15. Marseille- Tunis

 

Récits sélectionnés tirés du manuscrit de William Rahamim Belhassen, Toi mon Israël. 

 

15. Marseille- Tunis 

 

Après sept jours de voyage, nous avons débarqué à Marseille.

J’avoue que je ne pouvais retourner à l’Hôtel de Provence, cela m’aurait rappelé de trop beaux souvenirs. J’ai donc pris un petit hôtel, juste pour une nuit car j’envisageait de voyager en avion, de Marseille à Tunis et il nous restait juste assez d’argent pour payer trois billets d’avion et envoyer un télégramme à mes sœurs pour leur annoncer notre retour.

Je suis reconnaissant à mes parents d’avoir respecté un silence total depuis que je leur avais annoncé que j’allais les ramener à Tunis. Et je suis reconnaissant à mes sœurs de s’être comportées avec tact, en venant nous chercher à l’aéroport El-Aouissa de Tunis : elles firent comme si nous revenions de courtes vacances. Pas un reproche direct, ni de sous-entendu…Leurs parents sont revenus avec leur jeune frère William. Voilà tout .

Et la vie continue comme si rien n’était arrivé. Oui, la vie a vite repris son cours normal. Mon père était pratiquement retraité, mais Maman Zaïza va reprendre le flambeau et se lancer à nouveau dans son travail qui va redoubler d’intensité.   En effet, à ses anciennes et fidèles clientes qui lui sont revenues, ce sont ajoutées de nouvelles car toutes étaient curieuses d’entendre l’odyssée de Zaïza en terre d’Israël dont elle ne ramena que deux choses :

- la première, ce document du Ministère de la Santé la reconnaissant sage-femme en Israël et l’autorisant à exercer dans les villes de Lod, Ramlé et Rehovot ;

- la seconde, ce sont six tapis muraux représentant Théodor Herzl, le père du sionisme,  sur un bateau à Bâle où s’est tenu le premier congrès sioniste en 1897 où il prononçât la phrase « si vous le voulez, cela ne sera pas qu’une légende » et effectivement son rêve s’est réalisé le 14 mai 1948. Ma maman a offert à chacun de ses enfants un de ces tapis.

 

Le tapis mural qu’elle m’a remis est toujours accroché chez moi à la place qu’il mérite.

 

Mis en ligne sur editionsbakish.com, le 13 avril 2016 

© Hotssat Bakish et / ou © William Rahamim Belhassen

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