071 Beged kefet rafa apres Ehévi – exceptions

 

Mise en contexte

Dans les bénédictions, pour le mot Péri (haguéfen, haadama, ha'ets) nous avons un daguech dans de nombreux sidour-s (Ich maçlia'h, Pata'h Eliyahou) alors que le mot boré qui le précède se termine par un aleph. Une édition récente de Tephilat ha'hodech on lit bien féri avec la lettre P/F sans daguech. La règle voudrait que l'on dise féri et non péri  mais tel n’est pas le cas. Pourtant, malgré la règle grammaticale « la coutume est sans aucun doute de dire Péri » comme le précise le Razaz qui indique ce qui suit.

Telle est l’opinion du Rav Meir Mazouz et du petit fils du Rav Maçliah Mazouz de même nom ; celle du Rav Ovadia Yossef dans sa Responsa Yabia Omer, 9ème partie ; que telle était la prononciation de ses maîtres : le grand Rabbin David Ben Kalifa, le grand Rabbin de Jérusalem Rabbi Chalom Messas et le grand Rabbin des prisons et de la police en Israël Rabbi Avraham Hazan zal. Il ajoute  « selon mon humble avis, un Juif sépharade qui change cette prononciation (par souci de "précisions" que ces maîtres n'ont pas pratiquées!) enfreint l'interdit de "al titoch" et de "motsi laag al harishonim" (se moque des pères fondateurs en insinuant qu'ils "ne savaient pas") ». [R’ Zécharia Zermati, communication à l’auteur, janvier 2013]. [1]. 

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NOTE

[1] Noter que, dans une des bénédictions où ce mot péri est utilisé, on constate une autre coutume séfarade allant à l’encontre des règles grammaticales : on dit haguéfèn et non hagafèn.

Hillel BAKIS

 

 

Commentaires, eclaircissements et précisions grammaticales
du Rav Zecharia Zermati chlita

publiées dans Hillel Bakis, Grammaire hébraïque (déc. 2013) 

 

Un cas d’annulation de la règle beged kefet rafa apres les lettres Ehévi

Tome 7 de la série LA VOIX de JACOB (tome 7): encadré, page 71 et note p. 71. Diffusion BibliEurope, Paris

La coutume séfarade, en particulier nord-africaine, est bien de dire Péri, car on est dans un cas de mafsik. On considère qu'il y a un ta’am mafsik sous le mot boré (il crée) car il convient d’éviter une compréhension erronée : à savoir que c’est le fruit qui est le sujet du verbe créer, alors que c’est bien Hachèm qui crée. De cette « interruption » découle l’annulation de la règle beged kefet rafa après les lettres Ehévi. Aussi le sens  premier de ces bénédictions reste-t-il : ‘l'Eternel crée -entre autres choses-, les fruits (péri) de l’arbre ou de la terre, le vin (guéfen) etc. 

 

Le Rav rappelle aussi que ce n’est pas le seul cas dans le Sidour : dans הרוצה בתשובה harotsté bitchouva  (A’mida); dans עיני כל חי ’éné kol ‘hay). Il mentionne à ce propos l'opinion de certains sages Yéménites dont le Maarits : pour faciliter la lecture et la prononciation, on peut rendre une lettre dégoucha (avec daguèch même si elle ne devait pas en avoir) ou réfouya (sans daguèch si elle devrait en avoir) à l'encontre des règles grammaticales! A fortiori dans la téfila et les bérakhot. R’ Zécharia Zermati, communication à l’auteur, janvier 2013. 

Texte du Rav mis en ligne le 4 avril 2016

 

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