050-051 Beth et Veth – Coutume séfarade d’Afrique du Nord

 

Précisions grammaticales de Rav Zecharia Zermati chalita

Minhag. Les Séfaradim d'Afrique du Nord

n'ont jamais différencié Beth et Veth

 

Précisions du Razaz publiées dans le Tome 7 de la série LA VOIX de JACOB

Grammaire hébraïque, de Hillel Bakis (encadré, pages 50-51). Décembre 2013 

 

Les Séfaradim d'Afrique du Nord n'ont jamais différencié entre le Beth et le Veth; on les entendra toujours dire Abraham et non pas Avraham, sans inquiétude aucune; mais aussi lors de la prononciation du Kidouch ils diront  כִּי בוֹ שַׁבַּת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ alors qu'il devrait être dit שָׁבַת (ce mot étant un verbe et non pas le nom du septième jour). Leur intention est de préciser que ce même jour, l'Eternel a pris "repos" de la création. La règle du Veth ne bouleversera pas les Chantres maghrébins qui ont quasiment annulé ce Veth de l'alphabet hébraïque (vraisemblablement pour des raisons de familiarité avec la langue arabe).

C'est bien dans ce genre de cas que l'on annonce  "המנהג מבטל הלכה « le Minhag fait force de loi jusqu'à annuler la halakha ». Rappelons que cette règle figure deux fois dans le Talmud Yérouchalmi.

. אמר רב הושעיא: "זאת אומרת המנהג מבטל את ההלכה 

1.

 א"ר יהודה בשם רב  "אם יבוא אליהו ויאמר שחולצין במנעל שומעין לו; שאין חולצין בסנדל אין שומעין לו, שהרי הרבים נהגו לחלוץ בסנדל, והמנהג מבטל את ההלכה

2.

Ceci a été réaffirmé et précisé depuis par autorités rabbiniques médiévales et jusqu’à nos jours. Telle est l'opinion du Raavad (Lunel, 12ème s.) à savoir que le minhag annule parfois la halakha même à propos d’un interdit. Le Tachbets (Alger, 15ème s.) pense de même. Quant au Rav Yits’hak Taieb (Tunis, 19ème s.), il écrit dans son commentaire du Choulhan ‘Arou'h : « un minhag a force de loi même face à un interdit dérabanane ». On trouve le même avis dans Choulhan Gavoa à propos des coutumes de la ville de Salonique; ou dans Cha’ar hamifkad  de Rabbi Refael Aharon Ibn Chim’on (Egypte, v. 1900) : « Tu observeras que parfois la coutume va à l'encontre de l'opinion du Choul'han Arou'h etc. C'est à ce propos que l'on énonce ‘le minhag annule la Halakha’ ».

Pourtant de nos jours, en particulier en Terre d'Israël où cette différenciation est redevenue de mise, y compris en hébreu moderne et courant, un 'Hazan, aussi soucieux soit-il de la tradition de ses maîtres de la liturgie Nord-Africaine, ne serra pas accusé d'enfreindre l'interdit de "al titoch torat imé'ha" "n'abandonne pas la tradition ancestrale" et ne sera même pas considéré selon nous, comme un élève qui se moque de ses pères en changeant leur prononciation (motsi laag al harishonim); s'il redonne au Veth la place qui lui est due. D'autre part on ne reprendra pas un tel lecteur de la Torah qui reste le fils d'Abraham même les jours du Chabbat!

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