12. Une découverte inattendue

 

Récits sélectionnés tirés du manuscrit de William Rahamim Belhassen, Toi mon Israël. 

 

12. Une découverte inattendue

 

Israël est un joli pays mais il était tenu en laisse par les gens d’Europe. Les Polonais tenaient très fort les rennes du pays et ils n’étaient pas prêts à lâcher prise. Il y avait entre eux et nous un immense fossé qui a été creusé par ces gens-là qui nous considéraient comme des citoyens de troisième catégorie. Ils faisaient tout pour introduire dans nos têtes que nous étions des inférieurs et que ce pays était le leur. Ils finissaient par nous en convaincre, nous complexer et paralysaient notre volonté de sortir de la médiocrité. Et ce n’est pas juste.

J’avais quitté Tunis où je vivais dans l’aisance, l’amour familial, l’entente parfaite de nos coreligionnaires avec nos voisins arabes, menant une vie agréable. J’ai été pris par la volonté de vouloir venir en Israël afin de partager le sort de tous mes frères juifs et d’aider à la construction du pays.

Parmi les gens venus d’Europe, certains n’ont jamais voulu entendre parler d’Israël. Ils étaient fiers d’être juifs allemands ou autrichiens ou polonais. Malheureusement pour tout le Peuple juif, il y a eu le réveil du nazisme et nous avons payé, ou plutôt les Juifs d’Europe ont payé par le plus grand massacre de tous les temps. Nous avons perdu SIX MILLIONS de juifs. Hélas le réveil des consciences n’a pas été le même pour tous les rescapés juifs d’Europe. Beaucoup ont préféré l’Amérique et d’autres, moins ambitieux ont accepté, car ils n’avaient plus le choix, de venir s’abriter dans ce foyer juif, cette terre d’Israël.

Mais comprenez donc ! Nous avons quitté une vie paisible et agréable pour venir vous aider à construire ce foyer, ce Pays qui est aussi le nôtre, nous sommes venus pour vivre avec vous et supporter tout, le bon et le moins bon.

Alors pourquoi ce dédain ? Pourquoi avez-vous fait de nous des moins que rien. De là où nous venons, nous avons laissé nos docteurs, nos avocats, nos intellectuels, nous ne sommes pas des tarés, nous sommes aussi intelligents que vous. Nous ne demandions qu’à vous le prouver, mais NON cela n’arrangeait pas vos affaires. Vous avez tout fait pour nous isoler, nous complexer, nous rabaisser. En nous insultant, vous ne le faisiez même pas en hébreu, mais en yiddish ou en allemand, OUI, en cette même langue avec laquelle tant de mal a été fait aux vôtres. Petit à petit, la discorde s’est créée, une totale incompréhension car ces « anciens Israéliens » ont refusé de nous comprendre.  Nous avons pensé être enfin chez nous dans l’Etat des Juifs, mais ils nous ont fait comprendre que nous étions chez eux, les yiddishs, qui faisaient la loi à leur guise.

 

Mis en ligne sur editionsbakish.com, avril 2016 

© Hotssat Bakish et / ou © William Rahamim Belhassen.

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