06* Toledot

 

06* TOLEDOT (Béréchit 25, 19 - 28, 9)

 

תּֽוֹלְדֹ֥ת Engendrements

 

 

      Dans les parachas précédentes, Abraham avait fait des choix fondamentaux pour la conduite de sa vie (il a renoncé à l’idolâtrie, il a quitté son milieu familial pernicieux). A ce stade, une autre étape est abordée par la paracha: la transmission de ses valeurs à ses enfants et petits-enfants : à la deuxième (Yits’hak) et à la troisième génération (Ya’akob). Le nom de la paracha insiste sur cette idée : il peut se traduire « enfantements » [1], « engendrements » [2], ou « générations ». Ce mot est inséparable du cours de l’histoire.

Après vingt ans de stérilité, Rivka donne naissance à Ya’akob et à ‘Essaw [3]. Les jumeaux sont très différents : encore dans l’utérus de leur mère, ils se comportent différemment. ‘Essaw naît, suivi de Ya’akob qui tient un de ses talons. Essaw devient un homme « des champs », alors que son frère devient un homme intègre. Indifférent aux valeurs spirituelles de son père et de son grand-père, ‘Essaw épouse des Cananéennes et vend son droit d’aînesse pour un plat de lentilles rouges (25, 21) ; enfin, à la mort de son père, il tourne définitivement le dos aux valeurs familiales. Il donnera naissance au pire ennemi d’Israël : ‘Amalek.

 A la suite d’une nouvelle famine, Yits’hak s’installa provisoirement sur les terres des Philistins dont le roi, Abimélekh, lui demanda de quitter le pays (26,16). Yits’hak s'établit ensuite à Béer Sheva’ où le Dieu d’Abraham lui annonce : « Je suis avec toi ; et Je te bénirai » (Chap. 26)., Yits’hak prospéra, remettant en service les puits d’Abraham et en en creusant d’autres. Quelques temps plus tard, Abimélekh vint vers lui accompagné du chef de son armée. Yits’hak leur dit : « Pourquoi venez-vous vers moi, puisque vous me haïssez et que vous m’avez renvoyé d’auprès de vous ? » Ils souhaitaient se lier à lui par serment et conclure une alliance, car ils avaient constaté que Hachèm était avec lui (26,27-28). Ce à quoi consentit Yits’hak.

C’est dans cette paracha que se trouve le fameux récit de la bénédiction de Ya’akob. Agé de 127 ans, Yits’hak décida de bénir son aîné. Mais Rivka, son épouse, sut par prophétie que ‘Essaw n’en était pas digne et elle décida Ya’akob de se faire bénir par son père en lieu et place de ‘Essaw (Chap. 27). Cette bénédiction fut ensuite confirmée en toute connaissance de cause : וַיִּקְרָ֥א יִצְחָ֛ק אֶֽל־יַעֲקֹ֖ב וַיְבָ֣רֶךְ אֹת֑וֹ  « Yits’hak appela Ya’akob et le bénit… » (28,1-4). Yits’hak ordonna aussi à Ya’akob de ne pas prendre femme parmi les Cananéennes et d’aller dans la famille de sa mère, pour trouver une épouse parmi les filles de Laban [4].

 

 

 


[1] Traduction A. Chouraqui.

[2] Traduction R' Y. R. Dufour chalita.

[3] וְאֵ֛לֶּה תּֽוֹלְדֹ֥ת יִצְחָ֖ק בֶּן־אַבְרָהָ֑ם אַבְרָהָ֖ם הוֹלִ֥יד אֶת־יִצְחָֽק׃  « Voici les générations d'Abraham, Abraham a engendré Yits’hak » (Béréchit 25, 19). Comment se fait-il que la Torah revienne sur ce qui a déjà été dit, car on a déjà lu dans la Torah que Yits’hak est le fils d'Abraham ? Ici, la répétition apporte une information supplémentaire : Yits’hak est un tsadik fils de tsadik (alors qu’Abraham n'était pas dans ce cas, son père adorant les idoles).

[4] Autres orthographes pour Tolédot: Toledott, Toledoth, Toledote.

 

 

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