02. La guerre

 

Récits sélectionnés tirés d’un livre de témoignage encore manuscrit de William Rahamim Belhassen, Toi mon Israël

 

 

02. La guerre

 

 J’ai presque 17 ans. Là-bas, le Moyen-Orient est en ébullition, rien ne va plus. En Palestine, la majorité des immigrants clandestins sont originaires d’Europe. Ce sont les derniers survivants des massacres et des fours crématoires nazis. Ils viennent vivre leurs dernières chances de survie.

Quand je pense aux nazis - que je n’ai d’ailleurs heureusement jamais connu - cela me replonge dans des souvenirs inoubliables. Je n’avais alors que 13 ans et je vis ce samedi matin un soldat arrivant dans ma placette, là, juste en face de mon balcon. Il était tout poussiéreux, à califourchon sur sa grande moto, sa mitraillette en bandoulière, son casque, son teint blond et ses yeux d’un bleu vif. Il avait sur sa poitrine une sorte de demi-rond d’une plaque couleur argent, tenu au cou par deux chaînes. J’appris, par la suite, que c’était un gendarme de l’armée allemande. Cette image du germanique envahisseur restera dans ma mémoire de cette période dramatique.

Puis, très vite, d’autres soldats arrivèrent et nous vîmes, dans un vacarme assourdissant, arriver ces monstres montés sur des chenilles : les tanks de l’Africa Korps ont envahi la Tunisie.

Tunis fut déclarée « ville ouverte » et Tunis tomba sans que l’on ait eut besoin de tirer un seul coup de feu, tel qu’un fruit mûr tombé de son arbre dans le creux d’une main d’acier.

 

Mis en ligne sur editionsbakish.com, 10 avril 2016 

© Hotssat Bakish et / ou © William Rahamim Belhassen.

 

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