L’éducation par les sens…

 

L’éducation par les sens...

 

Bien sûr, nous avons la parole pour communiquer. Mais D.ieu nous a dotés de cinq sens qui sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher. Ces cinq sens sont bien connus et bien utiles : ils nous servent à percevoir, apprendre, et emmagasiner des données, pour les tenir à disposition dans notre cerveau (c'est le disque dur !).

Toutes les images, et les sons, odeurs, saveurs, sensations, sont gardés dans notre esprit, tels des messages de vie, et se conjuguent entre eux pour vivifier leur enseignement. Souvenons-nous de l'expérience merveilleuse du don de la Torah, où l'émotion était telle que « vue » et « ouïe » se sont mêlées dans les sensations du peuple hébreu : « Vékhol-ha'am roïm ète-ha-kolot... Et tout le peuple voit les voix !... » (L'Exode-Chémot 20, 15)

Et c'est ainsi que, depuis cette époque, nous mettons en œuvre les habitudes de vie et les devoirs transmis par nos parents et nos rabbins : citons simplement, par exemple :

·                    pour la vue, l'allumage des nérot ;

·                    pour l'ouïe, le son du Chofar, les prières quotidiennes, les chants de Chabbat et de Yom Tov ;

·                    pour l'odorat, l'arôme des succulents repas traditionnels ;

·                    pour le goût, la saveur des ‘halot ;

·                    pour le toucher, la sensation de l'eau du mikvé, nos tenues tsnioutes, et aussi, pour nos pères, maris, et fils, la mise du taleth et des tephillin...

 

Et rappelons la fête de Souccot où les quatre espèces végétales sont assimilées aux quatre types de Juifs en fonction de leur niveau de pratique religieuse.

L'étude de la Torah étant comparée au goût, et les Mitsvot à l'odeur, nous avons les cédrats (goût et odeur), les loulavim (goût sans odeur), les myrtes (odeur, mais pas de goût), les saules (ni goût, ni odeur) ! Or tous les quatre, unis, sont indispensables pour que la Mitsva soit complète. Et cela dans les fameuses cabanes, qui rappellent la vision de la céleste protection divine dans le Sinaï!...

Au lendemain des fêtes de Tichri, après Roch Hachana, Kippour, Souccot et Sim’ha Torah, pensons à tous ceux envers lesquels nous avons une responsabilité, et notamment les enfants, en ayant bien conscience que notre religion, c'est aussi par les sens qu'elle pénétrera en eux, car c'est ainsi qu'elle se transmet depuis toujours, de génération en génération.♦

 

Chantal Bakis-Guez (Val-de-Marne)

 

Initialement publié dans Actualité Juive N° 1360 - Jeudi 8 Octobre 2015, p. 8

Mis en ligne le 13 novembre 2015

© Chantal Bakis-Guez et / ou Institut Rabbi Yesha’ya, Hotssat Bakish

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