050. Rabbi Echtori ben Moïse HaPar’hi

 

50. Rabbi Echtori ben Moïse HaPar’hi 

 

Premier chercheur en terre sainte, ce sage a élucidé les détails ies lois relatives à Eretz Yisrael par des investigations sur le terrain

 

Originaire de Provincia, Rabbi Echtori ben Moïse HaPar’hi (1280- 1345) fut le disciple de R’ Nattan ben Meir, son grand père maternel, à Trinquetaille. Il étudia l'astronomie à Montpellier de son parent R’ Jacob ben Ma’hir Ibn Tibbon. Il fut également compétent en latin, en arabe, en médecine et dans les sciences. 

Il fuit la France pendant l'expulsion de 1306 et comme la majorité de réfugiés juifs, il alla d'abord à Perpignan, puis à Barcelone. Là, il traduisit en hébreu plusieurs oeuvres médicales, y compris le « de Remediis » d'Armengaud Blaise dont le texte latin original a été perdu par la suite. De ce fait, toutes les traductions suivantes de ce travail ont été basées sur la traduction hébraïque de Rabbi Echtori.

En 1313 il alla au Caire et puis en Eretz Yisrael où il voyagea pendant sept ans. Dans son Kaftor va Fera’h (1322) il a enregistré ses observations sur la géographie, l’histoire, l’archéologie et les antiquités, la flore et la faune, les pièces de monnaie, les poids et les mesures, ainsi que les coutumes des juifs, des Kara'ites, des Samaritains, des Arabes et des Chrétiens. Il a soigneusement comparé ses observations avec les constatations figurant dans la littérature juive ancienne.
Le but principal du livre de Rabbi Echtori, cependant, est d'expliquer les détails des lois concernant Eretz Yisrael de sorte qu'elles puissent être rétablies quand le peuple regagnera sa terre promise. Sa qualité de talmudiste est mise en évidence non seulement par la gamme de matières traitées mais aussi par les rabbins cités de France et de Provincia (y compris R’ Meir ben Isaac de Trinquetaille, son arrière-grand-père). En outre, Renan a considéré que Kaftor vaFera’h occupe un rang comparable au livre de Benjamin de Tudela, auquel il est même supérieur par ses observations et ses jugements (Histoire littéraire de la France, vol. 31). 

Pour répondre correctement aux questions halakhiques détaillées auxquelles il s'intéressait, Rabbi Echtori a dû faire des investigations « sur le terrain » et ainsi il fut appelé le "premier chercheur en Eretz Yisrael "(R’ ‘Havatselet,1994) (1).

 

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NOTE

(1)  dans l'introduction à l'édition annotée de Sefer Kaftor vaFera’h édité par Bet Midrach LeHala’hah Behityachvut, Jérusalem,1994. 

(2) R’ Yits’hak ben Moché Echtori Hapar’hi  אשתורי הפרחי (1282– v. 1357 Israël), rabbin, géographe et botaniste qui étudia à Arles et Montpellier (Provincia) ; il est considéré parfois comme Tossafiste. A Montpellier, il fut – à 19 ans – le disciple de l’astronome et médecin Ya’akov ben Mahir ibn Tibbon (= Don Profiat Tibbon = Profatius Judæus). En 1306, suite à l’expulsion des Juifs de France, il s’installa sept ans à Perpignan (n’appartenant pas à la France à l’époque) puis partit en Israël où il écrivit Sefer Kaftor wa-Pera’h  /  Livre du bouton et de la fleur, traité de halakha sur les lois relatives à la Terre d'Israël (T. 1, Jérusalem, 1887, 418 p.,; .T 2, Jérusalem, 1899, 487 p. , Jérusalem, 1946, 413 p. ;  New York, 1958 - http://hebrewbooks.org/21423; http://hebrewbooks.org/40405, http://hebrewbooks.org/32811). Dans cet ouvrage, il relate ses recherches et constatations sur l'histoire, la géographie, la faune et la flore de la Terre d’Israël.  Il identifia de très nombreux sites mentionnés dans le Tanakh et le Talmud (180 dont 'Oucha, Modi’in et Bétar).  Sources: Jewish Encyclopedia. Voir aussi Tévouot Haarets écrit au 19ème s.  par R’ Yehossef Schwartz, Histoire et géographie d'Erets Israël, sites bi­bliques et talmudiques, flore et faune, Jérusalem. (Note de l’éditeur).

 

Les Sages de la Provincia, par Y. Maser
© Y. Maser (1ère ed. 2002 ; 2e éd., 2015) et/ou 
© Hotsaat Bakish, Institut Rabbi Yesha’ya (2e éd., 2015).
Mise en ligne de cette page : 27 août 2015, à Montpellier

 

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