Le Pessa’h de yéochoua’ à Guilgal

 

 

Haftara Commune a plusieurs rites

(Yéhochoua’ 5,2 – 6,1; 6-27)

בָּעֵ֣ת הַהִ֗יא

 

Le Pessa’h de Yéochoua’ à Guilgal

 

Il y a 3500 ans environ, les enfants d’Israël entraient dans la Terre que Hachèm avait donnée à leurs ancêtres. Libérés avec de grands miracles de l’esclavage en Egypte, ils avaient cheminé 40 ans dans le désert à cause du mauvais rapport fait par la majorité des explorateurs. Mais une fois passée la génération née en Egypte, les Hébreux campèrent sur la rive orientale du Jourdain sous la conduite de Yéochoa’ bin Noun, successeur de Moché.

L’Arche et les Kohanim traversèrent avant le peuple et comme lors de la traversée de Yam souf, les eaux du Jourdain se séparèrent pour laisser entrer le peuple dans son pays.

 

Les enfants d’Israël prirent pied sur la rive occidentale du Jourdain près de la ville de Yéri’ho (Jéricho). En commémoration, Yéochoua’ élèva un monument avec douze pierres là où ils prirent pied, à quelques kilomètres de Jéricho. C’est de ce site que sera mené le début de la guerre contre Kéna’an.

Yéochoua’ appela ce site Guilgal qui devint leur premier établissement dans le pays depuis la descente en Egypte.

C'est à Guilgal qu’a été célébré le premier séder de Pessa’h en Terre d’Israël dont parle le texte lu à la Torah en ce jour de fête. Cette célébration marquait le souvenir de la fameuse soirée où la génération précédente avait consommé le sacrifice pascal, enfin libres mais toujours dans le pays d’Egypte où ils furent si longtemps esclaves.  

 

Circoncisions

Comme on l’apprend dans la haftara, c’est en ce lieu que les Hébreux nés dans le désert furent circoncits afin de pouvoir célébrer Pessa’h.

Car Yéochoua’ savait que la circoncision était une condition indispensable pour participer à Pessa'h et consommer le sacrifice pascal. Mais la circoncision seule ne suffisait pas. Encore fallait-il rejeter les pratiques idolâtres - thème qui sera développé dans la haftara du deuxième jour de Pessa’h hors d’Erets Yisraël (voir ci-après).  Car la soumission d'un être humain à une idole - quelle qu’elle soit - n’est pas plus tolérée par Hachèm que l’esclavage. Cette absence de liberté est aux antipodes de la célébration de la liberté humaine que symbolise Pessa’h. C’est pourquoi il convient de briser les chaînes de l'idolâtrie autant que celles de la servitude avant de célébrer la sortie d’Egypte.

 

Yéochoua’ Bin Noun - Pourquoi Bin et non Ben (fils de)

Cette haftara est tirée du livre de Yéochoua’, successeur de Moché après sa mort. Il avait reçu de lui la mission de conduire le peuple dans le pays de Kéna’an donné par Hachèm. Ce texte des prophètes ests lu le premier jour de la fête de Pessa’h et son lien est évident avec la fête: il y est question du Pessa’h fêté après les quarante ans passés au désert, et juste avant la traversée du Jourdain et la conquête de Kéna’an.

Notons d’abord une fait étonnant: lorsque le nom de Yéochoua’ est cité avec sa filiation, on lit “bin noun” et non pas “ben noun”. Or on sait bien que fils de se dit “ben” et non bin que l’on ne retrouve pas utilisé pour d’autres personnages. Pourquoi donc le bet porte-il un ‘hirik (i) et non un ségol (è)?

Une réponse à cette question a été apportée par Ramban: « Cette dénomination correspond à « binoun », de « navon », c’est-à-dire un « grand Sage » (parmi les disciples de Moïse) »[1].

Une autre explication est également avancée par Ramban : « Cela peut vouloir exprimer également, la formulation d’un vœu : « Que sa sagesse [bin dérive de « bina »] grandisse [« noun », comme dans : yinon chemo : « son nom se perpétuera ») (Téhilim 72, 17)] »[2].

 

 
Un point de grammaire à propos de : וִֽירִיחוֹ֙  (Yéhochoua’ 6, 1).

 Le premier mot du premier verset c’est :  וִֽירִיחוֹ֙   « Et Jéricho ». On peut être étonné de ne pas retrouver le chéwa sous la première lettre יְרִיח֖וֹ . C’est la règle de ponctuation des conjonctions de coordination devant un yod et chéwa. Le  וְיְ׳ devient d’abord (virtuellement) וִיְ׳ puis וִי׳  (le yod perd le chéwa) [3].

 

 

 


[1] Noun peut se lire navon lorsque ces mots sont écrits en hébreu. Sur Chémot 33,11, cit. R’ Kohn zal, 2006, cheela.org, réponse n° 31936, http://www.cheela.org/popread.php?id=31936.

[2] Sur Chémot 33,11, cit. R’ Kohn zal, 2006, cheela.org, réponse n° 31936, http://www.cheela.org/popread.php?id=31936.

[3]  Voir le chapitre 11 de notre livre de grammaire (parution prochaine). Hillel Bakis (2013), וְשׂוֹם שֶׂכֶל  Eléments de Grammaire hébraïque. Lire la Bible et prier avec exactitude (T. 7 de la série La voix de Jacob), Editions Bakish, Montpellier, 420 p.

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