Votre fiancée vous a écrit?

 

 

Un fait simple et surprenant survenu dans le métro, alors que l'auteur se rendait à son bureau...  

 

"Votre fiancée vous a écrit ?"

 

Un matin de mai, j’étais dans le métro direction « Ourcq », dans le 19ème arrondissement de Paris, en route vers mon bureeau. Comme souvent, j’étudiais un texte de la paracha ou de la haftara qui seront chantés le chabbat suivant.

C’est alors qu’un chanteur-guitariste, après une agréable musique, m’a demandé en regardant la page de Thora que j’avais en main : « Votre fiancée vous a écrit ? »

 

- Oui ! »  répondis-je en souriant, et en lui donnant une petite tsédaka.

J’avais eu comme un éblouissement de compréhension : je réalisais pourquoi, chaque matin, en mettant mes téphilines et en enroulant deux anneaux de lanière autour de la première phalange du majeur, et un anneau autour de la seconde,  je récitais la phrase biblique et traditionnelle (Osée, 2, 21-22) : « Véérastikh li lé’Olam… / Je te fiancerai à Moi pour l’Eternité. Tu seras Ma fiancée par la droiture et la justice et par la bonté et par la miséricorde. Et je te fiancerai à Moi par la foi, et tu connaîtras l’Eternel ! »

 

Miracle du quotidien !

A 7 heures, chez moi, je déclare rituellement que je me « fiance » à D.ieu, et à 8h30, dans le métro, un poète inspiré me demande précisément si je lis une lettre de « ma fiancée », lettre qui est en fait un texte de Thora !

Preuve spirituelle que nos actes religieux habituels, que nous faisons parfois par habitude (ce qui est déjà plutôt bien) répondent à une réalité profonde, concrète, que les plus sensibles des personnes qui nous entourent peuvent ressentir, à leur manière, même dans le métro, aux heures de pointe !

 

En fait, le compte du ‘Omer, ne serait-ce pas cela, aussi ? Compter les jours avec impatience, en attendant le don de la Thora. En attendant cette lettre d’amour que le Fiancé divin du peuple d’Israël réexpédie fidèlement, chaque Chavouot, à chacun d’entre nous ? 

 

Gilles Joseph Bakis (Val-de-Marne)

Initialement publié dans  Actualité juive, N° 1117 - Jeudi 13 mai 2010, p. 11

Mis en ligne le 13 novembre 2015

© Gilles Joseph Bakis  et/ou © Hotsaat Bakish 

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