Gram. 05.5 Ségol et Tséré. Prononciation

 

 

 

5.5. Ségol et tséré

 

5.5.1. Prononciation

La prononciation de ces voyelles était distinguée autrefois. Dans le monde achkenaze, le tséré est prononcé « é » [ou « aï » sous l’influence du yidich] alors que le ségol est prononcé comme un « è ». Ce qui conduisait à distinguer: אֶת  avec ségol et  אֵת avec tséré. Cette distinction est encore respectée dans certaines communautés, et, si le lecteur de la Torah lit אֶת au lieu de אֵת (ou l’inverse), l’assistance le reprend[1].

 

Aujourd’hui, ségol, tséré et ‘hataf ségol se prononcent de la même façon[2].

Autrefois, certaines communautés ne marquaient aucune différence entre ségol et tsèrè mais aussi entre ségol, tsèrè et le “i” du ‘hiriq.

Le ‘é’ du tséré et le ‘è’ du ségol était rendu par un seul et même timbre par les communautés originaires d’Afrique du nord, du Yémen ou d’Irak.

C’est ainsi que la prononciation populaire judéo-maghrébine permet de répondre "Amin!" au lieu de "Amen!" ; et de dire  "Ribbi" ou bien "Rèbbi" pour "Rabbi".  En conséquence, les services d'état-civil de l'administration française ont utiliser différentes transcriptions en lettres latines pour des patronymes et prénoms juifs[3].

 




[1] Témoignage - Il a été remarqué que le אֵ֥ת « ét » (ouוְאֵ֥ת  « vé-ét ») est accompagné d’un signe de cantilation alors que אֶת « èt » (ouוְאֶת  « vé-èt »)  est lié au mot suivant par un trait d’union. Communication orale de Y. Maser הי"ו au nom de R’ Mordekhaï Berger א’’שליט (2004). Voir par ex. Chémot 35, 10 à 21 : אֵ֛ת אֶ֨ת־הַמִּשְׁכָּ֔ן, וְאֵ֖ת

[2] S. Kessler-Mesguich (2008), p. 37.

 

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