4 La forme du lamed

 

 

4. Particularité scripturale - La forme du lamed 

 

    Au lieu de monter verticalement, le bras du lamed est quelquefois penché vers la droite, comme couché au dessus de la ligne [1].

    Selon R’ E. Munk זצ"ל [2], il existe 44 lettres lamed dans la Torah dont le trait vertical (« la tour » [3]) doit être recourbé vers le bas selon la massorah (tradition)[4].

Les éditions courantes ne permettent pas, cependant, de repérer ces lamed  [5], car les imprimeurs ont banalisé cette graphie spécifique bénéficiant de la sorte de meilleures facilités de mise en page : chaque fois que, sur la ligne supérieure, des voyelles ou certaines lettres prenaient de la place (kof, khaf final, tsadé final…), ils ont courbé la « tour » des lamed

 

[6]

 


 [1]  Les lettres hébraïques sont écrites au-dessous des lignes - et non au-dessus des lignes, comme dans les langues latines.

[2] ספר התגין cit. R’ E. Munk, Kol hatorah, Béréchit 27, 30, p. 281.

[3] Qui complète la lettre en haut à gauche.

[4] A propos de la forme du lamed on retrouverait des cas comparables dans la paracha haazinou :  אֶל־עַמָּֽיו (Débarim  32, 50) ; le lamed de la première apparition deבְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל   (Débarim  32, 51).  Signalés dans Kerié Mo’ed hachalem, 1980, Sinaï, Tel-Aviv, p. 122. Nous ne trouvons pas trace de cette graphie dans certaines éditions : tikoun Ich Matslia’h ; version yéménite en ligne de Mékhone Mamré.

 [5]  La forme relève de la tradition et non d’une décision d’imprimeur.  Pour ce niveau de précision, il faut consulter un rouleau de la Torah : car on ne trouve pas de trace de cette graphie dans les tikoun sofrim (Ich Matslia’h par exemple), ni dans l’édition en ligne de Mékhone Mamré…http://www.mechon-mamre.org/c/ct/c0.htm).  

Pour l'identification de ces lamed-s de la torah, voir: La voix de Jacob, Tome 6, chapitre 7, p. 232-234.

Il serait intéressant, à propos de ces 44 lamed de connaître toutes les raisons de cette forme de lettre. 

Exemples:

Le mot כִּלָּ֣ה  -  R' Munk זצ"ל explique : « Cette forme d’écriture doit faire allusion au fait que la bénédiction qui vient d’être prononcée descend des hauteurs célestes pour être amenées dans le monde d’ici-bas. En effet, elle avait invoqué le Seigneur Lui-même comme dispensateur de la bénédiction, alors que la bénédiction parallèle adressée à ‘Essaw ne fait pas mention du nom de Dieu, si bien qu’elle peut s’interpréter comme étant simplement le résultat fortuit de circonstances naturelles » R’ E. Munk, Kol hatorah, Béréchit 27, 30, p. 281.

Est dans ce cas le lamed encadré dans le verset suivant :וַיְהִ֗י כַּֽאֲשֶׁ֨ר כִּלָּ֣ה יִצְחָק֮ לְבָרֵ֣ךְ אֶֽת־יַעֲקֹב֒ וַיְהִ֗י אַ֣ךְ יָצֹ֤א יָצָא֙ יַֽעֲקֹ֔ב מֵאֵ֥ת פְּנֵ֖י יִצְחָ֣ק אָבִ֑יו וְעֵשָׂ֣ו אָחִ֔יו בָּ֖א מִצֵּידֽוֹ׃ « Or, comme Yits’hak avait achevé de bénir Ya’akob, il arriva, alors que Ya’akob sortait précisément de devant Yits’hak son père, que son frère ‘Essaw revint de sa chasse » (Béréchit 27, 30) Autre enseignement tiré de ce verset: dès que Ya’akob (Israël) quitte la voie de ses pères (il quitte Yits’hak),’Essaw vient le menacer avec ses armes de chasse. Midrach, cit. R’ E. Munk, Kol hatorah, Béréchit 27, 30, p. 281.

 [6]  Autre dracha Sur le mot Tolédot (interprétations sur ses différentes orthographes). Voir : Dracha « Souvenir du passé et perspective messianique », dans le chapitre 53, paracha Haazinou édition 2009 de La voix de Jacob.

 

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