010 Sur l’attitude des fidèles écoutant la lecture de la Torah

 

Précisions du Rav Zecharia Zermati chlita

 

Sur l’attitude des fidèles écoutant la lecture de la Torah

Précisions du Raza''z publiées dans le Tome 7 de la série LA VOIX de JACOB

Grammaire hébraïque, de Hillel Bakis (encadré, page 10).

Décembre 2013. Mise en ligne: 14 juin 2015.

 

 

La connaissance de certaines règles grammaticales ou de cantilation  ne donne en aucun cas le droit, aux fidèles qui écoutent la lecture de la Torah, de corriger de façon  impatiente le lecteur. Au contraire, selon notre Tradition, il ne faut pas corriger jusqu'à la fin du dit verset et respecter la prééminence du Rav et Sage de l'endroit pour vérifier la véracité de la lecture ou nécessaire correction d'une erreur de lecture. N'oublions pas que selon le Rambam, le Maharal de Prague et Rabbi Yossef Messas[1], les bénédictions prononcées avant et après la lecture de la Torah ne viennent pas confirmer la Cacherout du Sefer Torah sur lequel on lit. Elles ne confirment pas, non plus, l'exactitude de sa lecture mais bien le Maamad, l'événement, que constitue l'assemblée de ces fidèles réunis pour entendre cette lecture. Pour ces mêmes décisionnaires on pourrait jusqu'à prononcer ces bénédictions sur un Séfer Torah auquel il manquerait une lettre. Cette opinion, bien qu’elle n’ait pas été retenue comme halakha, nécessite réflexion sur l'impatience (et hélas parfois l’agressivité) de certaines  réactions à une simple erreur de ponctuation!

Certes, le Rambam écrit (lois de la Téphila 12;6) « si celui qui lit la Torah fait une erreur, ne serait-ce que la ponctuation d'une seule lettre, on se doit de le corriger afin qu'il lise avec précision ».

Pourtant le Rambam ne vient pas autoriser le fait d'humilier le lecteur, ni d'entraîner dispute dans ce petit Mikdach que constitue la Synagogue où toute parole profane doit être comptée. Le Rambam indique ici, qu'à la différence de la lecture de la Méguila, on ne peut se suffire concernant la Torah d'une lecture approximative. Pour ces raisons, la présence d’un Tomé'h (ou "souffleur") est nécessaire près du ba’al koré : c’est lui qui lui saura corriger le lecteur de par sa proximité et ses connaissances, sans pour autant élever la voix ni venir le troubler sans sa tâche difficile !

Pour les autres commentaires et éclaircissements du Rav, voir sur ce site: http://editionsbakish.com/node/1654

 

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Note

 

[1] Opinion citée dans le livre Od Yossef Haï - Loi de la Torah.

Rabbi Yossef Messas (1892-1974) fut rabbin à Tlemcen,  Algérie (1924-1940), Av bet-din à Meknès, Maroc (1940-1964), puis Grand rabbin de Haïfa les dix dernières années de sa vie, après sa montée en Israël en 1964.

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