21 – La prière

 

Récits tirés du manuscrit de William R. Belhassen, Toi mon Israël. 

 

 

21 - La prière

Depuis mon mariage en 1954 jusqu’à la guerre du Liban, en 1979, je ne peux pas me vanter d’avoir souvent utilisé mon Taleth de prières et mes Téfilines. 

Nous assistions, pour la première fois, à une guerre qui s’est déclenchée un Chabbat. Ce jour là, vers quatorze heures, j’ai reçu un appel téléphonique à la maison. Un officier de Tsahal m’a demandé de parler à l'un de mes fils qui faisait son service dans l’Armée de l’Air. Je lui ai répondu que mon fils, étant religieux, n’utilise pas le téléphone Chabbat. L’officier a insisté en précisant qu’il devait absolument lui parler pour des raisons de sécurité nationale. Avec un tel argument, mon fils a accepté de prendre le téléphone et de communiquer avec son supérieur. Après quoi, il a raccroché et, se tournant vers moi, m’a annoncé : "Papa, nous sommes en guerre et mon chef vient me chercher dans une heure." Une demi-heure plus tard, le téléphone sonne de nouveau, et cette fois, c’est mon autre fils qui est avisé que son officier vient le récupérer dans l’heure. Nos deux fils nous ont embrassés et ont quitté le foyer, en uniforme, pour rejoindre leurs bases respectives.

C’est alors que j’ai senti comme un poids énorme sur le cœur. Oppressé, j’avais la gorge tellement serrée que je ne pouvais avaler ma propre salive. Je suis sorti sur le balcon pour prendre l’air et voilà que j’ai été pris d’une angoisse intense suivie d’une crise de larmes qui n’en finissait plus.

Je me suis mis à implorer Notre Créateur en le suppliant de préserver mes enfants et tous les enfants d’Israël de tout mal. Je lui ai demandé aussi de ne plus m’éprouver. "N’ai-je pas assez pleuré à la mort de Charles, mon fils aîné ? Veux-Tu encore m’en prendre un autre ? Je ne pourrais survivre après cela. Je te supplie de comprendre la peine qui dicte mes paroles. Permets-moi de te venir vers Toi, dans le droit chemin. Je jure, en Ton Nom Glorieux, qu’à partir de cet instant, je vais accomplir une chose que je n’ai jamais aimé faire. Permets-moi de venir Te prier et revêtirai mon Taleth et mes Téfilines, chaque matin, jusqu’à la fin de mes jours". 

Dès le lendemain matin, je me suis levé, ai fait ma toilette et me suis revêtu de mon Taleth. J'ai ensuite mis mes Téfilines et ai prié de toute mon âme afin que l’Eternel daigne, dans Sa grande bonté, accepter mon repentir. J’ai terminé ma prière, remis en place ces objets de culte et je suis allé au travail dans le Centre d'Intégration, le Merkaz Klita. 

A dix heures le lendemain matin, on a frappé à la porte de mon bureau. J’ai ouvert. Mon fils Alex était devant la porte et il m’annonça qu’il était provisoirement libéré. Il m'expliqua que, dans l’immédiat, l’Armée n’avait besoin que de spécialistes, et que lui, il lui ont permis de rentrer chez lui pour l'instant. 

Tout en l'embrassant, j'ai ressenti une immense gratitude envers D.ieu m'envahir. J’ai levé les yeux au ciel, et, m’adressant à mon créateur, je lui ai dit: "Merci de me répondre. Comme promis, j'ai mis ce matin Taleth et Téphilines, et voilà que tu me rends l'un de mes enfants."

A partir de cet instant, ma foi a grandi chaque jour un peu plus. 

Moi, Rahamim (1)  qui ne suis que poussière, j'ai osé Lui demander miséricorde (2) pour moi et les miens et pour tout Israël.

 

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Notes

(1) Rahamim est lz prénom hébraïque de l'auteur. Généralement, on traduit ce prénom en français par Clément - Note de l'éditeur. 

(2) "Rahmanout" mot hébreu de même racine que le prénom Rahamim - Note de l'éditeur. 

Mis en ligne sur editionsbakish.com, le 8 mai 2016

© Hotssat Bakish et / ou © William Rahamim Belhassen.

 

 

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