Traditions- Famille- Fille- Cérémonie dite Zéved habat

 

 

Nomination d'une fille. Cérémonie dite Zéved habat 

De nos jours, cette cérémonie est souvent appelée « la nomination » à l’instar de la coutume achkénaze (ou parce que cela est plus simple que Zéved habat pour des personnes non familiarisées avec la langue hébraïque).

 

Cérémonie à la maison

Chez les Séfarades, dès la naissance on donne un nom à la petite fille, mais la cérémonie elle-même avec les bérakhot de nomination peut n’intervenir que dans les premiers mois de l'enfant. C’est l'occasion d'une fête en famille mais en présence d’un rabbin, et d’un Cohen si possible. Cependant, comme pour toutes les mitsvot, il n’est pas bon de retarder les cérémonies religieuses.

Lorsque la cérémonie se tient à la maison, le rabbin (ou la personne faisant office de rabbin) dit une bénédiction pour l’enfant.

« Si un Cohen se trouve dans l’assistance, il bénira le bébé selon la tradition (birkat cohanim). À défaut, un membre honorable de l’assistance pourra réciter cette bénédiction (voir ci-après : mi chébérakh de la nomination d’une fille).

 

Nommer une fille à la synagogue devant la Torah

Une coutume tend à se généraliser. Elle a cours tant en diaspora qu’en Israël, tant chez les sépharades que chez les achkénazes ou les juifs des mouvements ’hassidiques : la cérémonie se tient quelques jours après la naissance, lors de la montée à la Torah du père à la synagogue[1]. Le Rabbi de Loubavitch remarque qu’il convient de nommer une fille « à l’occasion de la lecture de la Torah la plus proche de la naissance. » [2]

En Israël, le père monte à la Torah le chabbat suivant la naissance et nomme sa fille, même si son épouse et sa fille sont encore à l’hôpital. S’il se trouve à l’hopital, il peut procéder à la nomination dans la synagogue de l’hôpital, et son épouse tente alors d’assister à ce moment avec son bébé. Lorsque la maman et le bébé entrent à la synagogue de leur communauté ultérieurement, un kidouche sera offert par la famille. Cette entrée à la synagogue de la maman et du bébé n’ayant aucun caractère d’obligation, elle peut intervenir quelques semaines après la naissance.

Si, un même chabbat, les responsables de la synagogue doivent honorer à la fois le père d’un garçon dont la mila doit être annoncée, et le père d’une fille dont la mère se rend à la synagogue pour la première fois depuis son accouchement, la priorité revient au père de la fille. Il est d’usage, en effet, que le père du garçon cède son droit[3].

 

Nomination et  bénédiction

Le texte se trouve dans les sidourim [4]. Rappelons que, pour toute question halakhique, il convient d'interroger un rav, selon sa coutume. 

On chante certains versets : יֽוֹנָתִ֞י בְּחַגְוֵ֣י הַסֶּ֗לַע בְּסֵ֨תֶר֙ הַמַּדְרֵגָ֔ה הַרְאִ֨ינִי֙ אֶת־מַרְאַ֔יִךְ הַשְׁמִיעִ֖נִי אֶת־קוֹלֵ֑ךְ כִּֽי־קוֹלֵ֥ךְ עָרֵ֖ב וּמַרְאֵ֥יךְ נָאוֶֽה׃   « Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher, dissimulée dans les pentes, laisse-moi voir ton visage, laisse moi entendre ta voix ! Car ta voix est suave et ton visage gracieux » (Cantique des Cantiques 2,14).

S’il s’agit d’une aînée, on ajoute :אַחַ֥ת הִיא֙ יֽוֹנָתִ֣י תַמָּתִ֔י אַחַ֥ת הִיא֙ לְאִמָּ֔הּ בָּרָ֥ה הִ֖יא לְיֽוֹלַדְתָּ֑הּ רָא֤וּהָ בָנוֹת֙ וַֽיְאַשְּׁר֔וּהָ מְלָכ֥וֹת וּפִֽילַגְשִׁ֖ים וַֽיְהַלְלֽוּהָ׃  « Elle est unique ma colombe, mon amie accomplie ; elle est unique pour sa mère, c’est la préférée de celle qui l’a enfantée.  En la voyant, les jeunes filles la proclament heureuse ; reine et concubines font sa louange » (Cantique des Cantiques  6, 9). [5]

Certains récitent le psaume 128 (תהילים קכח) [ 6]

 

Psaume 128 

שִׁ֗יר הַֽמַּ֫עֲל֥וֹת
אַ֭שְׁרֵי כָּל־יְרֵ֣א יְהוָ֑ה    הַֽ֝הֹלֵ֗ךְ בִּדְרָכָֽיו׃
יְגִ֣יעַ כַּ֭פֶּיךָ כִּ֣י תֹאכֵ֑ל    אַ֝שְׁרֶ֗יךָ וְט֣וֹב לָֽךְ׃
אֶשְׁתְּךָ֤ ׀ כְּגֶ֥פֶן פֹּֽרִיָּה֮    בְּיַרְכְּתֵ֪י בֵ֫יתֶ֥ךָ
בָּ֭נֶיךָ כִּשְׁתִלֵ֣י זֵיתִ֑ים    סָ֝בִ֗יב לְשֻׁלְחָנֶֽךָ׃
הִנֵּ֣ה כִי־כֵ֭ן יְבֹ֥רַךְ גָּ֗בֶר    יְרֵ֣א יְהוָֽה׃
יְבָֽרֶכְךָ֥ יְהוָ֗ה מִצִּ֫יּ֥וֹן    וּ֭רְאֵה בְּט֣וּב יְרֽוּשָׁלִָ֑ם כֹּ֗֝ל יְמֵ֣י חַיֶּֽיךָ׃
וּרְאֵֽה־בָנִ֥ים לְבָנֶ֑יךָ    שָׁ֝ל֗וֹם עַל־יִשְׂרָאֵֽל׃

 

L’officiant dit alors la bénédiction suivante (le mi chébérakh de la nomination d’une fille):

מִי שֶׁבֵּרַךְ אִמּוֹתֵינוּ שָׂרָה וְרִבְקָה. רָחֵל וְלֵאָה. וּמִרְיָם הַנְּבִיאָה וַאֲבִיגַיִל. וְאֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה בַּת אֲבִיחַיִל. הוּא יְבָרֵךְ אֶת הַיַּלְדָּה הַנְּעִימָה הַזּאת. וְיִקָּרֵא שְׁמָהּ (בְּיִשְׂרָאֵל) פלונית. בְּמַזַּל טוֹב וּבְשַׁעַת בְּרָכָה. וִיגַדְּלֶהָ בִּבְרִיאוּת שָׁלוֹם וּמְנוּחָה. וִיזַכֶּה לְאָבִיהָ וּלְאִמָּהּ לִרְאוֹת בְּשִׂמְחָתָהּ וּבְחֻפָּתָהּ. בְּבָנִים זְכָרִים. עשֶׁר וְכָבוֹד.

וְכֵן יְהִי רָצוֹן וְנאמַר אָמֵן׃ . דְּשֵׁנִים וְרַעֲנַנִּים יְנוּבוּן בְּשֵׂיבָה     

 « Que Celui qui a béni nos mères, Sarah, et Rivka, Ra’hel et Léa, et Myriam la prophétesse et Avigaïl, et Esther la reine fille d’Avi’hayïl [7] et bénis cette fille agréable dont le nom en Israël sera (PRENOM) avec un bon mazal, en cette heure bénie (Bémazal tov ouvcha’at bérakha)[8]. Qu’Il la fasse grandir en bonne santé, dans la paix et la tranquillité. Puissent son père et sa mère avoir le mérite de voir sa joie et son mariage, et ses fils riches et honorés. tout en conservant dans la vieillesse avancée beaucoup de santé Ainsi soit-il et disons Amen ! »

 

La réception

Pour donner un caractère de mitsva à la cérémonie, le rabbin ou l’officiant dira un dvar Torah (commentaire de la paracha, talmud, Midrach, Halakha) »[9].

On y récitera les bénédictions avant de consommer les différents produits (mézonot, ‘ets, haadama, chéakol, haguéfen en cas de vin ou jus de raisin). Si du pain est servi, il faudra faire précéder sa consommation de nitilat yadayim, et terminer par la birkat hamazone. « Il est toujours bon lors de ces repas d’inviter des nécessiteux de la communauté, afin d’ajouter la mitsva de tsédaka. » [10]

 


[1] Voir son déroulement par exemple dans : R’ David Settbon, ‘Alé hadas, p. 436.

[2] D’après le comportement adopté par l’Admour Haémtsahi, cit. R’ M.M. Schneerson (2001), Attendre et avoir un enfant…,  p. 31. Parmi les références mentionnées dans ce document, on relèvera : Taameï Ha Minhaguim, à la page 396 ; le Kéter Chem Tov du Rav Gaguin, tome 1 ; Séfer Ziv HaChemot, chapitre 3 et les références qui y sont indiquées ; Lettres du Rabbi de Loubavitch (Tome 4, p. 48 ; Tome 14, p. 56, qui mentionne différentes coutumes).

[3]  R’ A. Atlan, 1995,  p. 32.

[4] Par exemple : Sidour Pata’h Eliyahou - Rituel de prière rite sépharade, édité par Joseph-Elie Charbit, Ed. du Sceptre, édition bilingue Janv. 2005, Paris, p. 371.  

[5] Information parue dans le Calendrier  hébraïque 1994-95 – 5755, Communauté Cultuelle Israélite (CCI) de la Guadeloupe, Gosier, 223 p. (p. 29).

[6] D’après une coutume d’Afrique du nord (voir Calendrier  hébraïque 1994-95 – 5755, CCI de la Guadeloupe, Gosier, 223 p. (p. 30).

[7] Certains ajoutent ici (version française) une bénédiction spéciale pour le père et la mère de l’enfant : « Bénis notre frère (...) et notre sœur (...) qui viennent t'offrir leurs actions de grâce pour les faveurs dont tu les as comblés en leur accordant ce bébé, et surtout pour l'assistance et la protection dont tu as entouré la mère au moment de la naissance de cette enfant. En la présentant devant toi dans le temple consacré à tes louanges, ils font le vœu de l'élever avec amour et dans les principes de notre sainte religion. Ils rempliront leur promesse, et toi, Seigneur, tu exauceras leurs vœux… » Extrait de : Calendrier  hébraïque 1994-95 – 5755, CCI de la Guadeloupe, Gosier (p. 30).

[8] Certains terminent la version française par : « Nous la plaçons, Seigneur, sous ta sainte garde, et nous la recommandons à ton cœur paternel. Protège-la, et préserve-la de tout malheur. Rends la santé et la force à sa mère. Que la paix et la sécurité résident constamment au sein de sa famille. Eloigne d'elle les peines les soucis, et puisse cette jeune enfant donner, en grandissant, la joie et le bonheur à ses parents! Que ce soit ta volonté sainte, ô notre Dieu, ô notre libérateur! Amen. » Extrait de : Calendrier  hébraïque 1994-95 – 5755, CCI de la Guadeloupe, Gosier (p. 30).

 

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