13. Yom Hazikaron et Yom Ha’atsmaout

Récits sélectionnés tirés du manuscrit de William Rahamim Belhassen, Toi mon Israël. 

 

 

13. Yom Hazikaron et Yom Ha’atsmaout

 

Avant les élections, Charles et moi nous nous régalions de boissons, gâteaux et autres amuse-gueules. Nous avons utilisé une ruse. Avant d’entrer dans une salle où se tenait une réunion politique, nous nous informions d’abord du parti qui organisait la réunion. La photo du leader collée sur la poitrine, nous rentrions, triomphants, en criant le nom de ce dirigeant. Nous pouvions alors nous régaler au buffet.  Grâce à D.ieu, les partis politiques ne manquaient pas et dans ces cas-là les buffets bien garnis et gratuits. 

Nous étions à la veille de Yom Ha’atsmaout (le Jour de l’Indépendance de l’Etat d’Israël). Avant de fêter  'Indépendance, le jour qui précède est dédié au souvenir des victimes des guerre israéliennes et "des victimes des opérations de haine". Aucun Israélien ne peut être indifférent car durant cette journée nommée Yom Hazikaron (Jour du Souvenir). Tout Israël se sent en deuil pour ses fils et ses filles, soldats de l’Armée d’Israël tombés au Champ d’Honneur l’arme à la main. Tous ces jeunes qui ont donné leur vie en service commandé ne sont plus là et ne reviendront plus et chacun de nous ressentons leur perte cruelle. Tout Israël se recueille sur leur tombe, le drapeau est en berne et à dix heures, lorsque la sirène retentit, à la seconde même, tous et tout sont immobiles, hommes, femmes, enfants, voitures. Tout s’immobilise dans le pays, durant ces trois minutes de silence.

Au coucher du soleil puis avec l’apparition des étoiles, le peuple d’Israël relève son drapeau bleu et blanc frappé de la Maguen David. Il flotte jusqu’en haut du mat et flotte dans chaque foyer, sur chaque immeuble, sur les place publiques. Après le chagrin, la joie peut éclater. Tout le monde chante et danse en l’honneur du Yom Ha’atsmaout. Par milliers, les gens viennent à Tel-Aviv afin d’assister à cette cérémonie qui se déroule sur l’avenue Allenby. Certains dormiront sur les trottoirs de cette artère afin d’être au premier plan pour voir défiler cette glorieuse Armée d’Israël.

Moi j’étais sur ces trottoirs attendant patiemment et, à dix heures précises, les unités de l’Armée de Défense d’Israël ont avancés une par une. Les Parachutistes au béret rouge, la Marine tout de blanc vêtu ainsi qu’une unité féminine, l’Aviation, une unité de soldats tenaient en laisse des chiens loup. Il y eut des pigeons voyageurs dans leur cage. La Police militaire aussi était de la fête mais ceux qui ont eut le plus grand succès ont été l’unité des Drouzim, vaillants combattants avec leurs cafetans frappés au front de la Maguen David, ceux-la ont choisi de lier leur avenir avec Israël et leur loyauté n’est plus à démontrer. Et la foule les acclame joyeusement.

Mon D.ieu, comme ce spectacle m’a réjoui le cœur, pourquoi ce tremblement de tout mon corps, les larmes coulaient, je ne voulais pas les essuyer. Ces larmes je crois pouvoir les expliquer par les années d’attente et d’espérance de voir un jour une armée, mon armée, notre armée. Deux mille ans d’espérance ! De tous ces soldats qui ont défilé, je n’en connais pas un seul, mais j’éprouvais le sentiment que mes propres fils défilaient. Oh, D.ieu Tout Puissant ! Fait qu’un jour vienne où je verrai de mes yeux défiler mes fils à moi dans les rangs de cette belle et fière armée. Le défilé de ce jour restera gravé dans ma mémoire jusqu’à mon dernier jour.

Je suis retourné chez moi ému et le cœur en joie après ces heures exceptionnelles.

 

Mis en ligne sur editionsbakish.com, le 12 avril 2016 

© Hotssat Bakish et / ou © William Rahamim Belhassen.

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