Débora et la guerre contre Kéna’an

 

(c) Hillel Bakis - Ouvrage en cours de rédaction. Texte non définitif (draft)

juin 2016

 

 

 

 

Qui était Déborah?

Issue de la tribu de Naftali, Déborah vivait à Atarot. C’était la chofétète de sa génération (chofète au féminin : le suffète est un chef politique et militaire et ce mot, lorsqu’il apparaît dans la Bible, est fort mal traduit en français par « juge » Issue de la tribu de Naftali, Déborah vivait à Atarot. C’était la chofétète de sa génération (juge, chef militaire) [1]. Elle exerçait une autorité de chef militaire, mais aussi une autorité spirituelle, étant l’une des sept prophétesses connues [2]. Elle vivait dans la seconde moitié du 12ème siècle AEC, une période où les Cananéens, encore puissants, oprimaient les Hébreux.

Comme les enfants d’Israël avaient péché, ils étaient dominés par leurs ennemis (constante de l’histoire juive, les prophètes appelant à une urgente téchouva avant le désatre imminant).

Pour retourner la situation politico-militaire défavorable, Déborah savait qu’une régénération spirituelle était indispensable. Aussi s’efforça-t-elle d'améliorer le peuple en lui faisant connaître la volonté de Hachèm.

 

On peut se demander pourquoi une femme a été choisie pour exercer des pouvoirs de chef d’Etat, et, prendre des decisions judiciaires, politiques et militaires ? Ce n’était pas, en principe, l’attribut des femmes à ces époques. Comment expliquer le choix exceptionnel d’une femme comme Chofétète à la tête des enfants d’Israël ?

Une première raison tient à sa fonction prophétique : elle tenait sa position particulière de Hachèm Lui-même [3]. La seconde raison tient à ce que le peuple l’avait chosie [4].  

Les Hébreux venaient la consulter pour connaître la volonté d’Hachèm, gagnant un mérite supplémentaire en se déplaçant eux-mêmes. Les suffètes précédant allaient vers les divers endroits où se trouvaient les personnes à qui s’adressaient leurs repproches, conseils ou décisions. Femme de grand mérite personnel, Déborah veillait à ce que ses fonctions ne la conduisent pas à s’isoler avec des hommes, comme en témoigne l’épisode connu de ses jugements. Les enfants d’Israël venaient la consulter « sous le palmier de Déborah » car étant une femme, elle tenait à ce que ses consultations se fassent dans un lieu public (Chofétim 4, 5). On peut, au passage, se demander pourquoi c’est un palmier qu’elle choisissait et non une autre espèce d’arbre ? Laissons les possibles raisons matérielles (c’était l’arbre de la région ; elle possédait des palmeraies). Le choix du palmier est significatif : la sève du palmier, contrairement à celle des autres arbres, est concentrée sur le sommet du tronc « ainsi les enfants d'Israël de cette génération avaient un cœur uni pour servir Hachèm » [5].

Déborah, contrairement à la plupart des autres suffètes a eu le mérite d’accéder au niveau de prophétie. Son haut niveau spirituel est indiqué par son appellation de « femme de Lapidot », ce qui est expliqué comme suit : ses actions avaient l'éclat de lapidot, littéralement, des « torches enflammées » [6].

La nomination exceptionnelle de Déborah à ce poste est expliquée par les Tossaphistes de deux façons différentes : c’était une prophétesse ; elle reçut une injonction divine.

 

 

La bataille du mont Tabor

La Prophétesse Debora informa Barak [7] que Hachèm allait livrer entre ses mains l’armée du roi Yavin, de Canaan. 

Les enfants d’Israël étaient constituaient alors des tribus indépendantes trop souvent influencées par les mœurs cananéennes ou celles des peuples voisins : « l’idolâtrie en particulier se révélait fort pernicieuse. C’est un des thèmes permanents de la Bible que de dénoncer la tendance des Hébreux à imiter les moeurs de leurs voisins et à adopter leurs cultes. Mais l’unité du peuple d’Israël fut également mise à rude épreuve à l’époque des Juges. Les conditions géographiques et géopolitiques étaient défavorables à la solidarité entre tribus. Celles de Transjordanie étaient isolées et refusèrent plusieurs fois de porter secours à leurs frères" habitant la région appelée aujourd'hui Shomron (Samarie, Cisjordanie), même en des cas de difficultés majeures [8].

Les tribus d’Israël appréciaient leur autonomie. A certaines périodes, l’union des tribus (ou de certaines d’entre elles) s’est produite à l’initiative d’un Suffète (Juge). Toujours en cas de grand besoin. Dans l’épisode rapporté par notre haftara, Déborah exerce une certaine autorité, reconnue non seulement par la tribu d’Ephraïm à laquelle elle appartenait, mais aussi par les tribus du nord (dont celle de Naphtali à laquelle appartenait Barak). Les autres tribus, celles établies dans le sud d’Eretz Yisrael, ou celles établies du côté oriental du Jourdain, étaient moins sensible à son autorité, se sentant moins concernées par des événements se déroulant en Galilée.

Le récit de notre haftara s’inscrit pendant la période des Suffètes qui suit la première phase de la conquête de Kéna’an menée par Yéochoua’ ben Noun (Josué). Or, à cette époque [9], les Cananéens n’avaient pas été totalement vaincus. Grande était notamment la puissance du roi Yavin de ‘Hatsor (près du Lac de Tibériade). ‘Hatsor, située  sur la route allant de l’Egypte [10] à la Syrie actuelles, était une des plus puissantes cités de la contrée au 2ème millénaire AEC, pendant la période cananéenne jusqu’à sa destruction (13ème s. AEC).

Pendant la vie de la prophétesse Déborah, les tribus d’Ephraim et de Naphtali tentaient de mieux s’implanter dans les collines centrales du nord d’Eretz Yisrael [11]. Le pays de Kéna’an était sous l’influence épisodique de l’Egypte. Lorsque cet empire était puissant, les petits royaumes voisins vassaux faisaient taire leurs querelles. Mais quand l’autorité de l’Egypte s’affaiblissait les petits royaumes bénéficiaient de leur liberté retrouvée pour tenter d’améliorer leur position par rapport à leurs voisins. A cette époque, l’autorité du pharaon ayant faibli [12], le royaume cananéen de ‘Hatsor avait entrepris de terroriser les enfants d’Israël.

Deborah vivait dans le sud des terres d’Ephraïm. Elle s’adressa à Barak de Naftali, lui donnant pour instruction de réunir une armée au nom de Hachèm. (Chofetim 4, 6 ; 4,14).

Barak apprit de Déborah que la victoire serait miraculeuse. Comprenant que la victoire ne dépendrait pas de sa vaillance, ni de ses talents de tacticiens ou de stratège, il lui a demandé de s’engager à ses côtés.  וַיֹּ֤אמֶר אֵלֶ֨יהָ֙ בָּרָ֔ק אִם־תֵּֽלְכִ֥י עִמִּ֖י וְהָלָ֑כְתִּי וְאִם־לֹ֥א תֵֽלְכִ֛י עִמִּ֖י לֹ֥א אֵלֵֽךְ׃ Barak lui dit: « Si tu vas avec moi, j’irais. Mais si tu ne vas pas avec moi, je n’irais pas. » (Chofetim 4, 8).  

La demande de Barak peut surprendre, mais elle s’explique : il savait que l’issue de la bataille dépendrait non pas de ses capacités de chef d’armée mais de critères se situant au niveau spirituel. Dans ces conditions, il s’interrogea : ses mérites personnels suffiraient-ils pour donner la victoire aux enfants d’Israël ?  Ne voulant courir le moindre risque, il souhaita que la prophétesse l’accompagne.

Déborah accepta en attirant son attention sur le fait que dans ce cas, la victoire sera attribuée à une femme. וַתֹּ֜אמֶר הָלֹ֧ךְ אֵלֵ֣ךְ עִמָּ֗ךְ אֶ֚פֶס כִּי֩ לֹ֨א תִֽהְיֶ֜ה תִּֽפְאַרְתְּךָ֗ עַל־הַדֶּ֨רֶךְ֙ אֲשֶׁ֣ר אַתָּ֣ה הוֹלֵ֔ךְ כִּ֣י בְֽיַד־אִשָּׁ֔ה יִמְכֹּ֥ר יְיָ אֶת־סִֽיסְרָ֑א וַתָּ֧קָם דְּבוֹרָ֛ה וַתֵּ֥לֶךְ עִם־בָּרָ֖ק קֶֽדְשָׁה׃  « Elle dit: J’irai, j’irai avec toi. Seulement ta splendeur ne sera pas sur la route où tu iras : oui, dans la main d’une femme, Hachèm vendra Sisséra. » Debora se lèva et elle alla avec Barak à Qèdèch [13] (Chofetim 4, 9).  

Peu importait à Barak qu’on ne lui attribue pas la victoire et que tout le mérite en reviendrait à Déborah seule ! Modeste et réaliste, il savait que c’est le haut niveau spirituel de la prophétesse qui pourrait garantir la victoire de son armée.

 

Déborah, avec l’aide de Barak obtint le ralliement de la moitié des tribus d’Israël. Les tribus d’Ephraïm, Benyamin, Ménaché, Zébouloun, Yissakhar et Naphtali acceptèrent d’agir ensemble contre leur ennemi commun. 

Mais les tribus de Dan et d’Acher ont refusé de se laisser entraîner dans ce conflit aux résultats imprévisibles [14]. Les tribus de Yéhouda et de Shim’on ne se sentaient pas impliqués puisqu’elles habitaient le sud d’Erets Yisraël. Quant à Réouben, Gad et la demi-tribu de Manassé, habitant de l’autre côté du Jourdain, en Guil’ad, elles ont refusé de se rallier à cette guerre s’estimant loin de tout danger. Deborah en fit reproche à ceux qui, en sécurité sur leurs terres de Transjordanie [15], n’avaient pas pris conscience du danger que faisaient courir les Cananéens sur leurs frères du nord d’Erets Yisraël.

Déborah ordonna à Barak de réunir 10000 hommes des tribus d’Ephraïm et de Zéboulon (Chofetim 4, 6) sur le Mont Tabor (הר תבור) [16]. Ce mont se situe au nord de la vallée de Yézré’èl (עמק יזרעאל) qui va entre le mont Gilboa et le mont Tabor. Cette vallée a toujours eu une grande valeur stratégique car elle permet de relier la côte méditerranéenne (depuis le pied du mont Carmel, et le site de l’actuel port de Haïfa) à la vallée du Jourdain dont Beth Shéan gardait l’extrêmité orientale [17]En regroupant des troupes au sommet du Tabor, Déborah et Barak voulaient fournir au chef de l’armée cananéenne une occasion rêvée pour porter un coup fatal aux Hébreux. Le général du roi cananéen Yavin de ‘Hatsor, était Sisséra. Ce dernier installé à ‘Harochet ha-Goyim [18] tenait le flanc sud du Carmel. Le général cananéen Sisséra, possédait neuf cents chars de fer - ce qui à cette époque, à la charnière entre l’âge du bronze et l’âge du fer impliquait une grande supériorité militaire. Sisséra disposait d’armes high-tech, comme on dirait aujourd’hui, alors que ses adversaires hébreux étaient moins bien équipés que lui. Mais ce qu’il ignorait alors, c’est que la victoire ne dépend pas seulement des armes : elle repose d’abord sur le soutien de Hachèm.

Sisséra sortit de Haroshèt-ha-Goyim [19], lieu de sa garnison, proche de l’embouchure de la rivière Kishon et situé aux pieds du mont Carmel [20]. Sisséra descendit jusqu’au Kishon. Les troupes de Barak après être descendues du Mont Tabor se sont avancées dans la vallée de Yézré’èl à sa rencontre [21]. La bataille semble avoir commencé à Ta'anach près de Megiddo (Chofétim 5,19). En ces lieux, la rivière Kishon occupe la vallée ; elle va jouer un rôle de premier plan dans le miracle annoncé. Déborah le chantera en évoquant la défaite des troupes ennemies et les cadavres cananéens emportés par les flots jusqu’à la mer. Ce résultat peut sembler paradoxal puisque le texte de la haftara présente clairement le déséquilibre des forces. De simples fantassins hébreux, d’une part[22] ; une armée cananéenne comptant neuf cent chars de fer, d’autre part ! Mais Hachèm était aux côtés des Hébreux, comme Il l’avait annoncé par l’intermédiaire de la prophétesse Déborah. « Alors Déborah dit à Barak : ‘En route ! Voici arrivé le jour où Hachèm livre Sisséra dans tes mains. Hachèm Lui-même est parti en guerre devant toi ! » (Chofétim  4,14).

 

Aussi l’équilibre des forces va-t-il basculer brutalement au profit des Hébreux : au moment de l’engagement militaire, les Sages enseignent que la pluie a commencé à tomber tout comme lors de miracles d’autrefois [23]. La vallée de Yézré’èl devint un cloaque et Sisséra fut dans l’impossibilité de mettre en œuvre son arme maîtresse, ses chars de fer, incapables de se mouvoir avec aisance dans la boue, et à plus forte raison, incapables de manœuvrer contre les fantassins hébreux. Sisséra fut également dans l’impossibilité d’ordonner une retraite rapide vers la garnison de ‘Haroshèt-ha-Goyim. Barak et ses troupes parvinrent jusqu’à ‘Haroshèt-ha-Goyim, et Barak fit passer toute l’armée cananéenne au fil de l’épée. Tout le camp de Sisséra tomba aux mains des Hébreux[24] (Chofétim 5,16).

La victoire survint vite et de façon miraculeuse. וַיָּ֣הָם יְיָ אֶת־סִֽיסְרָ֨א וְאֶת־כָּל־הָרֶ֧כֶב וְאֶת־כָּל־הַֽמַּחֲנֶ֛ה « Hachèm sema l’épouvante chez Sisséra, parmi ses chars, dans tout son camp » (Chofétim  4,15). Seul survivant de toute son armée, le général Sisséra prit la fuite. Lui qui était à la tête de neuf cent chars, il a dû s’éloigner à pied du champ de bataille [25].

Comme Déborah l’avait annoncé, l’ennemi fut complètement vaincu, comme il est écrit: וַתִּשְׁקֹ֥ט הָאָ֖רֶץ אַרְבָּעִ֥ים שָׁנָֽה׃ La paix qui suivit dura quarante ans (Chofétim 5,31).

Cette victoire totale des enfants d’Israël sur leurs ennemis a une signification qui dépasse l’évènement historique particulier de la bataille du Kishon ; ses enseignements ne concernent pas seulement Sisséra d’une part, Barak et Déborah d’autre part.  On sait que n’ont été transcrites que les prophéties ayant valeur générale et non les adresses particulières. C’est pourquoi la tradition n’a pas jugé bon de transmettre le nom des milliers de prophètes d’Israël ni leurs paroles. Parmi ces dernières, seules celles qui s’adressaient aussi aux générations futures méritaient d’être conservées.

Ici, la prophétesse pose cette bataille comme un « modèle » pour le futur :  כֵּ֠ן יֹֽאבְד֤וּ כָל־אֽוֹיְבֶ֨יךָ֙ יְיָ « Ainsi perdront tous Tes ennemis, Hachèm » (Chofétim 5,31).  

 

 

 

NOTES


[1] Mais, pour les Carthaginois, on donne bien le titre de suffète à Hanibal ou à Hamilcar.

[2] Le texte la nomme : אִשָּׁ֣ה נְבִיאָ֔ה (4, 4). Les sept prophétesses nommées sont : Sara (Béréchit 11), Myriam (Chémot 15, 20), Déborah (Chofétim 4,4), ‘Hanna (I Chémouel ch 2.), Avigaïl (I Chémouel 25, 32-33), ‘Houlda (II Mélakhim 22, 14), Esther. Mais il y a bien plus de prophétesses ou de prophètes que celles et ceux nommés.  Ainsi, les matriarches Rivka, Léa et Ra'hel sont bien des prophétesses (on l’apprend de nombreuses sources : Béréchit Raba 67, 9 ; Rachi sur Béréchit 27, 42 ; etc.).  Comme pour les hommes, « on ne garde les noms que des prophètes dont le message dépassait les besoins de l'actualité et concernait toutes les générations » (R’ Dufour, Modia’ citant Chir haChirim Rabba 4, 2, 1 ; T.B. Méguila 14 ; Sédér ‘Olam, ch. 20 et 21.

[3] Tossaphot, TB Nida 50, cit. R’ Ch. Aviner (5763), Haftaroth. Pensée juive sur la haftarah, chap. « Béchala'h Une femme à notre tête », p. 69.      

[4] Tossaphot, TB Baba Kama 15. A ce propos, notons l’importance de l’acceptation de ceux qui sont intéressés aux décions à prendre pour le choix de ceux qui rempliront les fonctions de juge.  « A la limite, disent nos Sages, même un membre de la famille d'une des deux parties, ou bien des éleveurs de bétail, considérés en général comme étant malhonnêtes (Sanhédrin 24), donc des personnes non habilitées à juger, sont admises si les deux parties en conflit leur font confiance. Evidemment, elles ne pourront pas statuer en matière de Hala'hah, mais elles conviendront pour trancher des problèmes financiers. Le Rav Tsvi Yehoudah Kook considérait favorablement le Parlement israélien, et estimait que d'après la Loi juive, il était parfaitement légitime et acceptable pour traiter des questions financières, politiques et sociales, mais non dans le domaine de la loi juive, comme le Chabbat et la Cacheroute. » T.B. Sanhédrin 24 cit. R’ Ch. Aviner (5763), p. 69.

[5] T.B. Meguila 14a et Rachi là bas.

[6] Voir : J. Kohn (1997), La Haftara commentée,  pp.  56-57.

[7] Barak, fils d'Avino'am, assurait les fonctions de général en chef des troupes hébraïques. Selon les Sages, c’était le mari de Déborah - comme le relève R’ Ch. Aviner (5763), Haftaroth. Pensée juive sur la haftarah, p. 69. Noter que ce nom a pour signification « foudre ». Il en allait de même en phénicien (le père d’Hannibal s’appelait Amilcar Barca).

[8] A. Chouraqui, liminaire à sa traduction du livre Chofétim.

[9] Ages dits : du « bronze récent » ou du « fer I ». Voir Dever (2003), p. 234.

[10] Les restes d’un sphinx de granit ont été découverts par les archéologues. Entre ses deux pattes en forme de mains humaines, des hiéroglyphes indiquent que le sphinx représente le pharaon Mykérinos, constructeur de la pyramide de Gizeh (plus petite que les deux autres : celle de son grand père Khéops et celle de son père Khephren). Ce pharaon de la 4ème dynastie (Ancien Empire), a règné vers 2500 AEC… Le Pr. Ben-Tor indique par ailleurs que des symboles gravés ont été trouvés, qui se référent à la ville d'Héliopolis, proche du Caire (où se trouvait le temple abritant la statue à l’origine).

Comme le sphinx « a été déterré dans des couches de destruction datant du 13ème s. AEC, soit plus d’un millier d’années après sa réalisation » cela a fait naître des questions sur la raison de ce décalage entre la date de sa création et celle de sa destruction.

« L’hypothèse la plus probable consiste en ce que le voyage de la statue ait été contemporain du palais de Hatzor, où les pieds du sphinx ont été déterrés ; soit entre le 15ème et le 13ème siècle avant J.-C. A cette période, le Nouvel Empire égyptien régnait sur la région de Canaan, ayant fait de ses rois, qu’elle avait laissés sur leur trône, ses vassaux. Les deux royaumes entretenaient alors des relations étroites. Selon Amnon Ben-Tor, "Il est possible que le sphinx soit arrivé à Hazor après le début du Nouvel Empire en 1550 AEC pendant lequel l'Egypte régnait sur Canaan et entretenait des liens étroits avec les souverains locaux, qu'elle avait laissé sur le trône… la statue a probablement été envoyée par un souverain égyptien au roi de Hazor, le plus important de la région ». la statue royale a pu faire l’objet d’un cadeau diplomatique d’un pharaon au roi de Hatsor, alors le plus important dirigeant de la région de Canaan, qui l’exposa dans son palais ». Notons qu’il s’agit de « l’unique statue monumentale égyptienne découverte dans tout le Levant, comme le rapportent les deux responsables des fouilles, le professeur Amnon Ben-Tor et le docteur Sharon Zuckerman… Quelques autres statues royales égyptiennes de petite taille avaient déjà été repérées dans la région ».

Se pose alors une autre question : de quand date la destruction de ce sphinx ? Parmi les hypothèses des archéologues, relevons-en deux : 1 - Les Cananéens auraient ainsi marqué ainsi la fin à leur soumission aux Egyptiens. 2- La seconde hypothèse est conforme au récit biblique. Les Hébreux auraient détruit ‘Hatsor et délogé les Cananéens. Selon le professeur Ben-Tor les fouilles attestent d’une destruction violente de la ville par le feu. Source de cette note : l’article de Sandra Ores (2013), menapress.org, 18 juillet. Article de Sciences et Avenir, créé le 10 juillet 2013.

L’archéologue J. Bimson estime que la cité de la strate XVI aurait été détruite par la campagne de Yéochoua’ et la destruction finale de la strate XIII aurait été causée par la direction de Déborah (John J. Bimson, Redating the Exodus and Conquest, Journal for the Study of the Old Testament Supplement Series No. 5, Sheffield Academic Press; 2nd edition, 1981 cit Wikipedia).

[11] Rosenberg (2001), p. 61, p. 63.

[12] Le pharaon faible de cette époque pourrait être Merenptah (vers 1210-1200 AEC) Rosenberg (2000), p. 61 et 63.

[13] Il s’agit probablement de Kèdèsh-Naphtali.

[14] « Acher, habitant le littoral, demeurera dans ses criques » (5,17).

[15] Tribus de Reouben et Gad, demi-tribu de Ménaché (5,16-17).

[16] D’une forme semi circulaire remarquable, il s’élève à 588 mètres d’altitude et paraît plus élevé encore car c’est un mont isolé dominant la plaine d’Esdraelon. Il est mentionné dans différents versets du Tanakh.

[17] Noter qu’on parle de vallée de Yézré’èl pour deux espaces différents : la plaine d’Esdraelon d’une part qui va de la Méditerranée au Jourdain, et la vallée de Yézré’èl proprement dite d’autre part qui constitue la partie orientale de la plaine d’Esdraelon. Il s’agit d’une des régions les plus fertiles d’Erets Israël (d’où son nom qui reconnaît que D.ieu sème - même racine que semence). Elle sépare la Galilée au nord (Nazareth en est proche de la Samarie au sud. Sur sa bordure méridionale se trouvaient les localités de Harochet-ha-Goyim et Megiddo. De nos jours, ‘Afoula en est la plus grande ville.

[18] Littéralement : la fabrique des peuples.

[19] Ou Harosheth-goyim. L’archéologue britannique John Garstang a estimé que Haroshèt-ha-Goyim correspond au site d’El-Habaj datant de l’âge du bronze (J. Garstang  1931, p. 296, cité par Rosenberg, 2000, p. 63).

[20] A proximité de la banlieue de l’actuelle ville de Haïfa. A ce point précis, la vallée se retrécit et c’est là que passait l’ancienne ligne de chemin de fer débouchant à Haïfa. On y trouve aujourd’hui une route importante.

[21] וַיָּ֣הָם יְיָ אֶת־סִֽיסְרָ֨א וְאֶת־כָּל־הָרֶ֧כֶב וְאֶת־כָּל־הַֽמַּחֲנֶ֛ה לְפִי־חֶ֖רֶב לִפְנֵ֣י בָרָ֑ק וַיֵּ֧רֶד סִֽיסְרָ֛א מֵעַ֥ל הַמֶּרְכָּבָ֖ה וַיָּ֥נָס בְּרַגְלָֽיו׃ (Chofétim 4, 15).

[22] וַיַּ֣עַל בְּרַגְלָ֔יו עֲשֶׂ֥רֶת אַלְפֵ֖י אִ֑ישׁ וַתַּ֥עַל עִמּ֖וֹ דְּבוֹרָֽה׃  « Il monta à pied avec dix mille hommes. Debora monta avec lui » (4,10).

[23]  Il est écrit : יְיָ בְּצֵֽאתְךָ֤ {ר} מִשֵּׂעִיר֙ {ס} בְּצַעְדְּךָ֙ מִשְּׂדֵ֣ה אֱד֔וֹם {ס} אֶ֣רֶץ {ר}
רָעָ֔שָׁה גַּם־שָׁמַ֖יִם נָטָ֑פוּ {ס} גַּם־עָבִ֖ים נָ֥טְפוּ {ר}
מָֽיִם׃
(Chofetim 5,4).

[24] וּבָרָ֗ק רָדַ֞ף אַֽחֲרֵ֤י הָרֶ֨כֶב֙ וְאַֽחֲרֵ֣י הַֽמַּחֲנֶ֔ה עַ֖ד חֲרֹ֣שֶׁת הַגּוֹיִ֑ם וַיִּפֹּ֞ל כָּל־מַֽחֲנֵ֤ה סִֽיסְרָא֙ לְפִי־חֶ֔רֶב לֹ֥א נִשְׁאַ֖ר עַד־אֶחָֽד׃.

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