Gram. 5.3. Le chéwa et les ‘hatafim

 

5.3. le  chéwa (שוא)  et les ‘hatafim  (חטפים)

 

 

5.3. le  chéwa (שוא)  et les ‘hatafim  (חטפים)

 

5.3.1. La prononciation du chéwa  

 

Le chéwa n’est pas une voyelle véritable mais une semi-voyelle[1] ou une demi-voyelle[2]. En fait, il indique l'absence de voyelle[3]. Il se présente sous forme de deux points disposés verticalement sous la consonne (on parle de lettre שואית - chéwaït). Exemple : זְ ; לְ ; מְ. Mais il y a chéwa (invisible) dans tous les cas d’absence de voyelle[4].

Notons que la prononciation du chéwa varie selon les traditions[5].


1. Le chéwa muet (נח  na’h)

C’est le chéwa non prononcé, dit  נח (au repos, ou dormant, donc silencieux). Les grammairiens le qualifient de « quiescent » ou d’« immobile » (en anglais : silent shewa). Il indique l'absence de voyelle (on entend la consonne seule ; il correspond à rien ou presque rien puisqu’il signale la non « voyellisation » de la consonne)[6] : comme dans עַל־הַמַּשְׁק֔וֹף al-hamachkof (Chémot 12, 23).

Le chéwa est silencieux lorsqu’il est placé après une voyelle courte[7].

 

2. Le chéwa audible (נע  na’)

Mais le chéwa peut être audible: c’est le chéwa na’ נע (שוואים נעים au pluriel) qui est prononcé. Les grammairiens le qualifient de « mobile » ; on le dit aussi « voisé » (en anglais : vocal shewa). Il est rendu par « é » dans la tradition séfarade[8]. Tout lecteur doit savoir quand le chéwa se prononce et quand il doit rester muet[9]. Le chéwa se présente sous forme de deux points disposés verticalement sous la consonne. Exemple : זְ ; לְ ; מְ. Dans ce verset, on lit נַ֭פְשִׁי (nafchi) ; מִשְּׂפַת  (misséfat) ; רְמִיָּֽה (rémiyah). Le chéwa peut être muet, c’est le chéwa na’h נח (on n’entend que la consonne ; ex. : al-hamachkof  עַל־הַמַּשְׁק֔וֹף, Chémot 12, 23).

 

 

Les cinq règles du chéwa audible (dit mobile) 

Elles sont attribuées à Elias Lévita (vers 1500). Le chéwa est audible dans les cas suivant que l’on désigne par un mot mnémotechnique:ה אבגד (ou : 1,2,3,4,5) :

1- Aleph comme première lettre du mot (de même pour un mot suivant un trait d’union - makaf). Le chéwa se prononce lorsqu’il est employé sous la première consonne d’un « mot » : Exemple וְכָל- khol; פְּקֻֽדֵיהֶ֖ם koudéhem  (Bamidbar 1, 37) ; שְׁלֹמֹה  Chélomo (cependant, le chéwa est parfois pas ou très peu marqué et on ne le distingue plus comme dans Chlomo) ;

 

2- Beth comme deuxième chéwa : lorsque deux chéwa se suivent au milieu d’un mot. Le premier ferme une syllabe (il est silencieux), et le second commence une syllabe (il se prononce). Exemples : עֶדְיְךָ֙ ’édkha (Chémot 33, 5) ; הַיִּשְׂרְאֵלִ֤ית hayis-élit (Wayikra 24, 11) ; בְּאַרְצְכֶ֔םbéhartsékhèm (Wayikra 26, 1) ; וְנִכְרְתָ֛הwénikhta (Bamidbar 9, 13) ; lawiyimלַלְוִיִּֽם  (Bamidbar 35, 8) ; בְּאַרְצְךָ֖ béartsékha (Débarim 24, 14) ; כַּרְמְךָ֔ karkha (Débarim 24, 21) ; תִּקְרְאוּ tik-ou (Zakharia 3, 10) ; תִּרְקְד֣וּ tirdou (Téhilim 114, 6) ; לְמַעְיְנוֹ־מָֽיִם léma’no-mayim (Téhilim 114, 8) ;

Cas particulier : après un aleph sans voyelle (donc après un chéwa invisible ; on se retrouve dans le cas de la règle 2 selon laquelle le second chéwa est sonore). Exemples : וַיֹּֽאמְר֨וּ Vayo-rou (Bamidbar 14,2) ; בְּצֵֽאתְכֶ֥ם bé-tsékhèm (Débarim 24, 9); תֹּֽאכְלֶ֔נָּה to-khéléna [10];

Exception : Deux chéwa consécutifs, à la fin d’un mot, sont tous deux muets[11]. Exemples : וַתַּ֖שְׁקְ vatachk (et non vatachké) (Béréchit 21,19) ; וַיַּ֖שְׁקְ vayachk (et non vayachké) (Chémot 32,20) ; וַיִּ֥שְׁבְּ ׀ Wayichb et non Wayichbé (Bamidbar 21, 1)  יַ֔רְדְּ yard et non yardé(Yicha’yahou 41 ,2).

 

3- Guimel comme voyelle guédola (longue). Le chéwa est audible lorsqu’il est placé après une voyelle longue, en début de syllabe[12].

Exemples d’application :

- après kamats gadol qui se prononce « A ». Exemples : וְעַתָּ֗ה הִשָּׁ֨בְעָה לִּ֤י hicha’a (Béréchit 21, 23) ; חָֽכְמָ֖ה‘hakhéma (Zékharia, 9, 2) ; וְשָֽׁמְר֥וּ  wécharou (Chémot 31, 16) ; וְתָֽקְע֖וּ wéta’ou (Bamidbar 10, 4) ; וְהָֽיְתָ֥ה véhata (Débarim 24, 2)[13] ; חָֽכְמָ֖ה (Zékharia, 9, 2) se lit ‘ha donc ‘hakhéma ; כִּי־אָ֣זְלַת Ki-azélat (Débarim 32,36);

- après chourouk. Ex. גְּבֻֽלְךָ֖ guévoukha (Débarim, 16, 4) ;

- après ‘hirik gadol. Ex. וַיִּֽירְא֥וּ Wayiréou  (Béréchit 20, 8) [14] ;פִּֽינְחָ֨ס Piné’has [15] (Bamidbar 25, 11); בְּכִֽיסְךָ֖ Békhikha (Débarim 25, 13) ; הֶאֱמִֽירְךָ֣ Haémikha (Débarim 26, 18) ;

- après holam malé. Ex. קֽוֹמְמִיּֽוּת komiyout (Wayikra 26, 13) ; תּֽוֹלְדֹתָ֥ם Todotam (Bamidbar 1, 32) ;

- après ‘holam ‘hasser. Exמֹשְׁבֹֽתֵיכֶֽם Mochévotékhem (Wayikra 23,31)[16] ; אֹֽתְךָ֔ otékha (Bamidbar 16, 10) ; אֹֽיְבַי֙ oyévay (Bamidbar 23,11) ; אֶל־שֹֽׁפְטֵ֖י el-chofété (Bamidbar 25,5) ; מֹ֥שְׁכֵי Mochékhé  (Yicha’yiahou 66, 19) ;

- après tséré. Ex.:   מֵֽתְךָ֖ métékha (Béréchit 23,15);  קֵ֥דְמָה ma (Chémot 38, 13) ; וַיֵּֽלְכ֥וּ Wayékhou (Bamidbar 17, 25) ; וַיֵּֽשְׁב֥וּ Wayéchébou (Bamidbar 22, 8) ;  après tséré suivi du yod (comme pour ‘hirik gadol) : comme dans בְּבֵֽיתְךָ֖ bébékha (Bamidbar 18, 11) ;

Mais cette règle guimel n’est pas systématiquement suivie par les sépharades du Maghreb : Cela explique la coutume nord-africaine qui veut que l’on lise : Pin’has et non Pi’has. R’ Settbon א’’שליט remarque : certains se sont efforcés de démontrer qu’après une voyelle longue, le chéwa était na’h (muet)[17] mais prudence : la classification en brèves et longues n’a été admise qu’à l’époque des grammairiens de la famille Kim’hi זצ"ל [18], notamment sous l’influence de la langue arabe[19].

 

4- Daleth comme dégoucha Le chéwa est audible lorsqu’il est placé sous une lettre daguéchée[20]. Le daguèch fort qui indique le redoublement de la lettre ; la lettre comportant un tel daguèch est la contraction de deux lettres identiques comportant toutes deux un chéwa ; c’est à la seconde partie de la lettre double que s’applique le chéwa audible. Ex. : לַצְּמִיתֻ֛ת latsémitat (Wayikra 29, 30) comme si on disait lats/tsémitat; וָֽאֶתְּנָ֨ה wa-éna (Bamidbar, 8, 19) comme si on disait wa-ét/téna.

Cette règle 4 se comprend comme une application particulière de la règle 2 (le deuxième chéwa est audible lorsque deux chéwa se suivent au milieu d’un mot).[21]

Sous une lettre daguéchée de la classe ת’’ בגדכפ(BéGaDKéFaT), on constate un chéwa sonore - Exemples : נִשְׁבְּע֖וּ nich'ou (Béréchit 21, 31) ; לְמִשְׁפְּחֹתָ֖ם lémich’hotam (Bamidbar 1, 36). Mais ici c’est la règle 2 qui semble s’appliquer (succession de 2 chéwa) ;

Rappel d’une exception (de la règle 2) : deux chéwa consécutifs, à la fin d’un mot, sont tous deux muets[22]. Ex. : וַיַּ֖שְׁקְ Vayachk ; וַיִּ֥שְׁבְּ ׀ Wayichb ;  יַ֔רְדְּ yard. Cela même si la consonne finale comporte un daguèch. On entend le son de la consonne seule.

 

5- Hé : le chéwa est placé sous la première de deux lettres identiques tout comme le  ה de הדומה (qui se ressemble) - Exemples : הַלְלוּיָהּ halouyah; הַלְלִי hali ; אֲהַלְלָה ahalah (Téhilim 146, 1-3) ; וְהִנְנִ֥י hini (Béréchit 6, 13) ; וּכְכָל־מִשְׁפָּטָ֖יו oukhékhol-michpataw (Bamidbar, 9, 3) ; בָּֽזְז֖וּ bazou (Bamidbar, 31, 32) ; וּלְלֵוִ֣י oulévi (Débarim, 33, 83) ; הַסֹּלְלוֹת hassolot (Yirmiyahou 32, 24) ; וּמַעַלְלֵיכֶם ouma’alékhem (Yé’hézkèl 36, 31). Lorsque le chéwa se rencontre dans de tels cas, il est audible et se prononce « é ».

Il n’y a pas unanimité : certains considérent que le chéwa se trouvant sur la première des deux lettres semblables est muet[23].

 

6) Autres cas où la lecture « é » du chéwa ne s’explique pas par les règles précédentes:

6-1* le chéwa est précédé par une ga’ya [24]: La ga’ya n’est pas la cause mais la conséquence de cette prononciation qu’il resterait à expliquer (conséquence rendue visible par les imprimeurs). Exemples;  כָּל־יֹֽצְאֵ֖י  kol yotsé-é et non pas kol yotsé (Béréchit 34, 24) ;  הִשְׁמִֽדְךָ hichmikha et non pas hichmidkha (Débarim 7, 24) ; עֹֽבְרִ֔ים orim et non pas ‘ovrim (Débarim 4, 22) ; Vayachk ce mot comportant une ga’ya sous la première lettre[25] (Wayikra 23,14 et Wayikra 23,31). La présence de la ga’ya prend toute son importance pour une bonne lecture lorsqu’il évite de fusionner en un son "khaf" les deux dernières lettres qu'il faut rendre séparément : וּבֵֽרַכְךָ֙ ouvérakhékha (Débarim 15, 18);

- parfois le kamats - une voyelle longue (donc se prononçant « A ») – devrait être suivi d’un chéwa audible mais ce chéwa reste pourtant muet[26]. Exemples  וָהָ֔לְאָה wahal-ah[27] (Wayikra 22,27) ; מָֽתְנוּ matnou[28] et non maténou (Bamidbar 14,2) ; שָֽׁוְא chaw[29] et non chawé  (Débarim 5,17);

Noter que certains chéwa suivis de la ga’ya, sont prononcés chéwa pata’h par les ‘hazanim tunisiens, usage soutenu par de nombreux grammairiens[30]. Exemples : וּשְׁקָה ouchaka[31]; מְֽשֻׁקָּדִ֞ים ouמְשֻׁקָּדִ֛ים  machoukadim[32]; וּֽשְׂדֵ֛ה oussadé[33]; וּֽשְׁמָ֔ע ouchama’ [34]. Cela alors que la règle dit que, si la lettre devant être ponctuée d’un chéwa audible est gutturale, elle prend un ’hataf à la place du chéwa [35], comme dans וּֽזְהַ֛ב ouzahav[36].

6-2* le chéwa est précédé par un ta’am : cela   se constate dans certains cas. Ainsi, on lit וְזָ֨בְח֜וּ  wézabé’hou (Wayikra 17,5).        

6-3* Chéwa placé avant une gutturale א ה ח ע ר. Nous indiquons ci-après quelques autres constatations qui ne s’expliquent pas par les cinq règles précédentes :

- Avant aleph risquant de disparaître pour l’auditeur à cause de la lecture. Ainsi : יֹֽצְאִ֖ים (Chémot 37, 18) devrait se prononcer yotsim (chéwa après une voyelle courte) mais en fait il faut le prononcer yotséim pour éviter d’escamoter le aleph - le « i » placé sous le aleph serait alors considéré par erreur comme étant celui du tsadé ; véyatséa וְיָֽצְאָ֖ה (Débarim 24, 2) ; הַיֹּֽצְאִ֖ים hayotséim et non hayotsim (Bamidbar 26, 4)[37] ; Wéyaréou וְיָֽרְא֖וּ (Débarim 28, 10) ;

 

6-4 * Chéwa ou Chéwa pata’h :  

Un certain flou est à noter sur la prononciation du chéwa pata’h par les lecteurs de la Torah  que j'ai entendue à plusieurs reprises pronocer soit "é" soit "a", l'inverse pouvant être imprimé le 'houmach que j'avais en mains[38]:

 

- Béréchit 1,18 : Dans l'édition séfarade de mekhone Ohr ha’hayim et dans l'édition yéménite de Makhon Mamré, il est écrit: וּֽלְהַבְדִּ֔יל (lamed avec chéwa, Béréchit 1,18). Mais on lit וּֽלֲהַבְדִּ֔יל (lamed avec chéwa pata'h)  dans l'édition selon la coutume tunisienne (Djerba) du Tikoun ich Matslia'h;

- Béréchit 3,17 : chez les Séfarades et les Yéménites, le khaf de תֹּֽאכְלֶ֔נָּה tokhéléna porte la voyelle chéwa (tikoun ich Maçlia’h ; édition de mekhone mamré) - mais chez les Ashkénazes תֹֽאכֲלֶנָה comporte un chéwa-pata’h;

- Béréchit 27,38 : chez les Yéménites (הַֽבְרָכָ֨ה) mais le bét comporte un chéwa pata’h dans la version tunisienne Tikoun ich Maçlia’h.

- Chémot 31, 14: le premier lamed de mé’halaléha מְחַלֲלֶיהָ (mé’halaléha) comporte un ֲ chéwa-pata’h (édition avec Rachi et Onquelos, Hévrat B.B., Jérusalem); mais il comporte un chéwa מְחַֽלְלֶיהָ (mé’haléléha) dans de nombreuses versions (tikoun Ich Maçlia’h, Mekhon Mamré, http://kodesh.snunit.k12.il/i/t/t0231.htm);

- Wayikra 10, 10 : le premier lamed de וּֽלֲהַבְדִּ֔יל (oulahavdil) comporte un chéwa-pata’h dans certaines versions (tikoun Ich Maçlia’h); mais un chéwa (וּֽלְהַבְדִּ֔יל ouhavdil) dans d’autres (Mekhon Mamré) ;  

- Bamidbar 6, 27 : le rech de  אֲבָֽרְכֵֽם (avarékhem) comporte un chéwa dans certaines versions (Mekhon Mamré ; tikoun Ich Maçlia’h ; Tanakh de Mekhon Ohr ha’hayim) chéwa pata’h dans d’autres éditions (tikoun lékorhim hé’hadach) avarakhem;  

  Noter que certains chéwa ga’ya, sont prononcés chéwa pata’h par les ‘hazanim tunisiens[39].

De telles lectures n'ont pas à être rectifiées puisqu'il n'y a pas d'erreur mais choix du ba'al koré entre deux prononciations tout aussi valables.

 

 




[1] Par exemple: M.-P. Feldhendler (2005), p.8.

[2] Par exemple: W. Gesenius (1813) le considérait comme une demi-voyelle.

[3] Lorsqu’on ne voit ni voyelle ni chéva sous une consonne, c’est que l’on a affaire à un chéva invisible.

[4] Sur la prononciation du chéva , voir : Sidour Ich Maçlia’h; R’ Meyer Jaïs ז"ל (1979), Précis de grammaire hébraïque, A.C.I.P., Paris, 92 p, voir pp. 4-5 ; Weingreen J (2004), Hébreu biblique. Méthode élémentaire, Trad. Paul Hébert, dir. J. Margain. Seconde Ed. Revue et corr. Beauchesne, Paris (A Practical Grammar for Classical Hebrew, Première Ed. Oxford 1939).  Une méthode d’hébreu moderne  indique que la voyelle chéva , soit ne se prononce pas et l’on entend que la consonne comme « t » dans le mot français « trou », soit se prononce « é » comme dans « école » (Carnaud J., Melzer R., Taube D., 2002,  L’hébreu au présent I. Manuel d’hébreu contemporain, Paris, Maisonneuve & Larose, p. 3). Une autre méthode affirme que le chéva n’est pas considéré comme une voyelle et correspond généralement au ‘e’ muet (Lambert L. & Dimansky N., 1991, L’hébreu moderne en 40 leçons, Press pocket,  p. 27).

[5] Il existe des différences entre les pronociations sépharades et  orientales : des confusions sont possibles car de nos jours, des livres imprimés pour les judéo-maghrébins en Israël sont souvent édités par des juifs qui ne sont pas originaires du monde sépharade mais du monde oriental. Ainsi, R’ Settbon א’’שליט remarque que les règles 1, 2, et 4 (voir ci-après) sont respectées par les Tunisiens, mais ce n’est pas toujours le cas pour les règles 3 et 5. Alé hadas, p. 141. Il plaide en faveur de cette habitude car l’unanimité des grammairiens n’est pas acquise : aussi faut- il s’informer pour connaître sa coutume.

[6] Comparer le nom de la voyelle avec le mot שָֽׁוְא que l’on trouve dans le texte biblique par exemple à la fin des dix commandements traduit par « faux » pour rendre עֵ֥ד שָֽׁוְא faux  témoin; A. Chouraqui rend mieux compte du sens par le mot « vain », idée d’absence, de vanité, de néant  (Débarim 5, 17).

[7] P. 19 - Weingreen J (2004), Hébreu biblique. Méthode élémentaire

[8] Le chéva « é » audible (dit mobile) est imprimé en plus gras dans le Sidour Ich Maçlia’h.

- est parfois défini comme « un e sourd très léger », D. Ellul (2003), p. 10 ;

-comme un son situé entre le son français « e » et le son « é » (abrégé de grammaire, Sidour Ich Maçlia’h Saraël, Bet Chémèch, 2001) ;

-comme un « é » pour le chéva au repos (chéva na’h (phonétiquement transcrit par le son « é »  [e], alors qu’il n’est pas transcrit dans le cas de chéva na’h).

[9] Certains grammairiens ont parlé de chéva moyen (Gotthelf Bergsträsser; Paul Joüon; R' M. Jaïs, 1979). Par exemple le chéva des noms ségolés (de type Mélekh = "roi"), à l'état construit pluriel  - Malkhé, dont le lamed comporte ce type de chéva - voir inventaire de Joüon, ou Boulanger (2006) p. 61. Cette notion regroupe artificiellement « une série hétéroclite de cas où le découpage syllabique du mot s'avère problématique » et réunit les exceptions aux règles strictes du chéva. Ils fonctionnent en même temps pour fermer la syllabe qui les précède (comme les chéva quiescents) et pour ouvrir la syllabe qui les suit (comme les chéva mobiles). « En somme, grammaticalement, il faut faire un découpage syllabique tout à fait virtuel » en faisant comme si le chéva (et la consonne qu'il affecte) était double, cela tout en lisant  comme si de rien n'était (Boulanger 2006, pp. 60-61). Aussi Boulanger parle de chéva planant  puisque ce  chéva "plane" « entre les deux fonctions grammaticales » du chéva qu'il est supposé assurer conjointement.

[10] Ce mot (Béréchit 3, 17) est ainsi écrit selon la coutume séfarade car les coutumes ashkénazes  ou yéménites, le khaf comporte la voyelle chéva-pata’h et non pas un chéva.

[11] R’ David Berdah, 3e éd., p.4. (1ère éd. 1949).

[12] Weingreen J (2004), Hébreu biblique. Méthode élémentaire, page. 18.

[13] Dans ce dernier cas il semblerait que cette règle s’applique aussi lorsque la ga’ya concerne non seulement la lettre mais toute la syllabe puisque le chéva audible suit un aleph sans voyelle précédé d’une ga’ya

[14]  Le tikoun Ich Maçlia’h précise en note : l’importance de bien prononcer le chéva na’ : שהוא מלשון יראה ולא  מלשון ראייה

[15]  Selon la règle, mais cette règle n’est pas adoptée unanimement et ce nom est souvent lu Pin’has

[16] Selon Mechom Mamré il n’y a pas de ga’ya sous la première lettre, mais ce n’est pas le cas selon d’autres versions où ce signe est indiqué sous la première lettre, le mem, et sous la troisième lettre le beth (Tikoun sofrim hamédouyak ich matskia’h; Tanakh hahaftarot hachalem de Mekhon Ohr ha’hayim, Jérusalem, 5761/2001; Ma’hzor zékhor léabraham lé’hag hasoucot, édition Bakal, Jérusalem 5747, p. 291).

[17] R’ Chelomo Almoli זצ"ל (Halikhot chewa, Constantinople, 1520) ; R’ Kalifa Malka זצ"ל (manuscrit) ; certains Richonim, cit. Alé hadas, p. 141

[18] Alé hadas (5765), p. 141. Noter que, pour les spécialistes en langues sémitiques comparées, les voyelles de l’hébreu biblique sont analysées selon leur origine et leur évolution, mais, « ces considérations fort pertinentes ont l'inconvénient d'être basées sur des hypothèses plus ou moins vérifiables et d'être très difficiles à manier pour les non-spécialistes. » Boulanger Fr. (2006), paragr. 133 (p. 27). Peut-être serait-il possible de tenter une conciliation entre les deux écoles en vocalisant très légèrement le chéwa sans aller jusqu’à prononcer « é » ? De toute manière l’influence de l’hébreu israélien sera probablement déterminante. 

[19] Les Kim’hi étaient originaires d’Andalousie. Ils se sont installés en Provincia. Né à Narbonne, RaDaK (R’ David Kim’hi dit Maistre Petit ; v. 1160- v. 1235) est l’auteur d’un traité de grammaire (première partie du  Mikhlol) où il s'inspire des travaux de prédécesseurs tels R’ Yéhouda Hayouj זצ"ל, R’ Yona ibn Yanah זצ"ל et son père, R’ Yossef Kim’hi זצ"ל.

[20] Le mot est de R’ David Berdah, Grammaire hébraïque. 3e  Ed., Alpha-Magium, Paris, 142 p. (p.3).

[21] Pour Weingreen, c’est un cas particulier et la « forme condensée » de la règle 2. Weingreen J. (2004), Hébreu biblique. Méthode élémentaire, page 19.

[22] R’ David Berdah, 3e Ed., p.4.

[23] Ils s’appuient sur l’opinion de R’ David Kimkhi זצוק"ל. Cit. R’ Meïr Mazouz א’’שליט, cit.  Alé hadas, 5765, p. 141.   Certains ’hazanim tunisiens suivent cet usage.

[24] Ces cas relèvent soit de la règle Guimel soit de la règle bet.

Ce signe (également appelé Métèg) « indique un accent secondaire dans le mot »  et s'il est suivi d'un chéva,  il invite à couper les syllabes entre la voyelle qui le précède et le chéva qui le suit  « donc à considérer celui-ci comme mobile. » (Boulanger 2006, p. 60).

[25] Selon Tikoun ich Maçlia’h.

[26] On comprend que le second kamats soit “a” (syllabes accentuées ou marquées par une ga’ya) mais pourquoi cela n’a pas pour conséquence de rendre le chéva audible   - vocalisation selon le Tikoun sofrim  Ich Maçlia’h

[27] Vocalisation selon le Tikoun sofrim  Ich Maçlia’h

[28] Vocalisation selon le Tikoun sofrim  Ich Maçlia’h

[29] Vocalisation selon le Tikoun sofrim  Ich Maçlia’h

[30] Min’hat ‘haï, sur Béréchit 27,26 et 23,18, cit. R’ Settbon, ‘Alé adass, p. 142

[31] En Béréchit 27,26. La version yéménite de Mechon mamré indique chéva sans ga’ya, la version tunisienne du Tikoun ich Maçlia’h porte un chéva pata’h.

[32] En Chémot 25,33 et 37,19. Le tikoun sofrim Ich Maçlia’h indique en note : « on lit avec chéva pata’h » (au-lieu de chéva ga’ia selon la massora. On constate que le mot  est sans ga’yia écrit en 37,19, dans l’édition yéménite du Mekhon mamré).

[33] En Wayikra 25,34

[34] En Bamidbar 23,18 et Débarim 5,23

[35] R’ David Berdah, 3 Ed.  p.3.

[36] En Béréchit 2, 12. Cas signalé par R’ Settbon, ‘Alé adass, p. 142. La version yéménite de Mechon mamré indique chéva.

[37] Une ga’ya (ou métèg) se trouve avant et attire l’attention opportunément. Noter que la présence du ga’ya est généralement le fait d’imprimeurs soucieux d’attirer l’attention des lecteurs sur la prononciation d’un mot Le chéva est imprimé en gras dans le Tikoun Ich Maçlia’h. Quelle est la raison de la particularité de prononciation que signale la ga’ya ? Peut-être peut-on dire que la syllabe qui suit une ga’ya est considérée comme la première syllabe d’un nouveau mot  (Dammron, 1961, p. 9) et que ce cas est un dérivé du premier - « aleph » de ה אבגד 

[38] Le cas suivant pourrait être comparable: j'ai ententu lire "é" le chéva pata’h de וּֽלְזַרְעֲךָ֖  (Béréchit 13,16).

 

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