2001 – Folklores d’Israël : un demi-siècle de collecte

 

Hillel Bakis (2001),

« Folklores d’Israël : un demi-siècle de collecte », Actualité juive, n° 707 du 14 juin, rubrique : Culture/Littérature, p. 49.

 

 

Les Archives du Folklore Israélien ont été fondées par Dov Noy en 1955 dans le cadre du Musée d’Ethnologie et de Folklore de la Municipalité de Haïfa. Né en Pologne en 1920, Dov Noy monte à Jérusalem à 18 ans pour commencer des études supérieures à l’Université hébraïque, puis dirige le Musée Ethnologique de Haïfa et les Archives du Folklore d’Israël jusqu'en 1983.

 

Le travail effectué s’inscrit dans la ligne de l’expédition ethnographique de Shloyme An-ski qui recueillit le folklore des communautés juives d’Ukraine en 1912-1914. Il est inestimable par son importance et par son ampleur.

Déposées à l’Université de Haïfa depuis 1983, les Archives du Folklore Israélien (IFA en anglais) ont collecté 21800 contes populaires. Cette institution unique en son genre, concerne toutes les communautés d’Israël et les collections s’enrichissent jour après jour de contes, légendes et récits juifs du monde entier.

Le nombre de contes recueillis par pays est un reflet de l’immigration en Israël. Ainsi, l’an dernier, 20 pièces seulement venaient d’Algérie. Ce genre de lacunes se retrouve pour toutes les communautés de diaspora comptant peu d’immigrants (deux contes brésiliens ou chiliens : nombre insignifiant de contes algériens, français ou anglais !) ; aucun conte néerlandais, mexicain, caraïbe, canadien, gibraltarien ou australien !

Un demi-siècle après la fondation de cet Institut, est-il encore possible de rendre ce travail plus efficace dans le futur ? L’existence des I.FA. est très importante, et le travail doit continuer dans les meilleures conditions, des efforts devant être engagés dans plusieurs directions.

  • Poursuivre La collecte - Cette entreprise doit se poursuivre auprès des Israéliens, des nouveaux immigrants, mais pourrait également s’intéresser au folklore négligé de certaines communautés de la diaspora.
  • Veiller à la conservation et à la diffusion des collections actuelles - L’ancienneté des matériaux collée- tés par les I.F.A. impose une grande vigilance quant à leur préservation physique.
  • Récolter des versions plus fidèles - La méthode choisie a pu conduire à des pertes irréparables : richesse, poésie, finesse, subtilité, lyrisme parfois des versions originales des contes orientaux ou maghrébins.

Dans l’état actuel des choses, les communautés de diaspora auraient donc tort de ne pas se préoccuper elles-mêmes de la préservation de leur patrimoine culturel. Il serait irréaliste de se reposer seulement sur cette belle institution. Et il y a urgence : l’acculturation avance hélas à grands pas en l’absence des sociétés supports traditionnelles... En France, les originaires d’Alsace-Lorraine ou du Maghreb (d’Algérie surtout) ont intérêt à se mobiliser pour conserver ce qui peut encore l’être et... améliorer la statistique ! 

 

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