Cont&r JAfN – 3. La diseuse de bonne aventure

 

La diseuse de bonne aventure

Récit familial, Sousse, Tunisie, 1965 [1]

 

Rika et Fertouna avaient été passer quelques jours chez leur tante Reina, veuve depuis peu. C'était une joie pour les filles, la maison étant située près de la plage.

Ce jour-là, une diseuse de bonne aventure frappa à la porte. Reina savait que toutes ces pratiques à la limite de la magie étaient strictement interdites par le rabbin de sa ville. Mais elle pensait que ce pourrait être source d’une situation intéressante qui convaincrait ses nièces de l’ineficacité de ces partiques. Reina permit à la bohémienne d’exercer son « art »...

Cette dernière, comme l’avait prévu Reina,  imagina avoir affaire à une mère entourée de ses deux filles, les âges respectifs rendant inévitable une telle méprise. Après un regard sur la villa, elle présuma que le mari avait une bonne profession... Dire l’avenir dans ces conditions serait facile ! Sûre d’elle, elle annonça que le mari allait gagner encore plus d'argent, que les époux allaient être très heureux entourés de leurs filles. Et plusieurs autres choses de la même veine...

Mettant fin à la plaisanterie, Reina se moqua de la diseuse de bonne aventure, lui révélant qu'elle était veuve, que la maison n'était pas à elle, et que les filles étaient ses nièces...

Confuse et sans demander son reste, la bohémienne s'en alla sans insister...

 


[1] D’après F.M., l’une des protagonistes du récit (collecte: 1979). 

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