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La naissance d’une fille est une bénédiction 

La naissance d’une fille est une bénédiction pour les parents et grands-parents. "La vie atteint sa plénitude quand on est béni par la naissance d'une petite fille."  [1].

Lorsque la Torah écrit וַֽיהוָ֛ה בֵּרַ֥ךְ אֶת־אַבְרָהָ֖ם בַּכֹּֽל׃ "Hachèm bénit Abraham en toutes choses" (Béréchit 24,1) les Sages expliquent: cette "grande bénédiction" c'est une fille (T.B. Baba Batra 16b)  [2]. Pourquoi ne telle louange? "Le peuple juif a toujours remercié le créateur pour les femmes juives parce que notre survie, en tant que nation, leur est fondamentalement due... Fêter la naissance d'une petite fille c'est célébrer la survie juive, les valeurs juives et la destinée juive."  [3] .

 

Cela pour plusieurs raisons:

- comme la judéité provient de la mère, la naissance d'une fille prend une grande valeur. Ses enfants seront juifs. Après tout, pour un garçon on n'en est jamais très sûr (à D. ne plaise).

-  par son amour et ses soins, la femme permet aux bébés de se développer: "D'une manière métaphorique, on pourrait dire que la mère donne au bébé sa nourriture et l'amour qui va mettre en valeur ses ressources potentielles internes" [4]. 

R’ Hisda enseigne : דאמר רב חסדא בת תחלה סימן יפה לבנים  « La première fille [premier enfant] représente un bon signe pour les garçons [à naître ultérieurement] » (T.B. Baba Batra 141a).  Deux réponses sont avancées par la guémara :

- parce qu’elle élève les enfants suivants (qui ont plusieurs personnes qui s’occupent d’eux [5]). Rachbam commente cette page qui fait partie des pages non commentée par Rachi : « elle va faire grandir son frère »;

- qu’il n’y aura pas de mauvais œil [6].  

- R’ Hisda ajoute : ולדידי בנתן עדיפן לי מבני « Avoir des filles vaut mieux qu’avoir des garçons. » (T.B. Baba Batra 141a). Tossefot expliquent cette remarque comme suit: les filles de R’ Hisda s’étant mariées à de grands talmidé ‘ha’hamim, R’ Hisda a pu avoir (grâce à ses filles), des  gendres comptant parmi les grands de leur génération.

 

Les mérites de la fille  

Une petite fille naît "parfaite", contrairement aux garçons (puisqu'elle n'a pas besoin de circoncision) [7].

Seules les filles, chaque jour, remercient Hachèm qui les a crées selon Son ratsone : il s’agit du « plus élevé de Ses noms »  [8] mais on traduit ce mot ratsone  par volonté (« …qui m’a créée selon Ta volonté ») [9].

Ce n'est donc pas pour rien qu'une fille atteint sa majorité religieuse à 12 ans, un an plus tôt qu'un garçon!  

Une petite fille porte en elle la capacité à amener au monde les générations futures et transmet à ses enfants l’appartenance au peuple juif. Les femmes jouent un rôle fondamental dans « l’éducation » de leurs enfants [10].

 

Les mérites de la mère et de l’épouse  

C’est grâce au mérite de la mère, de l’épouse, que la bénédiction se trouve dans la maison ; elle protège l’homme des conseils du mauvais penchant [11] : « Les femmes ont un grand mérite dans le développement spirituel de leur mari [12], car elles l’encouragent à progresser dans l’étude de la Torah et dans le service de Hachèm ית"ש.

Rabbi ‘Akiba a déclaré à ses disciples : ‘Tout ce qui est à moi et à vous est à elle’ [13]. En effet c’était sa femme qui l’avait poussé à étudier » [14].

 

Le mérite des femmes dans la Bible

Dans les périodes les plus critiques de son histoire, des femmes ont joué un rôle clé pour la survie du peuple juif. Ainsi, Rivka (Rébecca) est intervenue pour que Ya'akob (Jacob) soit béni par son père Yits'hak (Isaac). Pendant l'esclavage en Egypte, ce sont les femmes qui ont conservé l'espoir en l'avenir et ont continué à avoir des enfants malgré le risque que le décret de pharaon faisait courir aux bébés mâles. Les femmes ont refusé de donner leurs bijoux pour faire le veau d'or ne prenant pas part à cela. Elles n'ont pas participé à la faute des explorateurs.

De plus, c'est deux femmes Esther et Yéhoudit (Judith) qui sont les héroïnes de Pourim (tentative d'extermination physique de tout le peuple), et de 'Hanouka (tentative de destruction spirituelle par les Gréco-Macédoniens)



[1]  CIS / Consistoire Israélite de Strasbourg (http://www.cisonline.org), et Lamed.fr. consult. nov. 2011.

[2]  Cité par CIS / Consistoire Israélite de Strasbourg (http://www.cisonline.org), et Lamed.fr. consult. nov. 2011.

[3]  CIS (http://www.cisonline.org), et Lamed.fr.

[4]  CIS (http://www.cisonline.org), et Lamed.fr.

[5]  איכא דאמרי דמרביא לאחהא.

[6]  ואיכא דאמרי דלא שלטא ביה עינא בישא. Le Maharcha explique comme suit cette réponse : il s’agit du mauvais œil que les garçons suivants pourraient jeter à leur frère aîné. De fait, par la naissance d’une fille au premier rang de la fratrie, il n’y aura pas de « békhor » (aîné). Au contraire lorsque naît un garçon, il disposera selon la loi biblique de deux parts d’héritage, alors que les enfants ultérieurs n’en auront qu’une. En conséquence, ils peuvent être amenés à jalouser leur aîné, et lui porter le mauvais œil.  L’arrivée d’une fille au premier rang est un bon signe pour les fils, car la répartition de l’héritage sera égale (Maharcha, ‘hidouché aggadot sur T.B. Baba Batra 141a).

[7] A pu écrire avec justesse le mohel Aharon Altabé (sur son site web http://www.milah.fr/).

[8] « Ses valeurs qui dépassent celles de l'homme (au point qu'elle n'a même pas besoin du rituel comme la brit bila, et qu'elle dit chaque jour, elle seulement, qu'elle remercie le Ciel de l'avoir créée selon le plus élevé de Ses noms, le ratsone, mal traduit pas "Sa volonté"). Sans Myriam, pas de Moïse. Il est temps de la reconnaître, cette fontaine de vie divine et humaine », R’ Yéochoua’ Ra’hamim Dufour, Modia’ (bulletin 28 mars 2011).

[9] R’ Yéochoua’ Ra’hamim Dufour, Modia’ (bulletin, 28 mars 2011).

[10] Voir : Dracha ‘Femmes et hommes’, paracha  Pékoudé, dans Hillel Bakis, La voix de Jacob, vol. 1.

[11] T.B. Baba Metsia 59a & Zohar 52a, cit. R’ D. ‘H. Pinto (5763), Pa’had David, Wayikra

[12] Bérakhoth 17a, cit. R’ D. ‘H. Pinto (5763), Pa’had David, Wayikra

[13] T.B. Ketouboth 63a, cit. R’ D. ‘H. Pinto (5763), Pa’had David, Wayikra

 

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