Une fille à la synagogue!

 

 

Une fille à la synagogue ! 

 

Me rendant à la synagogue comme d’habitude le chabbat, j’entendis à nouveau le rabbin parler des « tsitsits », et expliquer leur rôle : nous rappeler les mitsvot. Il indiqua qu’ils représentent le Nom divin (à quatre lettres), et il précisa leur positionnement, sur les coins du vêtement masculin.

« Mais pourquoi quatre coins ? me dis-je. Pourquoi est-ce si important ? »

Soudain, l’idée me vint ! Les vêtements sont généralement ronds (robes, jupes, pulls, pantalons, kippas, etc.), et le monde est construit sur l’idée du cercle (cellules, planètes, système solaire, etc.). Or, le cercle est défini par la constante PI=3,14 (1) et nous savons que le nombre 314 est la valeur numérique du Nom divin Cha-daï, en guématria. Voilà donc : D’ieu nous protège naturellement dans le rond (la terre, les planètes, l’univers) et dans nos vêtements ronds ! Mais que se passe-t-il dans ce qui est carré, rectangulaire, ou en losange ? Comment appeler naturellement la protection divine ? Simplement ajouter, dans ces vêtements à coins, et comme le recommande le Livre de Bamidbar (15, 37-40), des « tsitsits » qui représentent le Nom divin. D’ailleurs, dans nos maisons nous appelons la bénédiction divine sur nos pièces (généralement) rectangulaires, en apposant une « mezzouza » à l’entrée !

Dans le recueillement de l’office, au milieu de mes copines de la synagogue, je me suis posé une autre question : et les femmes, justement, pourquoi ne portent-elles pas de « tsitsits », comme les hommes ? D’ieu les protègerait-il « naturellement » dans leurs vêtements ronds et par les formes rondes de la féminité ?

Sur le chemin du retour, en expliquant ces idées à mon mari, il m’affirma qu’à sa connaissance, je venais de faire un « hiddouch », une interprétation nouvelle, et il me conseilla de la faire connaître. Alors, la voici ! Et vivement chabbat prochain, pour d’autres idées, si D’ieu veut ! ♦

 

-------------

NOTE

(1) On a l’usage de désigner cette constante du cercle par la lettre grecque π qui commence le mot "périmètre" en grec.

 

Chantal Bakis-Guez (Val-de-Marne)

Initialement publié dans Actualité Juive N° 1284 - Jeudi 9 janvier 2014, p.8

Mis en ligne le 13 novembre 2015

© Chantal Bakis-Guez et / ou © Institut Rabbi Yesha’ya, Hotssat Bakish

Laisser un commentaire