Salim Halali et les relations judéo-musulmanes

par Gilles Joseph Bakis

A l’heure de la rencontre historique CRIF/Grande Mosquée de Paris (17/01/2012), et suite au débat qui s’est instauré via le « courrier des lecteurs » d’Actualité Juive, sur « ces Musulmans qui sauvèrent des Juifs » (19/01/2012), il m’est apparu qu’un témoignage devait ressortir, concernant une très grande figure de la Communauté Juive d’Algérie : Salim (Simon) HALALI, chanteur de musique arabo-andalouse et de variétés, né à Bône, connu en France et dans tout le sud du bassin méditerranéen (il fut même admiré par la grande chanteuse égyptienne Oum Kalsoum ! ). Il s’agit aussi d’un proche familialement, car sa mère s’appelait Chelbïa (Marie) Bakis - épouse de Fraji Halali.

En 1937, le jeune Salim partit à Paris pour développer sa carrière de chanteur. Durant l’occupation allemande, Si Kaddour Benghabrit, fondateur de l'Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris, lui sauva la vie en lui fournissant une fausse attestation de Musulman, et cela lui permit d'éviter d'être arrêté et déporté (source : Wikipédia).

Souvenir poignant et familial : j’ai vu, dans un Carré du Cimetière israélite de Bagneux, une tombe qu’on m’a signalée comme étant celle de sa mère et dédiée aussi à sa sœur : sur cette stèle était inscrits les noms de « Mme Veuve HALALI, née Marie BAKIS », et de « Berthe HALALI  née le 16 Décembre 1926, déportée en Septembre 1943 » (1). Que le D.ieu d’Israël soit béni, et qu’Il bénisse la mémoire des victimes de la Shoah ! Qu’Il bénisse l’ensemble des Enfants d’Israël, ainsi que les « Justes des Nations » qui aidèrent des Juifs à sauver leur vie. Amen!

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NOTE

(1) Berthe Halali épouse Valaix (17 ans) fut déportée avec son bébé, Claude Valaix âgé de 7 mois). Leur dernière adresse connue est au 36 de la rue François Miron dans le quartier du Marais (Paris IV). Voir la page de Serge Klarsfeld, "FRENCH CHILDREN OF THE HOLOCAUST. A memorial", pages 297 à 299, http://phdn.org/archives/holocaust-history.org/klarsfeld/French%20Children/html&graphics/C59.shtml . Par ailleurs, l’historien Jean Laloum m’a dit « qu’on ne comprend pas pourquoi Berthe Valaix a été déportée alors qu’elle était 'conjointe d'Aryen' » (communication téléphonique du 5 janvier 2012). De fait, la mention "CA" est bien apposée sur le document qu'il m'a montré et la concernant. (Note de l'éditeur - Hillel Bakis).

 

D'après un texte initialement publié dans

Actualité juive, n° 1195, du 26 janvier 2012, page 8.

Mis en ligne le 31 août 2016

©  Gilles Joseph Bakis  et/ou © Hotsaat Bakish

 

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