29* A’haré mot

 

 

 

29* A’HARE MOT (Wayikra 16, 1 – 18, 30)

אַֽחֲרֵ֣י מ֔וֹת– Après la mort 

 Résumé

 

Le nom de cette paracha fait référence à la mort de deux fils d’Aharon, Nadab et Abihou entrés dans le sanctuaire d’une manière non conforme [1].[2].

Le sacrifice des enfants premiers-nés (en les jetant dans un brasier) était une pratique idolâtre des peuples cananéens ; la Torah la condamne (18, 21) [3].

Il a été remarqué que l’idolâtrie comme la débauche « procèdent de la même aberration de l’esprit humain, de la même conception perverse : la première altérant les relations avec Dieu, la seconde dénaturant les relations inter-humaines [4]. Chacun doit s’écarter résolument de toutes les pratiques des Egyptiens ou des Cananéens. Dans les sociétés de cette nature,  les valeurs morales sont absentes (18,3-4). De telles sociétés sont caractérisées par la perte de tout repère, surtout dans les relations sexuelles : inceste ; homosexualité masculine (18,22),diverses relations interdites [5].

L’exposé des prescriptions en vue de la sainteté - commencé dans cette paracha A’haré mot - va se poursuivre dans les parachas suivantes ; il s’adressera à tous les enfants d’Israël dans la paracha Kédochim, puis plus spécifiquement aux prêtres dans la paracha Emor ; dans Béhar, il sera question de la sainteté du temps (chabbat, fêtes…), et des relations sociales et professionnelles  [6].

 

 

 

 

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NOTES

[1] Voir paracha Chémini, Wayikra, chap. 10.

[2] Le R’ Y. R. Dufour, Modia’, sur la paracha. Consult. juin 2010.

[3]Des reproches contre les sacrifices d’enfants sont cependant mentionnés longtemps après l’entrée des Hébreux en terre de Kéna’ane : par exemple, un peu avant la réforme du roi Yochiyahou (Josias), vers 640 AECלְבִלְתִּ֗י לְהַֽעֲבִ֨יר אִ֜ישׁ אֶת־בְּנ֧וֹ וְאֶת־בִּתּ֛וֹ בָּאֵ֖שׁ לַמֹּֽלֶךְ׃  « afin que nul homme ne fasse plus passer au feu son fils ou sa fille pour Molèkh (Moloch) » (II Mélakhim 23,10).  Le prophète Yirméyahou exprime encore des reproches à ce sujet quelques années plus tard: וַיִּבְנוּ֩ אֶת־בָּמ֨וֹת הַבַּ֜עַל אֲשֶׁ֣ר ׀ בְּגֵ֣יא בֶן־הִנֹּ֗ם לְ֠הַֽעֲבִיר אֶת־בְּנֵיהֶ֣ם וְאֶת־בְּנֽוֹתֵיהֶם֮ לַמֹּלֶךְ֒  « Ils bâtissent les tertres de Ba‘al dans la vallée de Ben-‘Hinom, pour faire passer leurs fils et leurs filles pour Molèkh… » (Yirméyahou 32,35).

[4] R’ C. Brahami, L’arme de la parole. Kippour, Sine-Chine. Gagny, p. 688.

[5] Rachi indique וּבְחֻקֹּֽתֵיהֶ֖ם לֹ֥א תֵלֵֽכוּ׃   « Selon leurs statuts, vous ne marcherez pas » (18,3) - cela inclut également les mœurs qui ont fini par avoir force de loi chez d’autres peuples, « comme les théâtres ou les stades ». Or, en ces lieux s’épanouissent souvent des comportements corrompus que l’on est tentés de légitimer sous le nom de culture comme le signale R’ Chaoul David Botschko qui précise : le judaïsme ne réprouve pas l’art, le sport ou les spectacles ni l’importance qu’ils peuvent avoir, « mais à deux conditions : que l’on sache… que ce qu’on appelle culture est l’expression et non la source des valeurs… ; et que… même pour la détente et les loisirs, elle ne se laisse pas aller à promouvoir des idées contraires à la Torah » (Actualité juive, n° 1114, p. 39, 22 avr. 2010).

[6] Peut-être y a-t-il là, aussi, une discrète allusion ici au pêché de Kéna’an fils de ‘Ham contre Noa’h.  [7] Autres orthographes pour A'haré mot: A'haré-mott, Acharey Mos, A'harémote 

 

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