Torah E & O Sources. Littérature rabbinique

 

 

 

 

La littérature rabbinique est diversifiée. Elle peut être répartie en quelques catégories.

Les principaux genres relèvent :

- de la halakha : questions et réponses (שאלות ותשובות = שו"ת)[1] ;

- les takanot[2] ;

- les codes halakhiques ;

- des commentaires bibliques et talmudiques[3] ;

- du moussar (morale), etc.

 



La production halakhique

Il est écrit  נֵר־לְרַגְלִ֥י דְבָרֶ֑ךָ    וְ֝א֗וֹר לִנְתִֽיבָתִֽי׃ « Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon chemin » (Ps. 119, 105). Les rabbins décisionnaires ont fixé halakha (manière de « marcher ») à partir de la Loi écrite et orale. Plusieurs grands maîtres ont tenté de compiler et d’ordonner l’ensemble des lois de la tradition.


Les cinq catégories de lois orales

Rappelons que la halakha a pu être classée en cinq catégories par Maïmonide[4]:

·         "Halakha lemoché misinaï" avec allusion dans l'écriture. La première catégorie contient les commentaires (Pérouchim) reçus de Moïse et pour lesquels on a une allusion (remez) dans la torah écrite et que les midot (règles d'interprétation) permettent de retrouver. Sur cette catégorie de loi orale, il n'y a évidemment aucune discussion possible;

·         "Halakha lemoché misinaï" sans allusion dans l'écriture. La seconde catégorie contient les lois et commentaires reçus de Moïse et pour lesquels il n'existe aucune allusion (remez) dans la torah écrite, ni aucune possibilité de les y retrouver par les règles  d'interprétation. La tradition  nomme  ces lois (1 et 2) "Halakha lemoché misinaï". Sur cette loi qui remonte à Moché et à l'époque du don de la torah au Sinaï, il n'existe encore  évidemment aucune discussion possible;

·         Lois déduites de l'écriture, après discussion (Ma’hloket) La troisième catégorie comprend les lois orales. Il s'agit en fait d'innovations, de "hidouchim", résultant de déductions à partir du texte de la torah. Cette déduction se fait au moyen des règles méthodologiques révélées au Sinaï: les "Midot chéhatora nidréchet bahen". La fixation de cette catégorie de lois a donné lieu à discussion entre sages. Ces lois rabbiniques (Mitsvot dérabanane) s’ajoutent donc aux 613 Mitsvot de la Torah.

·         Guézerot. Ce sont des décrets institués par les prophètes et les Maîtres de chaque génération afin de protéger l'intégralité de la loi déjà existante. Contrairement à la logique déductive qui était utilisée pour la constitution de la troisième catégorie de lois orales, les guezerot utilise une logique préventive. Il s'agit de protéger la loi en instituant des "haies" autour des préceptes. Dans certains cas, cette logique préventive peut conduire à établir des "barrières aux barrières". La Mahloquet, la discussion, voire la contestation, est fréquente pour cette quatrième catégorie de lois orales. Tel maître peut trouver justifiée la prévention, tel autre peut ne pas être d'accord. Toutefois, à partir du moment où une loi préventive est acceptée par la communauté, elle ne peut être annulée. Cela même si les raisons conjoncturelles qui ont pu la motiver ont disparu.

·         "Takanot" et "Minhaguim"  renferment des institutions sociales qui s'appliquent dans le droit civil ou le droit religieux. Ces lois instituées par telle communauté, visent en particulier à trouver des solutions aux problèmes qui se posent par les rapports sociaux de la vie quotidienne. Ces lois, dans les textes talmudiques, sont annoncées par les expressions suivantes racine T.K.N.: HitkinTikénou. D'où le mot takanot que l'on peut traduire par règlements.



[1] Chout (abréviation de l’hébreu chéélot outéchouvot questions et réponses - le pléonasme choutim existe dans la langue des yéchivot pour le pl. de chout.). Chout = Responsa : recueils de réponses faites par des rabbins décisionnaires (réponses faisant jurisprudence dans telle ou telle région ou au sein de telle ou telle coutume)…

[2] Recueils de décisions rabbiniques faisant jurisprudence (Takana au singulier). Ainsi en est-il pour : Les Takanot de Mayence (1233) ; de Castille ; d’Alger ;  des rabbins castillans du Maroc (Fès, à partir du 16e s.) ; de Meknès…

[3] Zafrani Haim (1972), Les Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de Taqqanot et Responsa. 331 p., Geuthner, Paris.

[4] Zafrani Haim (1972), Les Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de Taqqanot et Responsa. 331 p., Geuthner, Paris.

 

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