2 Tolérance et respect d’autrui

 

 

04* WAYERA (Béréchit 18, 1 -22, 24)

 

2. Tolérance et respect d’autrui 

 

יֻקַּֽח־נָ֣א מְעַט־מַ֔יִם וְרַֽחֲצ֖וּ רַגְלֵיכֶ֑ם וְהִֽשָּׁעֲנ֖וּ תַּ֥חַת הָעֵֽץ׃
 

 « Qu’on aille quérir un peu d'eau, lavez-vos pieds et reposez-vous sous cet arbre » (Béréchit 18, 4). Pourquoi Abraham a-t-il demandé à ses trois visiteurs, de laver leurs pieds? Il pensait avoir affaire à des idolâtres, il a donc pris garde à ne pas introduire d’objet d’idolâtrie dans sa maison (la poussière collée à la plante des pieds faisait en ce temps-là l’objet d’un culte idolâtre chez certains voyageurs) [1]. Le Grand rabbin René-Samuel Sirat chalita [2] transmet un enseignement rabbinique oral donné à Bône (Algérie) vers 1950 [3], probablement par son maître, le Grand Rabbin Ra’hamim Naouri zetsal  [4] : « Dieu interpella alors Abraham en lui disant: ‘Pourquoi leur as-tu demandé de se débarrasser de la poussière de leurs pieds ?’ Abraham répondit : ‘Parce que c'est un objet d'idolâtrie et que seul Toi Tu es Dieu’ »[5]. Jusque-là, cet enseignement est celui d’un midrach connu : en ce temps-là, il existait un culte idolâtre consistant en l’adoration de la poussière se trouvant sous la plante des pieds. Ce culte était notamment suivi par les caravaniers. Abraham, voulait que cette idole potentielle, n’entre pas chez lui [6].

La suite de ce midrach et l’enseignement oral bônois rapportés par le R’ Sirat א’’שליט  offrent une belle leçon de tolérance [7]. Répondant à Abraham, « Dieu lui dit alors: Je tolère tous les hommes, y compris les idolâtres et toi, Abraham, tu ne les tolérerais pas ? » [8]. De très nombreux textes bibliques vont dans ce sens : « Dieu attend… la pénitence sincère de l’homme afin de lui pardonner » [9]. Il précise son intérêt pour toute la population de la terre, habitant par exemple l’Egypte ou l’Assyrie. Par l’intermédiaire du Prophète Isaïe, Il proclame בָּר֨וּךְ עַמִּ֜י מִצְרַ֗יִם וּמַֽעֲשֵׂ֤ה יָדַי֙ אַשּׁ֔וּר וְנַֽחֲלָתִ֖י יִשְׂרָאֵֽל׃  « Bénis soient l'Égypte mon peuple, l'Assyrie l'oeuvre de mes mains, et mon bien propre, Israël » (Yécha’yahou, 19, 25).  

Une autre leçon de tolérance vient de mon père et maître Ya’acob Bakis ז"ל de mémoire bénie [10]. Enfant de Bône, il a insisté sur ce qui unit Juifs, Chrétiens et Musulmans- au lieu de souligner comme le font souvent tant de gens, uniquement ce qui les distingue ou les oppose. Il a enseigné à sa famille ce qui pourrait bien être un ’hidouch [11] sur les Psaumes. Cela à propos du mot אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ dans אֵלִ֣י אַתָּ֣ה וְאוֹדֶ֑ךָּ  אֱ֝לֹהַ֗י אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ׃  « Tu es mon Dieu, je Te rends hommage, mon Dieu, je veux T'exalter (a-ro-m(é)-mé-ka) » (Téhilim 118,  28). Ya’akob Bakis ז"ל  a expliqué : « Le mot אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ est composé de trois parties : la première syllabe est composée  de la lettre   aleph  אֲ  (A); on lit ensuite : רֽוֹמְ  (ROMé - ou ROMe - selon les prononciations) ; on lit enfin : מֶֽךָּ (MéKa) [12]. Par ce découpage, le divin inspirateur des Téhilim indique aux fidèles des capitales religieuses chrétiennes (Rome) et musulmanes (La Mecque) qu’ils doivent suivre le Dieu d’Israël.

Les villes de Rome et de La Mecque sont riches en symboles car ce sont de grandes capitales religieuses ; de toute la Chrétienté d’une part (avant le schisme entre catholiques/Rome et orthodoxes/Byzance), et de l'Islam d’autre part. Or, les noms de ces deux villes viennent APRES le aleph initial (la relation est évidente avec le mot E’had du  chéma’ : Hachèm ית"ש est Dieu Unique). Par l'intermédiaire des religions de Rome et de La Mecque, des milliards d'hommes ont abandonné le paganisme, adoptant le monothéisme et l’adoration de Hachèm ית"ש, même si ces religions se sont éloignées du message transmis à Abraham, Yits’hak et Ya’akob. Mon père, de mémoire bénie, y voit « la raison pour laquelle le Psalmiste a réuni de cette manière Rome et La Mecque », citées dans l‘ordre de leur apparition sur la scène de l’histoire. Par cette leçon, Ya’akob Bakis ז"ל souligne les proximités entre les trois grandes « religions du Livre », témoignant de son respect pour tous les hommes indépendamment de leurs origines [13]. Les Musulmans ne vénèrent-ils pas Ibrahim (ابراهيم) qui n’est autre qu’Abraham (אַבְרָהָם)?

La pertinence de cette explication prend une dimension supplémentaire lorsque l’on examine les voyelles, semi-voyelles et les signes diacritiques accompagnant les consonnes. Notons que le chéwa[14] et les chéwa composés (dits ’hatafim[15]) ne sont généralement pas considérées comme des voyelles. Ils indiquent l'absence de voyelle: certains les appellent « voyelles très brèves » [16] ou « (soit disant) voyelles très brèves »[17] ou encore « semi-voyelles » ou une demi-voyelle (W. Gesenius, 1813) [18].

A propos de la semi-voyelle du premier mem (chéva ou ‘hataf), il n’y a pas unanimité orthographique selon les versions du texte consultées (אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ ou אֲרֽוֹמֲמֶֽךָּ). A propos des signes diacritiques infra linéaires on relève la présence à deux reprises, d’un petit trait vertical perpendiculaire à la ligne, placé sous la consonne et à gauche d’une voyelle (געיה ga’ya ou מתג  métèg). Un premier est placé sous le réch de אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ  et un second ga’ya est placé sous la seconde lettre mèm du mot[19]. Ce signe a pour fonction grammaticale de freiner la prononciation[20]. Ses appellations précisent sa fonction grammaticale : ga’ya, vient de ‘mugissement, élévation de la voix’[21] ; et Métèg de « bride », « frein »[22] (en hébreu moderne il est utilisé pour « interrupteur électrique »). On risque de ne pas prêter une attention suffisante à ce signe, si discret et pourtant si important. Rappelons, avec divers grammairiens, qu’il est indispensable pour l’accentuation et la lecture, car il indique les tons secondaires : « contre accent ou semi-ton avant l’accent tonique principal »[23]. Il est nécessaire pour bien respecter la grammaire et « la prononciation, qui elle-même permet d'éviter des fautes sur le sens du texte »[24] ; de plus, on sait que la syllabe qui suit le ga’ya est considérée comme la première syllabe d’un nouveau mot[25].

Au terme de cette lecture, il apparaît que le mot אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ se divise en trois parties: ce découpage a- ro-mé mé-ka  serait invisible avec une lecture négligeant le ga’ya.

Première section de ce mot : Aleph  אֲ. Lettre qui symbolise l’unicité divine.

Deuxième section :  רֽוֹמְ ou רֽוֹמֲ. On sait qu’en hébreu, ce qui est primordial, c’est la racine consonantique (« Rech, Waw, Mem »). Les voyelles ou semi-voyelles leur donnent les vocalisations suivantes, « rom » ou « romé » pour רֽוֹמְ ;  « roma » pour רֽוֹמֲ. Ce mot peut être indifféremment rendu de manière parfaitement correcte :

- chéwa muet אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ  a- ro-m mé-ka. AROM-MéKa. Certains considèrent que le ga’ya ne modifie pas la vocalisation du chéwa ; ainsi, on ne dit pas Piné’has mais Pin’has.

- D’autres considèrent que le chéwa est vocalisé lorsqu’il est placé après une voyelle longue[26] (mais l’unanimité n’est pas de mise en la matière) : le chéwa est prononcé « é »   אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ a- ro-mé mé-ka.AROMéMéKa ;

- pour d’autres, le chéwa porte un chéwa pata’h qu’ils prononcent « a »  - אֲרֽוֹמֲמֶֽךָּ   a- ro-ma mé-ka. AROMaMéKa, pour la semi-voyelle du premier mem (quatrième lettre). Avec le chéwa pata’h (ou pata’h ‘hataf) [27], ce groupe de lettres peut se prononcer exactement comme la ville de Rome en latin: Roma. Or, il ne s’agit pas d’une faute puisque cette semi-voyelle était un chéwa à l’origine, mais les Sages ayant fixé la tradition (Massorètes) ont rajouté ici un pata’h, pour faciliter la lecture[28]. Ici, il faut bien reconnaître que le premier « mem » est plus facile à prononcer avec le « a » du chéwa pata’h qu’affecté de la semi-voyelle chéwa (aromeméka, ou aroméméka). Cela signifie que le mot peut légitimement se prononcer : AROMaMéKa, sachant que le «  ֲ  » chéwa pata’h corespond à un son « a », très bref[29].

Troisième section : מֶֽךָּ  méka  enfin (« Mem, Kaf final »).

Ces remarques ne sollicitent pas le texte ; en en révélant une dimension inattendue, elles paraissent en cohérence avec un enseignement du Rav Kook זצ"ל  à propos de la signification des lettres du nom d’Abraham, et de son rôle pour l’ensemble de l’humanité[30]. La mission d’Abraham dépasse la foi juive : elle inscrit les deux autres grandes religions monothéistes dans le programme divin envers l’humanité, programme qui passe par une partie de la descendance d’Abraham  - père de plusieurs Nations אֲנִ֕י הִנֵּ֥ה בְרִיתִ֖י אִתָּ֑ךְ וְהָיִ֕יתָ לְאַ֖ב הֲמ֥וֹן גּוֹיִֽם׃ « av hamon goyim » (Béréchit 17,4) [31].

Le Rav Kook זצ"ל constate que les « religions abrahamiques ont effectivement fait des milliards d’adeptes et leurs préceptes ont bien été au cœur des principales civilisations récentes ».  Mais surtout, tout en reconnaissant les imperfections externes (qui  auront causé tant de douleurs), il réinscrit ces religions dans le programme que Hachèm ית"ש assigne à Israël : les autres monothéismes issus indirectement d’Abraham par Edom (Chrétienté) et Yichma’el (Islam) doivent y contribuer à leur mesure en détournant de l’idolâtrie une grande partie de l’humanité[32]. De fait, Rome et La Mecque sont de grandes capitales spirituelles, vers lesquelles se tournent des millions de croyants influencés par le message de la Torah d’Israël, même s’il leur parvient dans des versions édulcorées (puisqu’ils ne sont tenus qu’au respect de 7 commandements et non de 613). Le Rav Kook réinscrit ici Christianisme et l’Islam dans le schéma divin. Ce qui est conforme à sa vision générale des contributions des Nations comme des étincelles de Sainteté que l’homme doit purifier pour aboutir à la délivrance.

Le statut particulier d’Abraham parmi les Nations s’exprime par le verset : וְלֹֽא־יִקָּרֵ֥א ע֛וֹד אֶת־שִׁמְךָ֖ אַבְרָ֑ם וְהָיָ֤ה שִׁמְךָ֙ אַבְרָהָ֔ם כִּ֛י אַב־הֲמ֥וֹן גּוֹיִ֖ם נְתַתִּֽיךָ׃ « et on ne t’appellera plus par le nom d’Abram, et ton nom sera Abram car je t’ai donné en père d’une foule de peuples » (Béréchit 17, 5). Chaque lettre des motsאב המון apporte une information en ce sens[33]: א   Initiale de אב Ab. Hachèm ית"ש fait d’Abraham un père des Nations ; ב  Initiale deבחור  Ba’hour (élu. Hachèm  ית"ש l’a élu parmi les Nations) ; ה  Initiale de המון חביב Hamon habib (‘J’ai rendu Abraham apprécié parmi les Nations’[34]); מ Initiale de מלך Mélèkh (Hachèm en a fait un Roi pour les Nations) ; ו Initiale de ותיק Watik (vétéran[35] ; Hachèm en a fait le Doyen dont l’exemple est suivi parmi les Nations) ; ן / נ  Initiale de נאמן Nééman[36]. Hachèm ית"ש en a fait le plus fidèle parmi les nations et les Nations le considèrent comme digne de foi, leur foi découlant de celle d’Abraham[37]. Au-delà de la vocation primordiale d’Abraham qui consiste à fonder le peuple juif, il devait propager les enseignements du monothéisme. Il a ainsi répandu un mode de vie moral basé sur la sainteté de ses croyances[38]. C’est à tout cela que fait allusion אֲרֽוֹמֲמֶֽךָּ. Rome et La Mecque symbolisent le progrès de l'humanité abandonnant le paganisme et évoluant spirituellement. Une humanité s’engageant vers une plus grande tolérance réciproque, dans le respect des principes fondamentaux du Dieu d’Abraham ( lois de Noa’h). Alors, le principe de tolérance[39], qui passe par le dialogue[40], sera enfin redécouvert et universellement appliqué dans le respect de chacun.


[1] La prudence d’Abraham diffère du comportement de son neveu (Lot) qui proposa d’abord aux anges de passer la nuit chez lui, avant même de se laver les pieds ס֣וּרוּ נָ֠א אֶל־בֵּ֨ית עַבְדְּכֶ֤ם וְלִ֨ינוּ֙ וְרַֽחֲצ֣וּ רַגְלֵיכֶ֔ם « … passez la nuit [dans la maison de votre serviteur], baignez vos pieds, puis levez-vous tôt et allez votre route » (Béréchit 19, 2). Voir : Béréchit raba 50,4 ; Rachi sur Béréchit 18, 4.

[2] R’ Sirat R.-S. (2000), La Tolérance religieuse. Conférence à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, "La tolérance religieuse dans les États contemporains", 19 décembre.

[3] « Enseignement oral rapporté dans le cadre d’un enseignement rabbinique dispensé voici un demi-siècle à Bône (Algérie) » cité par R’ Sirat R.-S. (2000).

[4] R’ Ra’hamim Naouri (זצ"ל (1902-1985, rabbin de Bône de 1939 à 1962, Ab-Beth Din à Paris, voir : Moché Cohen Solal, Un juif parmi les siens : Rebbi Ra’hamim Naouri, témoignages, Jérusalem. Parmi ses principaux disciples :

- R’ Emmanuel Chouchena (זצ"ל (1928-2008 - Dayan, Grand Rabbin, Directeur du Séminaire Israélite de France de 1977 à 1991 [fils de R’ Ya’akob Chouchena זצ"ל 1900-1938] ; auteur de : L’Homme, espoir de Dieu. Judaïsme et kabbale pour le monde d’aujourd’hui, 376 p., Trajectoires, 2002 ; Le livre du Cohen, spécificité du Cohen, hier et aujourd’hui, BibliEurope, 86 p., Paris 2004. Après son décès, R’ Yehoudah Naouri א’’שליט, a déclaré qu’il était un rabbin accompli comme l'étaient les rabbins d'Algérie, cumulant les fonctions de rabbin, Mohel, Chohet, Sofer et Hazan ;

- R’. R.-S. Sirat chalita (Grand Rabbin de France de 1981 à 1988 ; auteur de La joie austère, 160 p., Cerf, Paris, 1990 ; La tendresse de Dieu, Nil, 1996, Paris, 244 p.) ;

- R’ Yéhochoua’ Barkatz chalita (fut directeur de la Yéchiva de France à Jérusalem Cha’aré Ra’hamim, Sanhédria, Jérusalem) ;

- D’autres, dont : R’ David Barkatz chalita ; R’ Saül Naouri זצ"ל; R’ Yéhouda Naouri chalita ; etc.

[5] Cité par : R’ Sirat R.-S., ASMP, 2000. Voir aussi : Talmoud Babli, Baba Metsia 86b.

[6] Selon une tradition, les anges répondirent : « Tu nous soupçonnes d’idolâtrer la poussière de nos pieds ! Pourtant, c’est de toi qu’est sorti Yichma’el qui agit de la sorte ! ». Encore plus négatif, leur réponse traduirait non pas un reproche sur le passé yatsa (est sorti), mais le futur : yétsé (viendra) !

[7] Leçon d’une importance majeure en ces temps d’intolérance généralisée. Déjà, R’ Ra’hamim Naouri זצ"ל et le Mufti de Bône ont été entendus lorsqu’ils ont prêché la coexistence pacifique entre les communautés juives et musulmanes de Bône. La parole de maîtres de l’envergure de R’ Ra’hamim Naouri זצ"ל et du mufti de Bône serait indispensable, depuis que des troubles antisémites endémiques s’installent en Europe, suivant la situation au Proche-Orient. R’ R.-S. Sirat chalita explique : « J’ai présent à l’esprit ce que l’on m’a raconté à propos du pogrom de 1934. Alors que des dizaines de Juifs étaient assassinés par des Musulmans à Constantine, rien ne s’était passé à Bône. Il se trouve en effet que le grand rabbin Naouri et son ami le mufti de Bône avaient, la veille du pogrom, parcouru bras-dessus bras-dessous les rues où habitaient les Juifs et les Musulmans. La population, voyant que le grand rabbin et le mufti continuaient leurs promenades amicales comme par le passé, est rentrée chez elle et il n’y a pas eu de sang versé. C’est cela, le rôle d’un dirigeant religieux : envers et contre tout, donner l’exemple et prêcher en faveur de la paix ».  R.-S. Sirat (2003), « Envers et contre tout, prêcher en faveur de la paix », L’Arche n° 544-545. Dans l’Algérie de cette époque troublée, ce résultat n’était pas évident comme le démontra la situation dans diverses localités et grandes villes. En 1961, l’assassinat à  Constantine du musicien judéo-arabe connu sous le nom de Cheikh Raymond sonna la fin des espoirs de coexistence pacifique.

[8] Cité par : R’ Sirat R.-S., ASMP, 2000.

[9] R’ Sirat R.-S. (2000) qui cite : Ezéchiel, 18, 23.

[10] Voir : Gilles Joseph Bakis (2002), Sur AROMEMEKA (Ps. 118, 28): Une interprétation biblique de Ya’akob BAKIS  ז"ל. Dracha des chélochim, Hotsaat Bakish, Montpellier, 8 p.

[11] Une interprétation innovante.

[12] Voir : Gilles Joseph Bakis (2002).

[13] Sa  conduite était en harmonie avec ses convictions (voir à la fin de ce volume : Hésped).

[14] Chéwa : que le signe soit inscrit sous la lettre, ou absent (la lettre est alors grammaticalement, considérée comme en ayant un).

[15] אֲ se prononce "a" (’hataf-pata’h ou chéwa -pata’h) ; אֱ se prononce " é " (’hataf- ségol ou chéwa - ségol) ; אֳ se prononce " o" (’hataf-kamats ou chéwa -kamats). Certains classent cependant les chéwa composés en « voyelles très brèves ». Les h’atafim sont des chéwa à l’origine, mais les massorètes ont rajouté un pata’h, un kamats ou un ségol pour faciliter la lecture, en particulier sous certains types de consonnes. Voir Annexe 3 de la première éditon de La voixde Jacob (2009); et  nos Eléments de grammaire hébraïque à l’intention des lecteurs du Tanakh et du sidour.

[16] Morim, p. 2

[17] Boulanger Fr. (2006), paragr. 131 (p. 26).

[18] Voir Annexe 3 de la première éditon de La voixde Jacob (2009); et  nos Eléments de grammaire hébraïque à l’intention des lecteurs du Tanakh et du sidour.  

[19] Il  généralement écrit אֲרֽוֹמְמֶֽךָּ dans toutes les traditions, avec ces mêmes voyelles (rituel Pata’h Eliyahou,1986, p. 298 ; Sidour Ich Matslia’h, 2001 ; Mékhon Mamré, 2003 ; etc.).

[20] Il « a pour but général de freiner la prononciation. C’est un petit trait perpendiculaire qu’on met à la gauche d’une voyelle pour assurer sa prononciation exacte, ou, négativement, pour empêcher une prononciation rapide et précipitée », Joüon Paul (1923)Grammaire de l’hébreu biblique, IBP, Rome, Ed. photomécanique corrigée 1982, Avant propos XII + 542 pages + Paradigmes et index (78 p.). Voir p. 38.

[21] Joüon P. (1923), p. 38, note 1.

[22] Sur le métèg (ou ga’ya), voir nos Eléments de grammaire.

[23] Dammron A. (1961), Grammaire de l’araméen biblique, p. 9. Editions P. H. Heitz, Strasbourg, 113p.

[24] R’ Y. R. Dufour, Modia, site Internet (consulté en juillet 2003).

[25] Dammron A. (1961), p. 9.

[26] Les voyelles longues sont kamats gadol, tséré, chourouk,  ‘Hirik gadol (‘Hirik suivi de yod), ‘Holam malé (‘Holam dit plein suivi de waw).

[27] De cette dissonance témoigne l’édition Téhilim Kéter David, Hotsaat Ma’hanayim, Lod, sans date.

[28] R’ Zécharia Zermati chalita remarque à propos de la lecture de lettres portant pata’h ‘hataf  dans la Torah que certains ’houmachim ont ce pata’h « et d’autres non, ce qui fait que les fidèles par ignorance, reprennent le Baal koré qui choisit telle ou telle version de la ponctuation, bien que  le choix lui est donné de le lire avec ou sans ce pata’h selon sa préférence ou possibilité (tel est l’enseignement de la majorité des Richonim). » E-mail à l’auteur, fév. 2007. Voir: R’ D. Settbon, ‘Alé adas, p. 142. Noter cependant que certains chéwa suivis du ga’ya, sont prononcés chéwa pata’h par les ‘hazanim tunisiens (וּֽזֲהַב ouzahav et non וּֽזְהַ֛ב  ouzhav (Béréchit 2,12); וּשֲׁקָה ouchaka (Tikoun ich matslia’h) et non וּשְׁקָה ouchka (Béréchit 27,26 - version yéménite de Mékhon mamré) ; מֲשֻׁקָּדִ֞ים machoukadim et non מְֽשֻׁקָּדִ֞ים  choukadim (Chémot 25,33 et 37,19); וּֽשֲׂדֵ֛ה ousa et non וּֽשְׂדֵ֛ה ous (Wayikra 25,34) ; וּֽשֲׁמָ֔ע ouchama’ et non  וּֽשְׁמָ֔ע ouchma (Bamidbar 23,18 et Débarim 5,23). Cet usage est soutenu par de nombreux grammairiens (Min’hat ‘haï, sur Béréchit 27,26 et 23,18, cit. R’ Settbon, ‘alé adass, p. 142). Voir (sur chéva pata’h) nos Eléments de grammaire.

[29] P. Joüon (1923), p. 21.

[30] Rav Kook, Ein Ayah vol. IV, p. 264, cité par Yérouchalmi, n° 39, février 2008.

[31] Rav Kook, Ein Ayah vol. IV, p. 264.

[32] D’après Rav Kook זצ"ל , cit. Yérouchalmi, n° 39, février 2008.

[33] R’ Yo’hanane au nom de R’ Yossé Ben Zimra : א"ר יוחנן משום ר' יוסי בן זימרא מנין ללשון נוטריקון מן התורה שנא' (בראשית יז) כי א"ב המו"ן גוים נתתיך אב נתתיך לאומות בחור נתתיך באומות המון חביב נתתיך באומות מלך נתתיך לאומות ותיק נתתיך באומות נאמן נתתיך לאומות. T.B. Chabbat 105a.

[34] Le est celui de  המון חביב ; il est donc inutile de recourir à la substitution, admise, du ‘het et du dont on aurait besoin si l’on utilisait le mot ’Habib חביב  (dérivé du verbe חבבhabab / « aimer quelqu’un », dont l’initiale est ’het  ח  et non ה) ; ces lettres  « se confondent par leur forme » (R’ Désiré Elbèze, Trad. de La Guemara, Chabbat, Tome 4, p. 446, note 75, Paris, 1983) ; cette substitution est utilisée par R’ Ch. Z. de Liady זצ"ל à propos de ואתה מחיה את כולם « tu les fais tous vivre » : il ne faut pas lire Mé’hayé (tu fais vivre) mais méhayé « tu fais exister » - référence à la création ex-nihilo - ה remplaçant’het (cit. R’ Zamir Cohen, 2009, p. 84)… mais à condition de substituer un waw au youd de מחיה.

[35] Le mot watik a le sens : « ancien, expérimenté, vétéran » (M. Cohn, Dic. Hébreu-Français, p. 189, Larousse, 1979).

[36] Le mot nééman a la même racine que le mot émouna (croyance).

[37] « Cette étincelle de foi authentique qui illumine les idéaux de bien des Nations sera à la base d’une foi pure et raffinée » en Hachèm dans le futur. D’après R’ Kook זצ"ל , cit. Yérouchalmi, n° 39, février 2008.

[38] D’après R’ Kook זצ"ל , cit. Yérouchalmi, n° 39, février 2008.

[39] Qui avait si bien réussi aux Juifs, Chrétiens et Arabes pendant l’Age d’or médiéval en Andalousie.

 

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