Libérez nos femmes 

 

Par Gilles Joseph Bakis

 

Bien sûr que l’on s’indigne, quand la presse nous apprend qu’une organisation terroriste, signalée comme islamiste, aurait enlevé des centaines de jeunes filles nigérianes chrétiennes, pour les vendre comme esclaves ! C’est épouvantable !... Mais, chez nous aussi, dans la « Patrie des droits de l’Homme », il arrive que la liberté des femmes soit mise en cause, certes de manière non violente. Cela n’a rien à voir avec la tragédie décrite ci-dessus, mais il faut aussi en parler : dans certains couples juifs, des maris, pour délivrer à leurs ex-épouses le « guet », l’acte de divorce religieux, les contraindraient  parfois à payer une sorte de rançon financière ! Pourquoi ? Rachat de leur liberté ? Une femme serait-elle la propriété « marchande » de son mari, ou de son ex-mari ? Quelle hérésie !...

Que dit la Torah ? Le mariage repose sur un principe fondamental, la mission de l’homme de « rendre heureuse la femme qu’il a épousée » (Deutéronome, 24,5). Si cela n’a pas été possible, inspirons-nous de la parole divine adressée à Abraham à propos de Sarah, l’épouse de celui-ci, pour un tout autre sujet : « Chéma békolah ! Ecoute sa voix ! » (Genèse,  21,12). En l’occurrence, si un divorce a été prononcé par un tribunal civil, écoutons donc la voix des femmes (et des hommes) qui veulent retrouver leur pleine liberté conjugale !

Et si un ex-mari récalcitrant s’obstinait à retenir captive, « religieusement », la fille d’Israël qui lui avait fait confiance ? Les autorités rabbiniques pourraient-elles exercer une contrainte sur lui ? Il y a débat là-dessus, mais le 2ième Livre de SAMUEL (3,14-16) nous offre un cas de jurisprudence biblique en ce sens : un mari en larmes, Paltiël, est contraint par les autorités de quitter son épouse Mikhal  (pour la rendre à David, son premier mari) ! S’appuyant sur ce texte, les autorités rabbiniques pourraient-elles obliger le mari divorcé civilement à remettre le « guet » à son ex-épouse ?

Le but est clair, permettre aux ex-conjoints, et évidemment surtout aux femmes (concernées par l’aspect contraignant de l’acte de divorce religieux) de refaire leur vie, et de se retrouver libres de se remarier et d’avoir des enfants légitimes !

Allez, un sourire dans ce dramatique débat : sait-on que dans l’Histoire antique, il est arrivé qu’une femme juive ait répudié son mari ? C’était Salomé, la sœur du roi de Judée, Hérode 1er le Grand !

Initialement publié dans Actualité juive, n°1301, le 22 mai 2014, page 9

Mis en ligne le 1er septembre 2016

© Gilles Joseph Bakis  et/ou © Hotsaat Bakish

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