Sépher-Torah au féminin…

 

Sépher-Torah au féminin…

 

Me voilà à nouveau à la Synagogue pour le chabbat, le samedi matin. Soudain, j’entendis un fidèle s’exclamer : « Il faut rhabiller la Torah ! ». Rhabiller la Torah ? C’est donc qu’on l’a déshabillée ! Je vois le rabbin finir de lire le deuxième sépher Torah (c’était Roch ‘Hodech), tel un praticien aidant à l’accouchement d’une nouvelle « Paracha ». Il était appliqué, entre les deux rouleaux de la Loi, s’aidant de la « main de lecture » en argent, et élevant chaque lettre, chaque mot, à la compréhension de chacun. Il stimulait les fidèles à l’étude de cette nouvelle « Paracha » et bénissait le lieu saint où était lu ce nouveau texte sacré.

Je me demandais : « Et si nous vivions, à cet instant précis, une naissance ? D’ailleurs, nous avons 52 semaines, et un peu plus de parachote. Or, en guématria la valeur numérique de 52 est l’équivalent au mot « BeN »  (2 pour le Beth, et 50 pour le noun). Et Ben signifie « fils » ! 52 semaines donc 52 fils spirituels qui naissent, chaque année, dans chaque clinique-synagogue, entre les mains de rabbins obstétriciens !

Aussi, à la fin de la lecture publique, la Torah est-elle soigneusement rhabillée, avec précaution et respect : on met sa ceinture, sa robe de velours, on l’orne de colliers et on la coiffe d’une couronne. Puis on la reconduit dans sa maison, l’ « aron hakodech », l’arche sainte. On sait qu’elle a fait briller en chacun de nous une lumière particulière…

Peut-on, à cette image, honorer la femme par des valeurs de respect, de sagesse, d’honneur, de délicatesse ? Elle aussi apporte cette lumière spécifiques : pensons à toutes celles, prophétesses, reines ou épouses dans la vie quotidienne, qui ont su, au sein de leur histoire ou de l’Histoire biblique, trouver la force et le pouvoir de préserver, voire de changer, le destin de leur famille ou de leur peuple ! ♦

Chantal Bakis-Guez (Val-de-Marne)

 

Initialement publié dans Actualité Juive N° 1321- Jeudi 27 nov.2014, p. 9

Mis en ligne le 13 novembre 2015

© Chantal Bakis-Guez et / ou Institut Rabbi Yesha’ya, Hotssat Bakish

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