43* Mas’é

 

 

 43* MAS'E (Bamidbar 33, 1 - 36, 13)

 מַסְעֵ֣י Etapes

 

Résumé

 

Cette paracha qui parle de la conquête d’Erets Israël aborde bien d’autres thèmes en relation avec la dimension territoriale : itinéraire et limites; inégale valeur des lieux (valeur sociale de certains lieux, les villes de refuge); moindre valeur symbolique de certains espaces (ceux situés à l’est du Jourdain, hors des limites du Pays d’Israël); biens fonciers (héritage).

La paracha commence par la récapitulation des 42 étapes du voyage des Enfants d’Israël depuis la sortie d’Egypte (33, 1-49). Les 14 premières étapes ont été franchies la première année jusqu’à Ritma où ont été envoyés les explorateurs. Huit étapes ont été parcourues la 40ème année après la mort d’Aharon, de Hor-la-Montagne jusqu’aux plaines de Moab. Rachi remarque que les Hébreux n’ont pas erré sans trouver de repos [1] ; en fait, ils n’ont parcouru « que » vingt étapes en 38 ans - deux ans de séjour en moyenne pour chaque étape.

Hachèm donne l’ordre de déposséder les Cananéens (33, 50-56) après quoi il décrit les limites du pays (34, 1-15) et désigne ceux qui aideront Elé’azar, le nouveau grand-prêtre, ainsi que Yéhochoua’ appelé à succéder à Moché avant la traversée du Jourdain, et à procéder au partage des terres (34, 16-29).

La paracha présente l’organisation territoriale du pays une fois chaque tribu installée sur ses terres. Les Lévites, disséminés parmi les tribus, n’ont pas de région propre mais ils reçoivent 48 villes dont 6 villes de refuge (35, 6-7). L’institution des villes de refuge est exposée ensuite : elle permet, en cas de meurtre involontaire, de permettre aux meurtriers d’échapper à la vengeance des proches de leurs victimes (35, 9-28). Au contraire, le criminel sera mis à mort (35, 31).

Les filles de Tsélof’had épousent des hommes de leur tribu (Ménaché). Moché précise la loi sur l’héritage des filles: elles pourront se marier avec qui elles voudront, mais pour hériter, ce devra être un membre de leur propre tribu (36, 6). A côté de la restriction du choix à la même tribu, il faut remarquer que la législation juive adopte un ton particulièrement moderne : לַטּ֥וֹב בְּעֵֽינֵיהֶ֖ם תִּֽהְיֶ֣ינָה לְנָשִׁ֑ים  « de qui sera bien à leurs yeux  elles seront les femmes ». On voit que le judaïsme a adopté une position très en faveur des femmes en leur reconnaissant le droit de ne pas prendre un époux contre leur volonté. A ce sujet, de nos jours encore, des pratiques contraires se constatent dans de nombreux pays et sociétés [2].

Avec cette paracha se termine le livre de Bamidbar. Les enfants d’Israël sont prêts à franchir le Jourdain. [3].

 

 

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[1] Citant R’ Moché Hadarchane זצ"ל  (Rachi sur Bamidbar 33, 1)

[2] En 2011 encore, les femmes n’ont pas même le droit de conduire une automobile en Arabie saoudite !

[3] Autres orthographes pour Mas’é: Massey, Massêi.

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