrète ouverture a semblé indispensable puisque l’on sait qu’il importe de révéler des éclats originaux de la compréhension de la Torah. Raison supplémentaire : le bienfait que cela apporte à l’âme des parents décédés, ou au mérite des parents vivants : « rien n'égale l'étude de la Torah… et cette étude a un plus grand pouvoir que toutes les autres choses car par elle on fait entrer le Niftar [décédé] au Gan Eden. Et si le fils a le mérite de dire ses propres ‘Hidouchim … dans la Tora, on ne peut imaginer l'honneur qui est fait à son père dans la Yéchiva d'en haut » H'azone Lamo’ed, p. 68, cité par A. Ch. Mimoun (1996), Notions sur le quadich et conseils pour l’élévation de l’âme de nos chers disparus, Jérusalem, 64 p (voir p. 32). Il paraît donc possible de suggérer des interprétations chaque fois qu’elles semblent compatibles avec la tradition : les érudits en Torah sauront faire le tri, entre les nouveautés et la redécouverte d’enseignements que j’ignorais. Quand bien même ces efforts auraient été inutiles (car les commentaires autorisés que j’ignore sont innombrables, sans compter les manuscrits anciens inédits !) cela aurait valu la peine d’être tenté. Pour R’ Léon Askénazi זצ"ל, le ’hidouch est « un renouvellement de sens et il n’est authentique que s’il vient à être compatible avec tous les enseignements de la Tradition » - R’ L. Askénazi (1997), Leçons sur la Torah. 2007, A. Michel.

[20] לֹֽא־יָבֹ֧א פְצֽוּעַ־דַּכָּ֛ה וּכְר֥וּת שָׁפְכָ֖ה בִּקְהַ֥ל יְיָ ׃ (Dévarim 23,2 – notation sépharade du mot דַּכָּ֛ה avec un final; notation ashkénaze: דַּכָּ֛א.

[21] Mot, utilisé pour désigner toute la Bible juive, construit à partir des initiales hébraïques des mots : Torah, Prophètes (Néviim), Ecrits (Kétouvim).

[22] Ou local réservé à la conservation de ces manuscrits dans la synagogue (hékhal, ou Aron hakodèch).

[23] Les Séfarades avant sa lecture ; les Achkénazes, les ‘Hassidim et les Sfards après. La coutume d’Alger précise : « C’est le fidèle désigné par le Gabaï qui fait la hagbaha en tournant sur la gauche… On fait un tour complet » S. Darmon (1995), Le Livre de nos Coutumes…, 2è édition, Jérusalem, p. 292.

[24] La mémoire familiale mentionne l’ancêtre Hellel Lévi ז"ל qui passait pour avoir été un rabbin érudit en Torah et dont j’ai hérité du prénom. Arrière-grand-père de mon propre grand-père Hellel Henri Bakis ז"ל, il a vécu dans la première moitié du 18ème siècle (Constantine, famille expulsée de Provincia, d’où la transmission vigilante du « i » de Lévi). La redécouverte de l’existence du Dayan R’ Yécha’ya Bakish זצ"ל (juge et cabaliste du 16ème siècle) a joué un rôle également.

[25] Il les mettait même en scène, avec des gestes expressifs et en marchant à travers sa classe (Algérie, v. 1955-début 1962). Voir par ailleurs : S. Darmon (2007), Contes et récits des Juifs d’Algérie, pp. 146-152, Editions ESDE – A.I.T.A., BibliEurope, Paris, 456 p.

[26] Il accueillait ses nouveaux élèves. Rentrée 1960. C’est lui également qui nous a familiarisé avec l’hébreu moderne en nous faisant acquérir un petit ouvrage illustré.

[27] Il a fait partie du Consistoire israélite de Bône (années 1950). J’avais aussi connaissance du rôle de Baroukh (Barok) Bakis ז"ל (1880-1943) cousin de mon grand-père paternel, qui fut membre du Consistoire israélite et Conseiller municipal de Bône jusqu’à son décès (il prit notamment à cœur l’aménagement du cimetière juif, faisant construire - de sa poche - un mur tout autour pour le mettre à l’abri des divagations du bétail).

[28] וְאֵ֣ת ׀ שְׂעִ֣יר הַֽחַטָּ֗את דָּרֹ֥שׁ דָּרַ֛שׁ מֹשֶׁ֖ה וְהִנֵּ֣ה שֹׂרָ֑ף וַ֠יִּקְצֹף עַל־אֶלְעָזָ֤ר וְעַל־אִֽיתָמָר֙ בְּנֵ֣י אַֽהֲרֹ֔ן הַנּֽוֹתָרִ֖ם לֵאמֹֽר׃ « Moché demande ; le bouc du ‘hatat [sacrifice pour le péché ] voici, il a été incinéré. Il se met en colère contre Èl‘azar et contre Itamar, les fils d’Aharon qui restaient, pour dire » (Wayikra 10, 16). Le mot daroch est d’abord en fin de ligne (cela implique : ce qui sera enseigné jusqu’à la fin des temps), alors que le second darach se trouve au début de la ligne suivante (cela implique : Moché avait reçu tout cet enseignement à son époque). R’ Ya’akov Abeh’ssera, Pitou’hé ‘Hotam, p. 291-292.

[29] Selon l’enseignement de R’ Simlay (T.B. Nida 30b). Cela à partir des versetsבְּהִלּוֹ נֵרוֹ, עֲלֵי רֹאשִׁי; לְאוֹרוֹ, אֵלֶךְ חֹשֶׁךְ. , « Quand Sa lampe brillait au-dessus de ma tête et à Sa lumière je marchais dans les ténèbres » (Iyob/Job 29,3) et וַיֹּרֵנִי--וַיֹּאמֶר לִי, יִתְמָךְ-דְּבָרַי לִבֶּךָ; שְׁמֹר מִצְו‍ֹתַי וֶחְיֵה « Et Il m’instruisit et me dit : ‘Que ton cœur s’attache à Mes paroles, observe Mes commandements et tu vivras » (Michlé /Proverbes 4,4).

[30] Il convient d’approfondir l’étude de la Torah afin d’éviter que ne s’applique à nous le reproche fait en son temps par le Ribach dayan d’Alger : « toratam hayéta tora kétsarah » (leur Torah était une Torah courte [à courte vue] », Tachbets III, 227, cit. Simon Darmon, Le livre de nos Coutumes, 2e Ed. 1995, Jérusalem, p. 28.

[31] Evidemment, cela ne devra pas procéder de suppositions personnelles : l’avis autorisé des personnes instruites dans la Loi écrite et orale reste seul valable pour déceler ce qui, dans les tentatives de chacun pour contribuer à l’étude collective, révèle l’éclat original dont son âme a été dépositaire.

[32] Cette affirmation d’ordre spirituel a un pendant biologique: des systèmes sophistiqués s’appuient sur les spécificités individuelles des empreintes digitales et l’aspect de l’iris pour l’identification des personnes. La probabilité d’iris identiques serait nulle !

[33] Comme l’enseigne R’ Y. Abou'hatséra זצוק"ל, sur Chémot 28, 9: D.ieu ordonne à Moché de ‘graver sur ces pierres [d’onyx: שֹׁ֑הַם est l’anagramme deמֹשֶׁ֔ה ] les noms des Enfants d’Israël’, afin que chacun apporte sa découverte » bien que tout lui ait été transmis, à lui, Moché (Pitou’hé ‘hotam, éd. Yéchiva Ner Yits’hak, p. 252). Mais attention : une connaissance approfondie de la Torah et du Talmud est indispensable pour éviter des déductions erronées et rester conforme. Voir aussi : l’enseignement du camelot à R’ Yanaï (ci-après, sur 28- Metsora’).

[34] Plume taillée dans du roseau servant à écrire les rouleaux de la Torah (par les Sépharades en principe mais la plume d’oie est utilisée de plus en plus souvent, tout comme les Ashkénazes).

[35] Avot de Rabbi Nathan -A, chap. 25. Trad. Eric Smilevitch (Leçons des pères du monde, Verdier, Lagrasse, 1983, p. 194) et Rabbin M.A. Ouaknine, Le livre brûlé, Lieu commun, Paris, 1986, p. 277.

[36] Il ajoute : « J'ai découvert près de trois cent règles » concernant une prescription biblique ; et, selon certains, il aurait dit trois mille règles. En effet, la possibilité de ‘hidouchim dans l'interprétation (explications nouvelles) est affirmée par la tradition. Ainsi, R’ Yéhochoua’ de Pik’in visitant une maison d’étude demanda : מה חידוש היה בבית המדרש היום « Quoi de nouveau aujourd’hui ? » et il affirma à cette occasion: אף על פי כן אי אפשר לבית המדרש בלא חידוש  « Il n’est pas possible tout de même qu’il n’y ait rien de nouveau dans une maison d’étude » (T.B. ‘Haguiga 3a). Cependant, toute la Torah écrite et orale dans tous les détails a été dévoilée à Moché sur le Sinaï, y compris les ‘hidouchim formulés par les générations ultérieures - - Avot de Rabbi Nathan -A, chap. 25, éd. Verdier, 1983, p. 194. Mais avant de produire des analyses innovantes, les maîtres ont assimilé l’ensemble de la Torah écrite et orale (et leurs commentaires) ; alors - et alors seulement – ils reçoivent l’inspiration divine et produisent de véritables ‘hidouchim. Celui qui ne maîtrise pas la tradition ne doit pas présumer de ses forces à moins de se berner d’illusions. Les autres ne peuvent que produire des « hypothèses de ‘hidouchim » à valider par les maîtres de la tradition. Le Roi Chélomo enseigne les étapes à suivre שְׁתֵה-מַיִם מִבּוֹרֶךָ; וְנֹזְלִים, מִתּוֹךְ בְּאֵרֶךָ. « Bois les eaux de ta citerne, de ce qui coule dans ton puits (Michlé 5, 15). La citerne (bor) ne contient pas une seule goutte de plus que ce qu’il y a été déposé. Le puits (beer) fournit de l’eau « nouvelle ».

[37] R’ E. Munk (1993), Le monde des prières, Keren hasefer véhalimoud, Paris, p. 67

[38] יתברך שמו (yitbarakh chémo) : bénédiction traditionnelle après la mention de Hachèm.

[39] R’ Chelomo ben Chemouel Chemama זצ"ל, dans Bigdé Chech (1855, Tunis), cit. R’ D. Settbon, p. 383.

[40] T.B. Erouvin 54a-54b.

[41] « Qui donne » et non « qui donne à Son peuple Israël » parce que la Torah reste à la disposition « de tous les vivants pour les conduire à la vie éternelle » (Midrach sur Ps. 1,3). Yarvetz, cit. R’ E. Munk (1993), Le monde des prières, pp. 67-68.

[42] Ci-après, nos traductions de l’hébreu s’appuieront sur diverses traductions en français: notamment: Bible du Rabbinat français (édition refondue de la trad. de R’ Zadok Kahn זצ"ל, 1899 - Colbo, Paris, 1966, 1221 p. ; en ligne http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0.htm (et http://www.sefarim.fr/); trad. Kohn, Gallia v. 2000; André Chouraqui, trad. non rabbinique très proche d’un hébreu moderne souvent compris littéralement (trad. entre 1974 et 1985, La Bible, Desclée de Brouwer, 2430 p. ; en ligne sauf Dévarim après 15, 23: http://nachouraqui.tripod.com/, http://nachouraqui.tripod.com/id91.htm); etc. Diverses autres traductions existent, mais il convient d’être extrêmement prudent dans leur utilisation : elles s’écartent souvent de l’original hébraïque et ignorent les lumières de la Torah orale, indispensables pour la compréhension des versets.

[43] L’original hébraïque de la Torah (‘houmach, Néviim, Kétouvim) a été posté sur Internet par l’Institut Mekhone Mamré (en ligne http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0.htm avec traduction du rabbinat français face à chaque verset). Ce texte correspond à la version yéménite de la Torah et on y trouve quelques différences avec la massorah selon la tradition séfarade : ainsi en est-il pour :

- Chémot 20, 13-14, les verbes  תִּנְאָ֑ף,  תִּרְצָ֖ח, תִּגְנֹ֔ב ne comportent pas le daguech (voir R’ Munk zts’l sur ces versets). Un texte hébraïque se trouve également sur séfarim.fr (et http://www.sefarim.fr/), mais on n’y trouve pas plus les daguèch, le texte étant probablement celui de Mekhone mamré.

- Chémot 20, 14 de Mechon Mamré (וְכָל־הָעָם֩ רֹאִ֨ים אֶת־הַקּוֹלֹ֜ת ) correspond au - Chémot 20, 15 de la plupart des éditions (R’ Munk, p. 214).

[44] Voir : R’ Ch. Aviner, « Internet pour internet, qu’il soit au moins cacher », http://www.ateretmedia.org/pdffrc/pdffrc_RavChlomoAviner065.pdf

 

[45] Sur Dévarim, 31, 2. Autre explication : « Je [Moché] n’y suis plus autorisé, le pouvoir m’a été repris et il a été remis à Yéhochoua’ ».

[46] Un moteur développe-t-il les capacités prévues par l’ingénieur qui l’a conçu sans respect de sa notice de fonctionnement (type de carburant indispensable, entretien, causes de dysfonctionnement à éviter, mises en garde par rapport à un usage inadapté) ?

[47] Celui qui étudie la Torah sans « sentir le souffle de l'éternité sur son visage, perd une parcelle de l'au-delà… passe à côté de la sainteté, l'essence même de l'étude de la Torah ». Cit. R’ Ari Kahn, Bé’houkotay, Lamed.fr (consult. août 2007). Le Temple a été détruit « parce qu'ils ne faisaient pas de bénédiction avant d'étudier la Torah » (T.B. Nédarim 81a).

[48] Le plus important n’est pas le savoir pour le savoir, mais le savoir pour l’action comme l’enseigne Rabbi ‘Hanina ben Dossaכל שמעשיו מרובין מחכמתו, חכמתו מתקיימת; וכל שחכמתו מרובה ממעשיו, אין חכמתו מתקיימת.    « Il disait : celui dont les actions dépassent sa sagesse, sa sagesse se maintiendra ; et celui dont la sagesse est plus grande que ses actions, sa sagesse ne se maintiendra pas » (Pirké abot 3, 12).

[49] « Quiconque désire la recevoir qu’il vienne et la reçoive » (Yalkout Chémot 19,2) ; R’ Yéhouda dit que la Torah est comparée à l’arbre de vie ; comme cet arbre, préparé au gan ‘Eden pour tous les êtres humains, la Torah est à la disposition de tous pour les conduire à la vie éternelle » (Midrach Téhilim 1,3) ; qui « accomplit les commandements divins vivra par eux » (Sifra, Wayikra 18,5) - cit. R’ E. Munk, Le monde des prières, éd. 1993, p. 67.

[50] Parole qui exprimait bien sa pensée et son comportement, prononcée quelques semaines avant la fin de ses jours ici-bas, survenue le 22 Ab 5762. Voir aussi son interprétation sur un mot du Hallel : Gilles Joseph Bakis (2002), Sur AROMEMEKA (Ps. 118, 28) : une interprétation biblique de Ya’akov Bakis ז"ל, Dracha, Hotsaat Bakish, Montpellier, 8 p. Dracha prononcée à la téba, le 10 août, lors de la cérémonie des chélochim, Chabbat Michpatim 5762. Synagogue Heikhal David, Le Perreux (Val-de-Marne).